lundi 8 février 2016

Un lieu à soi de Virginia Woolf ( Traduit par Marie Darrieussecq)




Présentation de l'éditeur : Je sais vous m'avez demandé de parler des femmes et du roman. Quel rapport, allez-vous me dire, existe-t-il entre ce sujet et une "chambre à soi" ?, interroge Virginia Woolf en ouverture d'une conférence sur le féminisme qu'elle dispensa aux étudiantes de l'université de Cambridge. Avec une irritation voilée d'ironie, Virginia Woolf rappelle dans ce délicieux pamphlet comment, jusqu'à une époque toute récente, les femmes ont été savamment placées sous la dépendance spirituelle et économique des hommes et, par voie de conséquence, réduites au silence. Il manquait à celles qui étaient douées pour affirmer leur génie de quoi vivre, du temps et une chambre à soi."








Une réflexion pertinente actuelle sur les femmes et leur rapport avec l'art

Et qui semble parfois limite assez actuelle en fait. Et c'est cela qui est le plus troublant, c'est que cet essai qui pourrait semblait obsolète à notre époque a encore certains points, dans notre vie de tous les jours, qui est très actuel, très présent. Aussi, même avant de vous donner quelques indications sur cet écrit magnifique de Virginia Woolf, je peux déjà vous dire que c'est un essai à donner à toute jeune fille qui se pose des questions (ou pas) sur ce qu'elle va faire plus tard, sur ce qui est possible pour elle, sur ce qu'on va penser d'elle. Car cet essai va décrire précisément ce que la gente  masculine pourra dire de vous, et pire, ce que la gente féminine pourra dire de vous.

Car ce que demande Virginia Woolf, c'est pourquoi, déjà on analyse l'oeuvre d'une femme en fonction de son sexe ? Surtout que ceux qui voudront analyser les femmes sont surtout des hommes. Et les exemples sont encore criants aujourd'hui. Prenez déjà la conférence (que j'adore attention) : les Hommes viennent de Mars et les Femmes de Vénus. On sent que les hommes et les femmes viennent de deux mondes différents et qu'une femme, si elle veut exercer une activité à elle, quelle soit professionnelle ou personnelle, elle le devra partager automatiquement avec ce que Virginia appelle la table de la cuisine. Et je dois dire que c'est ce que je fais quand j'écris cette chronique, quand je fais mes activités créatives ou que je fais du télétravail. Le luxe d'un lieu à soi pour toutes ses activités est très dur à acquérir. Le seul point où je me trouve chanceuse, c'est que mon compagnon n'a pas non plus ce luxe.


Les femmes et la littérature.

Mais en prenant en compte que les femmes sont différentes, on prend cette question de plein fouet : Shakespeare pourrait il être une femme ? Et s'il avait été une femme, aurait il écrit ses pièces telles quelles. Sa vision de l'amour aurait été la même? Et celle de la femme ? En prenant les Soeurs Brontë ou Jane Austen ? Comment qualifier leur littérature ? De féminine ou féministe ? Aurait elles pu écrire des choses plus profondes que des discussions entre femmes ? Est ce que cela aurait été possible si elles avaient eu une vie de famille complète, on s'entend, des maris, des enfants, une vie sociale ?

C'est l'importance d'un lieu à soi ou une chambre à soi, selon le titre, c'est réellement comment admettre que les hommes et les femmes sont différents, qu'ils seront considérés différemment, et que le fruit de leur travail sera considéré différemment. Et c'est sous cette plume précise que cela prend toute sa justesse, tout son piquant. C'est un régal de lecture, un livre de chevet à prendre en compte. Une réflexion à poser aux hommes comme aux femmes.

Merci les Editions Denoël pour cette nouvelle traduction.

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