vendredi 19 mai 2017

Séduction maudite de Stéphane Soutoul

Présentation de l'éditeur : Journaliste audacieuse, Gabrielle Colleni ne vit que pour son métier. Jusqu’au jour où sa sœur trouve la mort dans d’étranges circonstances. Qui peut croire qu’il s’agit d’un accident ? Certainement pas celle que tous surnomment « la Fouineuse ».
Et son premier suspect n’est autre que le fiancé de sa cadette : Stanislas de Beaumiracle, riche, beau, célèbre… et malheureux en amour. Bel euphémisme puisque toutes les femmes de sa vie ont été victimes d’un sort funeste.
Si la police n’a jamais rien pu expliquer, la presse à scandales ne se lasse pas du « Séducteur maudit ».
Prête à tout pour découvrir la vérité, Gabrielle va devoir approcher Stanislas, mais aussi Mathis, l’énigmatique frère, tout en évitant les cadavres qui ont la fâcheuse manie de s’accumuler dans l’entourage des Beaumiracle…




L'ambiance est un peu tendue à la Police des bouquins. En effet, la Biblio de Koko a encore été prise en flagrant délit de lecture de romance et notamment d'un auteur qui sévit allégrement dans la littérature : Stéphane Soutoul. La salle d'interrogatoire est préparée, les enregistrements vont commencer. Sur une chaise, Koko est assise avec son habituel accoutrement discret, permettant de prendre les auteurs au dépourvu : jean noir, baskets noires, top noir et gilet. Elle a amené la preuve avec elle : Séduction Maudite de Stéphane, offert par l'auteur lui même, en démontre la dédicace qui montre que ces deux là n'en sont pas à leur premier coup d'essai. Les inspecteurs froncent les sourcils et ouvrent le blog, à la recherche d'informations. Peut être se mettra-t-elle à table aujourd'hui ? Les faits et un faisceaux de témoignages, notamment ceux de l'Association des lecteurs de fantastique anonymes qui ont été alarmés par sa confession lors de la lecture de la Proie du Papillon mais aussi par le billet qu'elle a écrit pour Si proche de lui qui a semble-t-il entériné la longue chute dans la romance. En fouillant sa maison, on a retrouvé un obscur exemplaire du Prince et du Pekinois de Barbara Cartland qui à l'époque n'avait alarmé personne puisqu'elle en avait fait une chronique très humoristique. Voici les notes de cet interrogatoire. Attention, certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des plus jeunes.



La Biblio de Koko, est ce bien vous ?
Oui, depuis des années. Pour quelle raison avez vous mis ce foutoir dans ma bibliothèque ? J'ai des droits vous savez ! Et pour quelle raison j'ai dû emporter cet exemplaire de Stéphane ?

Elle tend la main vers le livre, afin de l'ouvrir, sûrement pour encore une fois reluquer cette dédicace


Oh là mademoiselle ! Il est interdit de lire les livres ici !
Et quoi ? Vous allez m'arrêter pour délit de lecture abusive dans les locaux de la littérature ?

Elle hausse le sourcil droit, maintenant la main gauche sur le livre

C'est dangereux vous savez, de lire de la romance ! Vous n'en n'êtes pas à votre premier essai.
Et toujours avec le même auteur je sais. Combien de fois il faut vous dire que je ne lis pas de la romance, je lis du Stéphane Soutoul !

Parce qu'il n'y en a pas là dedans de la romance ? (l'inspecteur montre d'un doigt accusateur Séduction Maudite). Et il me semble que l'on vous a pris aussi avec un Barbara Cartland !
Ce n'est absolument pas la même chose voyons !

Ah bon ?
Non bien entendu. Barbara Cartland obéit à des schémas de romances bien à elles qui satisfont bien entendu un type de lectrices qui aiment les pékinois et les bonbons roses. Grand bien leur fasse. Je l'ai acquis pour le chroniquer dans un but à la fois culturel, pour que les gens sachent à quoi ils peuvent avoir affaire, et donc préventif. Il vaut mieux que ce soit quelqu'un comme moi qui le lise et qui le chronique qu'une jeune femme qui n'a pas de bagage littéraire et qui pensent que tous les livres peuvent être comme ceci. Voyons !

Et là c'est différent avec Séduction Maudite bien sûr ! Vous ne niez pas qu'il y'ait une romance !
Ouai, c'est vrai, il y en a une. Comme il y en a une dans le Cycle des robots d'Asimov et vous ne m'avez pas jeté des pierres pour cela !

Mais il y a eu des témoignages !
Bien entendu qu'il y a eu des témoignages ! Les livres de Stéphane intègrent parfois des histoires d'amour qui sont où sulfureuses dans la Proie du Papillon, ou mignonnes et fantastiques comme dans Si Proche de lui et comme l'indique le titre Séduction maudite, il y en a aussi. Mais ce n'est absolument pas le sujet principal du roman, je dirai même que c'est une tactique de l'auteur pour nous induire en erreur dans notre enquête !

Vous soutenez donc que ce livre est un thriller !
Mais bien sûr que je le soutiens. Et à l'image d'un Thillez où vous avez deux personnages amoureux comme Sharko et Annabelle, cela n'est pas du tout le sujet principal du roman. Vous avez ici un homme qui séduit des femmes et chacune d'elle meurt dans des circonstances tragiques ! La police ne s'inquiète pas plus que cela parce que chaque enquête aboutit à une mort naturelle ou accidentelle comme le suicide, l'overdose. Une journaliste qui est la soeur de la dernière victime trouve cela louche et décide d'enquêter en partant en infiltration. Là, elle y découvre une famille complexe, une nouvelle fiancée et elle produit une véritable enquête comme si nous étions dans une Etude en Rouge, voire le Chien des Baskervilles d'Arthur Conan Doyle.

Et donc, on n'est absolument pas dans un Thriller Harlequin comme le dossier où vous avez enquêté en lisant du Heather Graham pour notre compte ?
Absolument pas ! Pour la Proie du Papillon, il s'avérait que c'était une modernisation des liaisons dangereuses en jouant avec les codes de l'érotisme. Ici, vous avez clairement une enquête de Sherlock, comme l'indique les mentions continuelle à la peluche de l'héroïne que l'auteur a eu la gentillesse de vous indiquer dans son livre. Et je dirai même plus, par certains aspects, nous avons quelques références aux Hauts de Hurlevent d'Emilie Brontë. Voire plutôt Northangger Abbey de Jane Austen. Et pourquoi ? Tout simplement parce qu'avec cette grande bâtisse, l'auteur se joue des codes du roman gothique car l'héroïne dite la Fouineuse se retrouve parfois à suggérer du mélodramatique uniquement avec l'ambiance de la grande maison. Et la moralité de cette histoire est bien là. Sous couvert d'une malédiction, il se peut qu'il y ait juste un tueur derrière. Point barre. Et ce saut de puce entre ces auteurs classiques est génial, parce ceux qui aiment les thrillers vont y trouver leurs comptes mais ceux qui connaissent leurs classiques y trouveront des clins d’œil par ci par là.


L'inspecteur ouvre grand la bouche. Il regarde à tour de rôle Koko et le livre et se dit qu'après tout, la couverture ne ressemblait pas non plus à un Barbara Cartland. Entre le commissaire qui a écouté tout l'interrogatoire

Je pense que vous pouvez la faire sortir Inspecteur ! Elle vient de vous démontrer que le livre est excellent !

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