mardi 7 avril 2015

Le Maître des insectes de Stuart Prebble (traduit par Carole Bouet)



Présentation de l'éditeur : Londres, années 1960. Quand Jonathan Maguire émerge d'un mauvais sommeil sur le sol du salon, il a les mains couvertes de sang et le corps de sa femme Harriet gît à ses côtés. Seule lui revient à l'esprit une violente dispute avec cette dernière, qu'il soupçonnait d'infidélité. Jonathan est le tuteur de son grand frère Roger, dont le handicap mental l'empêche d'être autonome et qui consacre tout son temps libre à un étrange et spectaculaire élevage d'insectes. Anéanti par la mort de sa jeune épouse, Jonathan est néanmoins déterminé à échapper à la police, terrifié à l'idée que s'il était arrêté pour meurtre, Roger serait placé dans une institution. Jonathan a sacrifié trop de choses, y compris son mariage, pour accepter cette éventualité. Lui seul peut protéger Roger, à la fois incapable d'exprimer sa pensée et terriblement lucide quand il s'occupe de ses milliers de créatures grouillantes










Une histoire de frères.

Le maître des insectes, c'est avant tout l'histoire d'amour inconditionnel de Jonathan et Roger. Roger est un petit garçon qui devient grand et qui est affecté d'un handicap mental. Mais ce handicap est allégé par la présence de Jonathan son frère. Certes, les parents des deux garçons font de leur mieux mais il faut avouer que Roger est un fardeau bien lourd à porter pour eux. L'amour entre les deux frères est donc pour eux une bénédiction. Mais pour eux, il n'est pas possible que Jonathan puisse se sacrifier en permanence pour son frère.

Afin que Jonathan puisse faire ses études tranquillement et rencontrer par la suite Harriet. Ce qui est beau et magnifique dans cette histoire, c'est que si les deux hommes ont des intérêts qui vont en s'éloignant par la vie tout simplement, dans le cas de Jonathan, sa femme et ses études, dans le cas de Roger, son insectarium, le lien est toujours aussi profond. Ces deux là se comprennent sans un mot. Et surtout, ils se complètent quelque part. L'un ne peut vivre sans l'autre et vice versa et ce qui pourrait passer pour un sacrifice d'un point de vue extérieur est réellement un acte d'amour et de foi de leur point de vue à eux.


Le narrateur nous conte donc l'histoire du vrai héros.

Car le personnage principal n'est pas réellement Jonathan mais surtout Roger qui par sa déficience mentale ne peut absolument pas nous raconter l'histoire. C'est donc Jonathan qui s'y colle, de son point de vue. Et on se rend compte que s'il comprend Roger, il ne comprend pas tout tout de même. Roger est le maître des insectes. Il observe ses petites bêtes, régit leur vie. Là où il n'est qu'un "benêt" aux yeux des autres, il est un dieu vivant dès qu'il parle de son monde. Et il provoque une certaine fascination auprès des autres.

Ainsi, celui qui perd les pédales, qui a peur, qui doute constamment n'est pas Roger. Car de son observation des insectes, il acquiert une certaine maîtrise de soit franche et presque un peu effrayante. Ainsi, on tente de percer ce mystère qu'est Roger à travers les yeux de Jonathan qui perd petit à petit tout ce qui l'éloigne de son frère et tout ce qui peut le faire souffrir.


En conclusion, un roman magnifiquement tourné.

Ce roman est une véritable addiction à lui tout seul. L'écriture y est limpide, l'intrigue y est bien prenante. Nombreux sont les retournements de situations, car nous n'avons qu'un point de vue dans cette histoire. Et je dois avouer que cela apporte le petit plus bien sympathique. Lorsque vous aurez terminé ce livre, lorsque vous aurez tout compris. Il vous aura laissé son empreinte, il vous aura marqué et vous ne pourrez vous empêcher de vous demander quelle sera la suite de la vie de Jonathan et de Roger tellement vous vous serez attachés à ces personnages. Un grand merci aux Editions Denoël pour m'avoir proposé ce titre. Je sais que je me répète, et je sais que vous vous demandez pourquoi je me répète. Tout simplement parce que la qualité est là et qu'il est vraiment important de le souligner. Je n'ai jamais été déçue. Et c'est un vrai plaisir pour moi que de les lire.

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