lundi 26 janvier 2015

Comment ma femme m'a rendu fou de Dimitri Verhulst (traduit par : Danielle Losman)

Présentation de l'éditeur : Par désespoir, pour asticoter son monde et surtout pour se venger de son épouse qu’il déteste, Désiré Cordier, petit bibliothécaire retraité de son état, décide de simuler la maladie d’Alzheimer. Bientôt il se prend au jeu et s’amuse des réactions désemparées de sa famille. Il découvre là une liberté qu’il n’a jamais connue et un moyen sûr de s’éloigner de son entourage, et surtout de sa femme qui l’a toujours régenté. Il décide alors de se plonger dans les joies de la démence, la sénilité et l’incontinence… et finit par être interné dans une institution… La maison de retraite lui réserve quelques surprises, comme les retrouvailles avec son amour de jeunesse et la rencontre avec des pensionnaires aussi déjantés que lui. À travers des portraits féroces et hilarants, Verhulst, qui a un don sans pareil pour rendre le comique tragique, et vice versa, nous livre sa vision douce-amère du mariage.







Un humour acidulé à souhaits.

Lorsque j'ai vu cette couverture absolument décalée ainsi que la présentation de l'éditeur. Je me suis dit que cela allait être un livre qui me mettrait de bonne humeur. Et en effet, Désiré, sous ses allures de malade, est d'un humour décapant. Il a une femme, Monik, avec un K parce que cela fait plus jeune. Cette femme lui rend la vie impossible, car en gros, elle porte la culotte à la maison. Par pure lâcheté, afin d'éviter le divorce, sans doute, il simule les symptômes d'Alzheimer pour se faire placer dans un Home. Ainsi, il n'a plus à s'occuper de rien, de sa famille. Et il coule des jours heureux, complètement infantilisé.

Par ce regard, il nous décrit sa vie de famille avant, comme il a fait pour se faire passer pour malade, progressivement. Et je dois dire que les gags sont légions. Et que la réaction de Monik est épique. C'est réellement un moment de détente qui se présente à vous, surtout pour nous qui avons conscience que Désiré est lucide, et sain.



Toutefois, nous avons un point de vue face à la maladie.

Une fois le rire franc et hilare passé, le rire jaune vient. Car on se rend compte que le personnage fuit les choses plus que tout. C'est vrai, il aurait pu divorcer de Monik plutôt que de faire souffrir ainsi ses enfants et sa femme aussi. Peut être qu'elle aurait apprécié le divorce ou la séparation en fin de compte. Et puis le rire devient triste car on se rend compte aussi comment les gens réagissent face à un malade d’Alzheimer.  La question qu'on se pose c'est : y'a-t-il une bonne réaction? Comment peut on se préparer face à cette éventualité ?

On voit enfin la réaction des proches, une fois Désiré dans le Home. On voit que face à quelqu'un qui n'a plus de mémoire, on se permet aussi d'être plus franc, plus direct. On se permet de dire (enfin) les choses. On voit aussi tout ce qui se passe dans ces maisons : leurs routines, leurs petits tracas, les relations entre les patients, ceux qui sont vraiment malades et ceux qui ne le sont pas.


En bref, ce livre est plus qu'un livre drôle, c'est un livre profondément humain, qui vous en dira sûrement long sur nos rapports avec les autres. Plus qu'une bouffée d'oxygène, c'est une bouffée d'humanité que les Editions Denoël nous transmettent. Merci beaucoup

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