mercredi 21 janvier 2015

La guerre et la paix de Léon Tolstoï



Tome 1

Présentation de l'éditeur  : 1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d'une chronique familiale. Une fresque sociale où l'aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l'ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.
1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l'intrigue psychologique, prend une dimension d'épopée historique et se change en récit d'une époque. La "Guerre" selon Tolstoï, c'est celle menée contre Napoléon par l'armée d'Alexandre, c'est la bataille d'Austerlitz, l'invasion de la Russie, l'incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.
Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d'une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l'inéluctable marche de l'Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.



De deux nanas qui parlent d'un livre en en lisant un autre.

Soyons honnêtes... On ne se dit pas tous les jours : Tiens ! Et si je lisais un classique russe ? Et bien, je pense (je ne me souviens malheureusement plus de la conversion) que c'est à peu près cette mouche là qui nous a piqué, Yumiko et moi, sûrement en lisant un thriller en plus, un soir en discutant. Vous allez me dire, si l'une de nous fait ce genre de réflexion, l'autre ne répond pas et vous ne devez pas lire ma chronique et nous n'en parlons plus. Sauf qu'on a répondu que oui. Cela faisait longtemps un petit classique (de son côté comme du mien).

Vous noterez la notion de "Petit" classique.... Bref, on évalue le nombre de pages à la louche et on se dit qu'on va se lire un petit chapitre tous les soirs, tranquilles la vie et puis basta. Sauf qu'ils sont tous petits les chapitres. A en pleurer d'ailleurs. Du coup, de chapitre on est passées à partie. Et c'est ainsi que le premier tome a été lu en moins d'une semaine.

Et maintenant, j'avoue aussi que j'ai une pensée pour ceux qui se sont dit qu'ils allaient avoir une chronique sérieuse, fouillée, toussa. Mais lisez des classiques pour vous faire plaisir bordel ! Et acceptez aussi toutes mes excuses, car effectivement, je ris beaucoup avec mes classiques.


Du fait que Tolstoï n'a jamais vu un film d'action de sa vie.

Oui, je vais me faire flageller en public avec un titre pareil. Mais je vous jure. Lisez une scène de bataille version Tolstoï, on a l'impression de revoir une version de Derrick Napoléonnesque. Mazettes qu'il est statique. Les gars passent les trois quarts du temps à courir de partout en hurlant leurs trucs (non j'ai pas retenu leur cri de guerre) et hop la boum, la bataille se passe et on compte les blessés. Et on recommence parfois quelques pâtés de maison plus loin.

Oui, vous l'avez deviné, Tolstoï n'est pas un romancier d'aventures qui va vous décrire des fresques pas possibles et des scènes d'action de folie. Par contre, l'analyse du point de vue russe des batailles, du comportement des officiers..... Là, on voit un peu plus clair. En effet, l'auteur se moque très gentiment de l'avancement par lettres de recommandations que les jeunes hommes de bonne famille font jouer. Or, ce sont des soldats qui, du coup, n'ont pas d'expérience, ne connaissent pas l'art de la guerre, et on voit ce que cela peut donner dans les batailles.

De même, on voit les motivations de chacun : servir son pays, avoir un salaire, avoir une meilleure position sociale, fuir sa femme ou sa famille... Elles sont diverses et vous seront aussi exposées ici. C'est un vrai tableau de l'armée russe que nous avons là, avec ses forces, ses faiblesses. Et je dois dire aussi qu'il y a une vision de Napoléon qui est hilarante :)


Et côté paix.... Ce n'est pas de tout repos.

Lorsque les hommes ne se battent pas, il évoluent en bonne société. Et là je me régale. En effet, nous avons la présentation des hommes bien nés, qui vont tenter de récupérer une fille avec une belle dot (qui résoudra tous leurs problèmes financiers). Il y a aussi les mariages qui tournent mal (thème qu'il aura tant apprécié qu'il l'aura repris dans Anna Karenine)

Vous avez bien entendu un portrait de la bonne société russe qui est à tomber. Personnellement, j'adore toujours autant. Nous aurons aussi tous les petits potins russes, certaines histoires de successions. Et on se rend compte que parfois, il vaudrait mieux partir à la guerre plutôt que d'affronter la maison.

Sur ce, je vous dit à très bientôt pour le second tome.



Tome 2 

Présentation de l'éditeur : 1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d'une chronique familiale. Une fresque sociale où l'aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l'ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois.
1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l'intrigue psychologique, prend une dimension d'épopée historique et se change en récit d'une époque. La "Guerre" selon Tolstoï, c'est celle menée contre Napoléon par l'armée d'Alexandre, c'est la bataille d'Austerlitz, l'invasion de la Russie, l'incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes.
Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d'une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l'inéluctable marche de l'Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux.








