mercredi 13 mai 2015

Ombres sombres de Petruccio dell'Ava



Tome 1


Présentation de l'éditeur : L’Homme naît innocent. Ce n’est qu’au contact de ses congénères qu’il se corrompt, à en devenir parfois inhumain. Ou peut-être justement est-ce cette corruption qui le rend complètement humain… Pendant la seconde moitié des années 70, en région parisienne, Paul, un adolescent sans histoires de 14 ans et qui avait deux rêves dans la vie : devenir paléoanthropologue et se marier avec sa petite copine Sophie, en fit la triste expérience, pour son plus grand malheur. Tout lui souriait pourtant et il croquait la vie à pleines dents sans se soucier du lendemain lorsque, confronté aux insultes, à la bêtise et à la violence de la part de certains de ses "petits camarades de classe", qui nourrissaient contre lui une sorte de haine qu’il ne comprenait pas, il n’eut comme seules armes pour se défendre, que le silence, la peur au ventre et… la course à pied. Il pensait s’en sortir seul, mais les choses ont empiré jusqu’à ce jour de février où il fut vaincu par les coups de ses tortionnaires. À partir de cet instant, toute son existence va basculer ; irrémédiablement. Affecté plus qu’il n’aurait pu le penser, de prime abord, c’est ainsi qu’il a perdu son innocence en même temps que ses rêves et ses espoirs. Il franchit alors la ligne ténue qui sépare la raison de la folie, se fourvoyant dans sur le seul chemin qui lui paraissait juste ; à savoir celui de la vengeance. Aveuglé par sa haine, la victime devient bourreau. C’est ce qui le perdra.




Et bien pour un premier roman....

Lorsque Vérone Editions m'a proposé de lire ce livre, j'ai accepté. Je ne sais pas, la couverture m'appelait, le synopsis était prometteur. Et je sais que souvent, ce sont des premiers romans. Et même si quelque part, on se casse souvent les dents avec un premier roman, parce qu'il y  a des couacs, c'est toujours un peu à l'état brut. Et bien j'aime bien y jeter mon oeil parce qu'on trouve parfois de belles pépites. Et c'était le cas ici. J'ai lu ce roman en un week end, et j'ai mis du temps avant de vous en parler. Pourquoi? Parce qu'il m'a rendue malade, il m'a fait passer par des états émotionnels assez forts et je dois dire que cela faisait longtemps qu'un roman ne m'avait pas touchée à ce point.

Mais c'est bien un premier roman. Petruccio dell'Ava a pris comme personnage Paul dell'Ava, ce qui fait que je me suis bien demandée pendant les trois quart du bouquin si ce n'était pas un livre auto biographique. Et puis, le Paul, il est un peu trop parfait. Des fois, on entre dans des réflexions un peu bof, cela ne sonne pas si vrai. Pareil pour les dialogues. Vous pensez sûrement que cela va avoir de l'importance, que cela va vous énerver pendant la lecture ? Nan. C'est franchement un premier jet et je pense que l'auteur, en s'exerçant un peu (donc en écrivant d'autres livres, comprenez moi bien) va gommer tous ces petites coquilles. Parce que franchement, vous oublierez bien vite tout cela en lisant l'histoire.


Nous avons tous rencontré ou été un Paul dans notre vie.

Je pense que c'est un peu cela le truc. C'est que Paul est un garçon mature, intelligent, non conventionnel et, lorsqu'une forte tête arrive dans sa classe sous le prénom de Martin, je crois. Il devient victime de Bullying. Alors oui, je sais, tout le monde commence à en parler dans la presse, dans les livres. C'est remâché peut être. Peut être oui. Mais quand j'étais collégienne et que j'en étais victime. Personne n'en parlait. Je pensais juste être le souffre douleur d'une classe voire d'une école entière. Et peut être que l'écriture est encore un peu maladroite par moment, l'analyse de la situation ici, dans ce roman, est criante de justesse. C'est aussi pour cela que je me suis demandée si ce n'était pas une autobiographie.

Un jeune garçon devient le souffre douleur d'un groupe de collégiens. Ils le maltraitent de toutes les manières jusqu'à ce que cela aille trop loin. Et le pauvre Paul ne veut rien dire que ce soit à la Police ou à ses parents. A personne. Et vous allez me dire qu'il est un peu bête le Paul de se laisser faire comme cela. Et je vais vous dire ce que reflète le roman, et ce qui est réel, tangible comme ceci. Lorsque vous êtes victime de harcèlement scolaire, vraiment, il n'y a pas de vraie solution. Parce que cette situation, c'est notre part sombre en nous même. D'où le titre vraiment bien choisi. En effet, il y aura toujours des gens pour martyriser d'autres gens. C'est horrible, mais c'est la nature humaine. Et on peut tout faire pour les raisonner. Il n'y a rien qui fonctionne à part leur propre limite.


