vendredi 28 novembre 2014

Quand l'Empereur était un dieu de Julie Otsuka



Présentation de l'éditeur : ORDRE D'ÉVACUATION N° 19 La pancarte avait fleuri du jour au lendemain. Sur les panneaux d'affichage, sur les arbres, au dos des bancs installés aux arrêts d'autobus. Placardée à la vitrine du bazar Woolworth's. Placardée à côté de l'entrée de la YMCA. Agrafée sur la porte du tribunal d'instance et clouée, à hauteur d'homme, sur chaque poteau téléphonique le long d'University Avenue. La femme se rendait à la bibliothèque pour rapporter un livre lorsqu'elle la remarqua sur la vitre d'un bureau de poste. C'était à Berkeley, par une journée ensoleillée du printemps 1942, et elle portait de nouvelles lunettes grâce auxquelles, pour la première fois depuis des semaines, elle pouvait voir distinctement tout ce qui l'entourait. Elle n'était plus obligée de plisser les yeux, mais elle le fit cependant par habitude. Elle lut l'avis en entier et, alors, les yeux toujours plissés, elle prit un stylo puis relut tout le texte. Les caractères étaient petits et noirs. Certains étaient minuscules. Elle griffonna quelques mots au dos d'un reçu de banque, puis tourna les talons, rentra chez elle et commença à faire ses valises. Lorsque, neuf jours plus tard, la lettre de rappel de la bibliothèque arriva au courrier, elle n'avait toujours pas terminé. Les enfants venaient de partir à l'école et le sol de la maison était jonché de cartons et de valises. Elle jeta l'enveloppe dans celle qui se trouvait à ses pieds puis sortit.




Quand rien que le titre vous envole.....

La magie de Julie Otsuka, c'est tout d'abord de vous trouver des titres de livre qui vous emmène déjà très très loin. Quand l'Empereur était un Dieu..... Rien que cela vous laisse dire énormément de choses. La couverture de mon édition accompagnant totalement le titre d'ailleurs. On va parler Histoire. On va parler de Japonais, et connaissant l'auteur, on va parler des Japonais aux Etats Unis après l'attaque de Pear Harbour. Et bien entendu, on va parler de l'Humain, tout simplement.

Parce que Julie Otsuka et sa plume savent nous faire transmettre des émotions à travers le temps et l'espace. Sans avoir lu une page, je savais déjà que l'auteure allait me toucher. Aussi ai-je bichonné ma lecture, en préparant un petit thé vert japonais, en veillant à mettre des odeurs de frais à la maison et en bichonnant mon bonzai.


Julie Otsuka nous pointe la dure réalité de la vie des Japonais après Pear Harbour.

On parle souvent des déportations en Europe. Mais celle des Japonais, personne ne pipe mot car les Etats Unis sont bien réputés pour leur sens de la liberté, pour leur accueil... Pourtant, les Japonais présents là bas après la Seconde Guerre Mondiale ont vu une autre vision de ce pays des libertés. Par leur couleur de peau, par leur nature, ils étaient l'ennemi et ils ont été parqués dans des camps près des déserts.  Alors certes, les horreurs n'ont pas dépassé celles de l'Europe à la même époque, entendons nous bien. Mais l'état de dénuement et de détresse, le désespoir de ces familles, c'est grâce à ce genre de livre qu'on peut s'imaginer un peu ce que c'est.

C'est grâce à ces petites histoire dans l'Histoire qu'on peut enfin mettre un peu des visages et des faits sur ces évènements oubliés de tous. Ce n'est pas grand chose historiquement, mais c'est tellement humainement. Ce sont des graffitis sur des murs de chambre, des regards en coin, des réflexions horribles, des regards en coin.... Ce sont toutes ces blessures qui méritent qu'on se souvienne, tout simplement.

2 commentaires:

  1. Je ne connaissais mais c'est une très belle découverte, merci beaucoup. Le résumé ne m'attire pas particulièrement par contre tout comme toi j'aime beaucoup le titre et la couverture. Ce que tu dis du roman ne peut que m'inciter à le lire ; le sujet est rarement abordé mais est surement très intéréssant. J'espère pouvoir me procurer ce livre.

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  2. Le thème de ce livre a l'air très semblable de celui de Certaines n'avait jamais vu la mer que j'avais beaucoup aimé et à la lecture duquel j'ai beaucoup appris sur le sort des Japonais immigrés aux Etats Unis au 20ième siècle.

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