jeudi 24 septembre 2015

Chiens de sang de Karine Giebel





Présentation de l'éditeur : Courir; toujours plus vite. Plus loin. Fuir la mort qui plane au-dessus d'eux; oiseau de proie aux ailes gigantesques dont l'ombre les dévore déjà. Diane a choisi la fuite. D'instinct. Elle sait qu'ils sont derrière. Juste derrière. Avance minime, infime. Comme son espérance de vie, désormais. Pourtant, elle marche. Pourtant, elle veut vivre. Rémy avance. Avec le poids de la peur qui comprime son cœur. Le poids de la fatigue, comme un boulet enchaîné à ses jambes. Il devrait être ailleurs, en ce moment même. En compagnie de sa femme et de sa fille. Mais non, il est là, errant dans ces bois inhospitaliers, avec ces inconnus qui fuient comme lui. Il est devenu une proie. Rien qu'une proie. Il n'existe plus. Déjà mort. Alors, pourquoi a-t-il aussi peur? Le monde est ainsi fait, qui ne changera jamais. Les chasseurs d'un côté, les proies de l'autre.






Besoin d'une petite transition.

Avec Yumiko, on avait besoin d'un livre qui se lise vite, qui fasse deux soirées et qui contente tout le monde. Parce que la Compagnie Noire ne l'avait pas tant plue que cela (et c'est tant pis pour elle na). Parce qu'il y a du lourd pour après (du Joe Abercrombie pur et dur, toussa toussa). Bref, un Karine Giebel, cela paraissait être une bonne idée. Et cela en était une, en plus parce qu'il a parfaitement fait son office.

En gros, c'est l'histoire de deux chasses. Mais pas d'une chasse classique avec des cerfs, des lapins et autres. Nan. De la chasse à l'homme. Quand le prédateur des autres animaux devient proie, on se rend compte que, facilement, l'humain sait toujours autant fuir et autant poursuivre. C'est toute l'animalité de l'Homme que l'on voit sous nos yeux, alors que l'apparence du chasseur est franchement trompeuse : des habitants d'un village ou des notables se faisant une virée en week end.


Où Karine Giebel nous retourne complèment, c'est qu'il n'y a pas de message.

Dans des romans un peu durs comme cela, on se console souvent quand on se rend compte qu'il y a une morale à l'histoire. En gros, ce sont des méchants ou il y a un gaz qui les rend un peu toqués. Bref. N'importe quoi qui permette tranquillement de se dire que cela ne risque pas d'arriver près de chez nous. Mais non. Il n'y a aucune raison ici à part la nature humaine même

Et c'est en mettant cette absence totale de jugement dans ses écrits qui est très effrayante car plus cette chasse se poursuit, plus on se demande pourquoi elle a eu de pareilles idées en tête, de quoi l'auteure s'est inspirée au juste pour effectuer ce roman. N'y a t il aucun espoir pour nous? Et nous ? Pourquoi lisons nous chiens de sang ? Quel voyeurisme nous pousse à compter les points, à savoir qui va vivre ou mourir ?

Et vous savez quoi? C'était génial 

1 commentaire:

  1. Une auteure que je souhaite découvrir... mais je n'ai encore aucun de ses livres dans ma pal =(

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