Et donc bourreau reste bourreau toute sa vie ?

Non. Ni martyrisé reste martyrisé toute sa vie. Car quand on dépasse la limite de quelqu'un, cela se répercute. De différentes manières, je le conçois. Et on est changé à jamais, comme le montre la vie, la vraie mais aussi ce livre. Et c'est  pour cela que ce roman m'a retournée comme une vieille chaussette, au point que mes amis m'ont clairement demandé ce que j'avais. Je ne pouvais pas leur dire que j'étais mal à cause d'un bouquin. Parce que je n'ai pas encore tous les mots pour ce que j'avais subi à l'époque. Je ne pouvais pas dire que je pleurais pour Paul et pour son bonheur perdu.

Non. J'ai fait comme avant : j'ai avancé en serrant les dents. Et je me suis dit que lorsque le tome 2 sortira, je le lirai bien, en souhaitant toute bonne continuation à l'auteur. Grand merci encore à Vérone Editions pour la découverte.

2 commentaires:

  1. Koko,
    Merci pour vos mots qui me vont droit au cœur.
    Écrire n'est pas chose aisée, mais avec persévérance, tout le monde peut y parvenir. Juger du résultat et de la "qualité" de ce que l'on produit, est mission impossible. Et ce sont des posts comme les vôtres qui apportent un éclairage précieux au travail d'un auteur.
    Qu'on ait aimé ou détesté l’œuvre, quelle qu'elle soit, il en ressort toujours un enseignement à en tirer: soit persévérer, soit abandonner.
    En ce qui me concerne, j'avoue que je trouve votre analyse très constructive et très pertinente.

    Oui, il y a des scories dans le texte que je remarque maintenant que je suis en train de boucler mon 4me manuscrit et que je suis plus vigilent sur ce genre de détails.

    Oui, c'est un premier jet, une pierre brute, à peine dégrossie, tout droit sortie de ma carrière à souvenirs et qui mériterait d'être mieux polie. Mais je l'ai tracée comme cela et je n'y changerai rien a priori. C'est ce qui fait son charme je trouve, maintenant que j'ai pris la peine de relire mes mots en entier, après être passé à autre chose depuis longtemps.

    Et oui enfin, cette première partie est pour l'essentiel autobiographique. Bien vu! Et même si je relate des faits qui se sont déroulés il y a plus de 35 ans maintenant, les souvenirs et les émotions sont toujours aussi limpides dans mon esprit, même s'il est vrai que c'est quelqu'un qui a mûrit (enfin je l'espère en tout cas) qui s'exprime avec ses mots d'adulte pour faire parler un ado de 15 ans à peine...

    Ce roman est vraiment né d'une réflexion d'un de mes amis qui me demandait un jour pourquoi je n'avais pas cherché à me venger pour ce qu'il m'avaient fait subir, alors que lui, c'est ce qu'il aurait fait s'il avait été à ma place.
    Fort heureusement, personne ne peux jamais se mettre à la place de quelqu'un d'autre. Cependant, en me demandant cela, il avait, bien malgré lui, planté la petite graine qui a fini par germer et me susurrer à l'oreille la mécanique que Paul aurait mise en place pour le faire...
    Finalement, mon ami avait raison.... Je me suis vengé, 35 ans après, avec ma plume et mon encre comme poignard. Et c'est bien ainsi.
    Pardon au passage de vous avoir retournée comme une vieille chaussette...
    Promis, je tenterai de recommencer.
    :)
    Longue vie à vous!

    /// Petruccio dall'Ava

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    Réponses
    1. Cher Petruccio.
      Je pense qu'entre victimes on se reconnaît facilement. Et c'est aussi pour cela que ce roman m'a énormément parlé.
      Quant à la pierre brute en question ;) vous avez raison, ne changez rien. Elle est très bien écrite comme cela. Chaque roman représente une tranche de vie et on doit l'accepter entièrement, même si elle n'est pas parfaite. Je pense que pour un roman, l'essentiel n'est pas dans la forme, comme je le soulignais dans ma chronique. Mais dans le fond. Dans le message et les émotions qu'il véhicule et vous avez très bien réussi.
      J'espère que vous recommencerez, en effet, car la vie est faite de ces émotions. Et les livres qui nous touchent réellement sont rares. Et le votre en fait partie.
      Longue vie à vous aussi
      Koko

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