jeudi 17 novembre 2016

L'hôtel hanté de Wilkie Collins


Présentation de l'éditeur : Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse Narona ? Une intrigante prêt à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ? Entre Londres et Venise, Collins campe les personnages aux facettes multiples et complexes qui seront, consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à se révéler suspecte. Un des grands romans de Wilkie Collins !









Wilkie Collins pose un mystère qui nous hantera jusqu'à la fin de ce roman.


Une comtesse va voir un médecin dans un état très fébrile. Elle lui dit qu'elle risque de devenir folle. Qu'elle doit se marier et qu'en gros elle demande conseil. Ledit médecin la renvoie en tentant de la rassurer puis se rend à son club où on lui conte la mauvaise réputation de la comtesse car c'est une voleuse de fiancé. Le fait qu'elle n'était pas au courant de l'autre fiancée ne change rien, d'ailleurs, mais on y reviendra plus tard. Bref. La comtesse se marie, le couple s'en va à Venise où l'homme meurt d'une pneumonie. Enfin soit disant car les mauvaises langues vont en dire beaucoup plus.

Se déroule alors une espèce d'enquête entre serviteurs disparus, hôtel hanté ou pas et surtout une comtesse qui a l'air de deviner l'avenir de l'autre fiancée. On ne sait pas bien ce qui se passe jusqu'à la fin car l'auteur va nous laisser dans un brouillard, dans une espèce de flou en cassant régulièrement le rythme de son dévoilement de résolution d'énigmes pour nous perturber encore plus. Ce qui nous laisse une fin un petit peu mouvementé et où la résolution du mystère signe la fin du livre.


Femme passionnée versus femme contenue.

Il y a de suite une opposition entre les deux fiancée de cet homme. La première est une personne vertueuse. Elle a un chaperon. Quand elle apprend qu'elle n'est plus fiancée, aucune réaction extérieure ne se montre. Elle reste digne et on pourrait presque croire qu'elle est parfaite. Elle reste amie avec la famille. Econduit gentiment les demandes de fiançailles du frère du défunt. Elle se consacre à la vie des enfants d'autrui puisqu'elle ne peut pas se marier et entame presque joyeusement je dirai une vie de vieille fille dont le coeur brisé par l'abandon d'un homme (qu'elle n'aime pas d'ailleurs) lui interdit toute perspective de femme mariée.

De l'autre, on a la comtesse qui est une femme passionnée. Elle voit un homme, se fiance quasi sur un coup de tête en apparence, faisant fi des engagements précédents. Parcourt le monde, aide son frère, jouit de la vie, même après la mort de son mari. Elle nous parait à moitié folle car elle réagit uniquement à ses impulsions.

Ce livre, c'est un peu le combat des deux femmes, sans animosité qui plus est, et cela nous permet d'avoir en plus du mystère un bon mode d'emploi pour être une bonne femme au siècle dernier. Et c'est ce petit plus que j'ai apprécié aussi, car le mystère était sommes toutes classique. Comme le roman d'ailleurs même si sa figure de style était très intéressante.  Entre roman policier et roman gothique, j'ai l'impression que le coeur de Wilkie Collins balance toujours :)

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