Et.... C'était bien.

C'est vrai que c'était bien. Avec Yumi, on s'était dit qu'en fait, Guerre Et Paix, parfois, c'était un peu l'ancêtre de notre Hélène et les Garçons. C'est vrai. les couples se font. Et puis ils rencontrent une autre personne. Et du coup tout est chamboulé. Les couples se défont. On a l'impression que dans cette aristocratie russe, la passion reste prédominante. Que ce soit en amour ou en guerre. L'émoi est mis au premier plan. On s'engage envers une femme, un homme ou un pays. On y va la fleur entre les lèvres, avec une force incommensurable, prêt à tout pour y arriver. Et puis arrivent les difficultés et la machine s'enraye. Même, parfois, on se dit qu'ils n'y mettent pas forcément du leurs.

C'est parfois même un peu déroutant ce girouettisme. Bon, OK, c'était surtout drôle de mon point de vue car je commençais à faire des paris sur qui va mourir, qui va se faire plaquer, qui va butiner d'un côté comme de l'autre. Et en même temps, c'est le reflet d'une époque, quelque part. Cette société russe s'ennuie, elle est dans une espèce de pétris ou tout le monde connaît tout le monde, où les jeunes sont assis sur une belle fortune et ne font rien pour en mériter davantage. Alors certes, certains font des efforts, voire beaucoup d'efforts et méritent quelque part de réussir. Mais d'autres, on a l'impression que la société fait une sorte de purge naturelle.

Il en va de même pour les guerres. Napoléon qui fait le conquérant mais on voit bien qu'il s’assoit sur des tactiques antérieures. On se demande même s'il ne fait pas la guerre par automatisme. Il n'en tire aucune joie, aucune satisfaction et au final, ne mettant pas assez de coeur à l'ouvrage, il se fait débouter. C'est autant la chute de l'Empire français que la chute d'une certaine société russe que nous voyons sous nos yeux. C'est une nécessité d'innovation (qui se déroulera dans les années à venir en plus).

Mais voilà, c'est un peu lourd parfois.

Forcément, on a une écriture naturaliste. Et quelque part, si Tolstoï a réussi admirablement sa romance dans Anna Karenine, on sent qu'il n'y a pas mis autant de tripes dans Guerre et Paix. La leçon est toujours la même : la passion amoureuse est destructrice. Pour réussir son couple, il faut un amour-amitié, un respect de l'autre, des concessions. Bref, ce qu'on nous dit aussi actuellement en conseil matrimonial. C'est une histoire vieille comme le monde et on sent que quelque part, cela s'encroute. Certes, on ne voulait pas non plus qu'il nous vende du rêve. Mais il faut avouer que question rebondissement, c'était assez prévisible.

Et pourtant, la plume est là, l'histoire est là. Mais j'attendais un peu plus de surprises de la part de l'auteur. Et je pense que ce n'était pas facile non plus, marquée à ce point que j'étais par Anna Karénine. Toufefois, ce petit marathon lecture était extrêmement agréable. J'aime les classiques et même si on n'a pas tout le temps un coup de coeur, j'avoue qu'on atteint tout de même des soirées bien plus qu'agréables.

Pour la chronique de Yumi, c'est par

7 commentaires:

  1. J'adore ta chronique !!! J'avais bien aimé ce livre malgré quelques longueurs mais tu me donnes envie de le relire surtout grâce à la manière dont tu en parles dans ton avis !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le but n'est pas d'être tout le temps sérieux. Il faut aussi donner un petit côté drôle à Tolstoï pour te motiver à le lire ;)

      Supprimer
  2. Si cela te tente (en plus récent ), il y a Karpathia de Mathias Menegoz qui est très sympa. :)

    RépondreSupprimer
  3. Super chronique qui m'a fait sourire !! Bon, je ne le lirai pas je ne suis pas une fan de Tolstoï, et je préfère largement (bon j'adore de façon fanatique, en fait) Boulgakov ... Mais j'aime beaucoup les classiques.

    Mélia - https://melia06.wordpress.com/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Qui a dit que Guerre et Paix devait être triste ? ;)
      Je tenterai bien Boulgakov. J'avoue que je n'ai aucun souvenir de l'avoir lu.
      A très bientôt

      Supprimer
    2. Oh tu rate quelque chose, Le maitre et Marguerite est magnifique !! un classique russe !

      Mélia

      Supprimer