lundi 23 novembre 2015

Le fil rouge de Paola Barbato (traduit par Anaïs Bouteille-Bokobza)





Présentation de l'éditeur : Que fait un homme quand il se retrouve face à l’assassin de son enfant?
Antonio Lavezzi mène une existence solitaire et monotone depuis le jour où Michela, sa fille de treize ans, a été sauvagement assassinée. Sa femme l’a quitté, et le meurtrier n’a jamais été arrêté. Antonio travaille dans le bâtiment avec un ami d’enfance. Ce dernier lui présente inlassablement de petites amies potentielles qui ne l’intéressent pas. Lorsqu’un corps est découvert sur le chantier dont il est responsable, des éléments troublants amènent Antonio à penser que cette affaire et son histoire personnelle sont liées. Contacté par un homme mystérieux, baptisé l’Assassin, qui lui ordonne d'exécuter des criminels ayant échappé à la justice, Antonio décide d’obéir et va s’extraire peu à peu de sa torpeur et de son silence. L'Assassin semble savoir qui a tué Michela, et Antonio, pris dans une spirale meurtrière, est plus que déterminé à venger sa fille.
Paola Barbato impose une fois de plus sa vision et son style uniques : le schéma de vengeance privée à l’œuvre est savamment imaginé et décrit. Le Fil rouge, c’est à la fois un Crime de l’Orient-Express moderne et un Dexter à l’italienne.








Cette couverture ! 

Soyons honnête, le speach du départ ne déborde pas d'originalité. On le voit dans Dexter (cité dans la 4eme de couverture) mais aussi dans pas mal de films. Mais si le thème n'est pas si original que cela, l'écriture, la manière dont c'est tourné et d'autres choses encore que vous découvrirez en lisant ce roman, cela vaut plus que le coup d’œil et bien plus encore qu'une lecture. Mais parlons d'abord superficiel si vous voulez bien. Cette couverture choc ! Une main en noir et blanc qui agrippe et qui en même temps est prisonnière de ce fil rouge. Ça, ça pète !   En choisissant cette couverture à la fois sobre mais qui marque (j'avoue que j'aime ce mélange entre noir et blanc et une seule touche de couleur). C'est une couverture qui attire l’œil et qui en même temps ne vous dévoile rien sur l'intrigue mais vous donne plein d'espoir (ou de désespoir) sur la psychologie de ce livre. Vous êtes de suite dans le bain, avant même d'avoir ouvert ce livre. Mais pourquoi je vous bassine encore avec le visuel me dites vous ?

C'est que j'ai un peu bossé sur l'auteure (et ouai). Paola Barbato n'en est pas à son premier coup d'essai avec El filo rosso. Elle a déjà écrit A mains nues (que du coup, j'ai une envie folle de lire et vous aussi je pense en lisant la quatrième). Elle a aussi collaboré avec des scenarii de Fumetti (sorte de petites BD italiennes percutantes qui se vendent en kiosque) et des séries aussi. Et pour A mains nues, elle a reçu un prix : le Scerbanenco qui est un prix italien de littérature policière. Donc, si vous doutiez encore des matériaux qui vous amène à lire un bon roman thriller. Là, je ne sais plus quoi vous dire. Mais le Fil rouge répond-il à toutes ses promesses ?


Une évolution psychologique d'un personnage principal qui est génial ! 

Antonio rentre chez lui un jour et se fait tabasser, provoquant ainsi un coma. S'il se fait tabasser, c'est qu'un mec est rentré chez lui et a violé et tué sa fille de 13 ans. C'est sa femme Laura qui découvre les deux corps. Une fois réveillé, Antonio a du mal à faire le deuil de sa fille alors qu'il n'a jamais vu ce qu'il s'est passé. Son mariage a battu de l'aile et il a déménagé. Il s'est enfermé dans une routine très réglementé, quasi militaire, pour éviter de penser tout court. Il ressemble plus à un robot qu'autre chose. Jamais l'assassin de sa fille n'a été découvert. Un évènement déclencheur dans sa routine : un mort sur un de ses chantiers et un message : on va s'occuper de l'assassin de votre fille mais il faut pour cela faire des trucs à la limite de la légalité.

En gros, c'est une sorte de Fight Club. Contre toute attente, il accepte et surtout, cela le réveille entièrement de sa léthargie. Il fait, par cette vendetta, une sorte de deuil mais aussi une espèce de thérapie de groupe en rencontrant d'autres personnes dans la même situation que lui. C'est fou ! Bref, C'est tout ceci qu'on observe nous. Puis, nous nous posons tous la même question : qui est le chef de groupe en quelques sortes.


Ainsi, voici un roman à lire absolument.

Et oui, il faut s'intéresser aux auteurs italiens car ils sont bons, voire même très bons en littérature et c'est superbe que les Editions Denoël nous permettent aussi de les découvrir. Car en bossant un peu aussi, j'ai appris qu'ils ont publié aussi A mains nues. Ainsi, nous n'avons plus seulement Donato Carrisi pour nous faire frissonner, nous avons aussi Paola Barbato. C'est une auteure à surveiller activement et j'aimerai voir ce qu'elle  va nous donner à lire ensuite.

En bref : courrez découvrir ce beau thriller psychologique qui n'a rien à envier aux grands.

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