mercredi 6 mai 2015

L'Empire Invisible de Jérôme Noirez




Présentation de l'éditeur : 1858.
Sous le soleil brûlant de Caroline du Sud, les esclaves ramassent le coton, avec la mort comme seule promesse d'une vie meilleure. Nat Walker est l'un d'eux, le chef officieux de leur communauté. La nuit, en secret, il offre à ses pairs un peu de réconfort en disant la messe pour ceux qui n'ont plus d'espoir. Mais les milices privées du maître ont l'alccol violent et la main lourde : Nat est battu à mort sous les yeux de sa fille, Clara.
Désormais, Clara ne vit que pour se venger, se repaître du sang de ses bourreaux. Seule, elle ne peut rien, mais un étrange personnage, un esclave qui dit s'être libéré de ses chaînes par la mort et par le feu, lui propose un pacte. Jusqu'où la ménera la voie de la vengeance?











 LE livre indispensable, à transmettre, toussa toussa

Jérôme Noirez est un conteur que j'aime beaucoup lire, surtout parce qu'il fait des livres courts. Donc c'est l'idéal quand vous partez une soirée, en week end. Cela se glisse dans votre sac, ni vu ni connu que je t'embrouille et hop vous vous lisez un petit livre, très sympa. La second raison et qu'il écrit dans différents domaines. Souvent de la Fantasy ou du fantastique, d'ailleurs. Et je dois dire que cela marche plutôt bien car deux de mes Jérôme Noirez sont partis chez mon oncle et ma cousine, autrement dit, dans l'annexe parisienne de ma bibliothèque :)

Mais pourquoi celui ci ? Tout simplement parce qu'il parle de l'esclavage aux Etats Unis mais pas de manière classique. Jerôme Noirez y met aussi une petite touche fantastique dans l'existence de cet Empire Invisible qui pourrait bien représenter un monde des esprits. Mais aussi en nous donnant une petite explication sur le costume bien connu du Klu Klux Clan. Et je dois dire que je ne savais pas du tout cela et je dormirai beaucoup moins bête ce soir.


Jérôme Noirez a la plume juste.

En effet, il n'y a pas de parti pris, il note les choses comme elles étaient avant. Et il nous le souligne bien dans sa préface, ce que j'ai trouvé particulièrement courageux et adorable. Courageux parce qu'il n'a pas pris de gant. Adorable parce qu'il voulait préserver la sensibilité de ses lecteurs. Car il nous malmène un peu avec cette immersion bien menée. En effet, nous n'avons qu'un sentiment de malaise au début, mais la tension monte d'un cran tout au long des pages pour terminer par une sorte de vision limite apocalyptique.

D'un point de vue purement syntaxique, de la construction même du livre, il est très intéressant bien entendu  de voir comment il arrive à nous retourner en 200 pages. C'est vrai. Mais il y a quelque part aussi la magie du conteur derrière. Celui qui va nous absorber, nous capturer dans une histoire. Et ici, nous sommes là bas. En Caroline du Sud, fin XIX° siècle, les mains blessées par le coton, les yeux effrayés par ces monstres blancs aux yeux brillants, le cœur rempli de magie vaudou, l'âme désirant être libre. Alors oui, mon conseil est le suivant : prenez ce livre et partagez le à tout prix.

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