mercredi 6 mai 2015

L'adjacent de Christophe Priest (traduit par Jacques Collin)




Présentation de l'éditeur : En Anatolie, l'infirmière Melanie Tarent a été victime d'un attentat singulier : totalement annihilée, elle n'a laissé au sol, comme seul vestige de son existence, qu'un impossible cratère noir et triangulaire. De retour en République Islamique de Grande-Bretagne, son mari, le photographe free-lance Tibor Tarent, apprend qu'un attentat a eu lieu le 10 mai à Londres, qu'il a fait cent mille morts, peut-être le double. Là aussi, la vaste zone touchée était inscrite dans un triangle parfait. Alors qu'il est emmené dans une base secrète afin d'être interrogé sur ce qu'il a observé en Anatolie (globalement rien, en dehors de l'étrange point d'impact), Tibor entend parler pour la première fois du phénomène d'adjacence. Mais à bien y réfléchir, est-ce vraiment la première fois ?












Un livre de mélange des genres.

Si vous vous souvenez bien, mi Juillet, je vous présentais un autre livre de cet auteur : Notre île Sombre qui avait été une magnifique découverte pour ma part. Pourquoi? Tout simplement parce que l'univers était totalement atypique. Aussi, lorsque les Editions Denoël m'ont demandé de rempilé avec l'auteur, j'ai bien entendu fait la danse de la joie près de ma boîte aux lettres. Et j'ai eu raison, car j'ai changé totalement d'univers, de théories, de tout ce que vous voulez.

Alors, je ne vous cache pas que, même moi qui aime les littératures étranges, j'étais sortie de ma zone de confort. En effet, nous étions en pleine science fiction, avec l'histoire d'un journaliste, Tibor Tarent, dont la femme a été victime d'un attentat. Son corps a totalement disparu. En parallèle, nous suivons l'histoire d'un illusionniste, mais aussi celui d'un mécanicien sous la Seconde Guerre mondiale.

Et là l'intrigue se corse mes amis. Car nous développons la théorie de l'univers adjacent qui n'est pas un univers parallèle mais bien quelque chose qui est à côté, qui se joue des illusions. Nous suivons aussi une histoire d'amour sous la Seconde Guerre Mondiale qui m'a rappelée étrangement les Enfants de la Chance de Joseph Kessel, un livre que j'avais adoré, cela dit en passant. Tout ceci se recoupe bien évidemment, sous la plume de Christopher Priest. Et là, c'est magique.


Un roman qui vous portera loin.

Vous aurez souvent l'air perplexe avec ce roman. Ce même regard, je l'avais eu rarement, je dois dire. Car l'auteur nous pose beaucoup de questions sur nos perceptions. Nous ne pouvons plus du tout, à l'image des numéros des illusionnistes, faire confiance à notre vue. Nous ne savons pas ce qui est réel ou non. Aussi, je vous conseille tout simplement de vous référer aux différentes parties du roman qui insufflent un rythme soutenu au récit. La plume de Christopher Priest est toujours aussi magnifique, je dois le dire et tout ceci vous permet de refermer le livre en vous demandant si tout ce que vous avez "vécu" est réel.

Cette lecture fut une véritable aventure, que j'ai adoré picorer tout au long de la semaine, me ménageant des pauses pour bien tout mettre à plat dans mon esprit. Et j'ai dû me faire violence car les différents univers développés sont intenses, complexes. Un livre à découvrir si vous aimez l'aventure

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