vendredi 9 septembre 2016

De beaux jours à venir de Megan Kruse (traduit par Héloïse Esquié)


Présentation de l'éditeur : Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s'endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante.





Un récit à trois voix

Septembre approchait et bien entendu, pour m'armer contre une rentrée encore une fois haute en couleurs, les Editions Denoël a décidé de me remonter le moral avec un livre avec une couverture à se damner. Mais qu'elle est belle. Mais je ne me suis pas laissée abusée par des effets graphiques et j'ai regardé le résumé de ce livre et je dois dire que mon petit cœur n'a fait qu'un tour. En effet, j'ai lu pendant très longtemps des fresques familiales à tout va. Entre les Jamais sans ma fille, Vendues, Ne dis rien à maman..... et autres récit encore plus.... Bref. Côté familles qui souffrent, j'étais blindée. Et armée de ma cuirasse, j'ai décidé d'entamer ce récit, persuadée d'avoir une mère qui souffre et des enfants qui suivent.

Oui mais non. Le récit est à trois voix. Et croyez moi, il est impossible de prendre parti, de préférer un des personnages, de se dire que l'on pourrait faire mieux ou pas. Amy nous touche bien entendu parce qu'elle endure à cause de Gary. Jackson nous bouleverse entre sa détresse et son indécision. Lydia nous remue les tripes entre sa tristesse et sa culpabilité. Et pour que nous puissions fissurer nos cuirasses aussi solides soient elles, l'auteure a décidé de nous mettre les trois membres de cette famille en avant.


Des sauts de puces pas si illogiques que cela.

On a aussi un évènement certes qui se reproduit souvent dans un roman mais qui a une certaine logique dans celui ci : ce sont les sauts de puce dans le temps. On va dans le présent, dans le passé, on revient. Tout ceci en passant d'un personnage à l'autre. On a l'impression de se passer des diapositives constamment avec tout ceci. Et chaque diapo va nous raconter une histoire. Et tant qu'on se dit qu'on pourra avoir tout l'album ainsi que sa compréhension à la fin du livre, vous suivez le mouvement et la lecture se passe très bien. L'auteure vous prend littéralement par la main et ne vous abandonne pas. Elle vous guide exactement jusqu'où elle voulait vous emmener.

En bref : une lecture très plaisante, et qui m'a beaucoup touchée. J'ai toujours ma carapace alors non, c'est vrai, ce n'est pas un coup de cœur. Mais on n'était vraiment pas loin, dans le sens où grâce à ce roman, on peut comprendre un peu plus les victimes de violences conjugales mais aussi ce qu'endurent leurs enfants et comment ils font pour se protéger, du mieux qu'ils peuvent. Merci les Editions Denoël de mettre aussi en avant ce genre de lectures qui font réfléchir sur la chance qu'on a, parfois, de vivre dans une famille aimante. Bonne rentrée à tous :)

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