lundi 17 octobre 2016

Lettes à un jeune poète de Rainer Maria Rilke






Présentation de l'éditeur : En 1903, Rainer Maria Rilke répond à une longue missive envoyée par un jeune homme de vingt ans, Franz Kappus, qui est élève officier comme il le fut à son âge. S'ensuit une correspondance qui durera jusqu'en 1908 et qui sera publiée par les soins de Franz en 1929. Nous ne connaîtrons jamais ses lettres, car il ne publiera que celles de Rilke, préférant s'effacer derrière le poète









Une correspondance bien solitaire.

Nous n'avons que les lettres de Rainer Maria Rilke et non celles de Franz Kappus. Certes, dans les lettres de notre poète, nous avons de petits résumés qui nous permettent de très bien cerner la conversation entre ces deux personnes. Pour faire court, Franz demande à Maria des conseils pour être un bon poète et elle lui répond des lettres magnifiques qui sont de très bon conseils de poètes. Mais ce qui en ressort de cette lecture et en fait une étrange frustration car dans cette correspondance, nous n'avons qu'une conversation. Qu'une voix alors qu'on sait très bien qu'il y en a deux.

Ceci donne un énorme sentiment de solitude car nous sommes coupés de Franz (alors que je suis persuadée qu'il aurait grandement aimé être entendu de nous). Malheureusement, nous ne connaîtrons ici que la plume de Rilke et uniquement la sienne, comme si, en n'ayant qu'une seule voix, nous écrasons littéralement l'oeuvre de Franz, comme un grand maître face à son débutant.


Par transposition, nous ressentons aussi la solitude du poète.

Solitude de celui qui ne peut être entendu, comme Franz. Solitude de celui qui est entendu parce que célèbre mais dont personne ne peut réellement comprendre les mots, comme Rilke. La vie d'un poète est solitaire car il perçoit des choses de manière extrêmement différente de la nôtre. On ne peut de toute évidence pas du tout se transposer sur un poète.

Et c'est ce qu'explique Rilke à Franz, tout simplement. C'est que le jour où celui ci sera poète, il sera seul, car il atteindra des sphères que lui seul peut atteindre. Voire même, un autre poète ne pourra atteindre sa propre sphère. Ils pourront communiquer tout de même, attention, mais jamais ils ne pourront avoir d'alchimie totale.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire