lundi 23 mars 2015

Le Cercle de Farthing de Jo Walton traduit par Luc Carissimo

Présentation de l'éditeur : Huit ans après que «la paix dans l'honneur» a été signée entre l'Angleterre et l'Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l'origine de l'éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu'elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d'habitude d'être tenue à l'écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l'étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l'innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l'enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d'un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine?







Thriller ou Uchronie ?

On nous présente le Cercle de Farthing comme un bon thriller anglais mais en lisant la quatrième de couverture, on se rend compte qu'on ne va pas lire un dérivé de Downtown Abbey mais nous lisons une uchronie. C'est à dire qu'on prend la possibilité que la Seconde Guerre Mondiale n'a pas été gagnée par les Alliés mais bien par les Nazis. Comment cela s'est passé ? Tout simplement par l'éviction de Churchill par ce que l'on appelle le Cercle de Farthing. Ainsi, sur le continent, les Juifs portent toujours l'Etoile et sont très restreints. Cette politique est moindre en Angleterre mais elle est tout de même présente.

En suivant les aventures de Lucy Kahn, une aristocrate anglaise qui a épousé un juif, on observe ainsi son changement de statut, les préjugés et les restrictions contre les Juifs, les affronts quotidiens, la menace d'une politique continentale, sous entendez, plus de droits du tout et le port de l'Etoile, et surtout la menace d'arrestations de et perquisitions constantes. Alors imaginez lorsque ce couple se trouve dans une maison où il y a eu un meurtre... Cela dépasse tout.

Joe Walton a élaboré cette théorie en toile de fond et il a si bien su tisser son uchronique qu'on s'y croirait tout simplement car elle est instaurée réellement en toile de fond. L'uchronie en elle même ne se bat pas contre le thriller mais elle la complète et lui donne un décors inédit.


Uchronie ou thriller ?

Et donc, cela veut dire que le thriller en lui même est une tuerie (ouh là le jeu de mot). Mais c'est bien vrai ! Jusqu'à la fin, je me suis demandée comment c'était possible. C'est du vrai thriller / Policier anglais. J'ai retrouvé le plaisir des Agatha Christie car tout est affaire de déduction. Et j'ai même l'impression que l'auteur s'est amusé à cette uchronie justement pour nous distraire. Ainsi, notre cerveau est saturé d'informations et on ne sait plus à quel saint se vouer. Ainsi, il nous ballade tranquillement d'indices en indices, de faux semblants en faux semblants et vous vous retrouvez à la fin du roman roulé dans la farine et heureux de l'être.

Car c'est un pur bonheur de voir une affaire si rondement mené, dans un décors absolument magnifique et bien rendu. C'est un régal d'être retenu ainsi. J'ai dû me freiner pour ne pas le lire plus vite car je voulais réellement trouver le coupable et le complot.

Comme toujours, merci les Editions Denoël. J'ai un peu tardé pour cette chronique mais je suis sûre que maintenant vous comprenez. Et c'est de votre faute. Publier des bombes ainsi, c'est pas possible pour mes moments de loisir. J'en veux encore :)

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