jeudi 9 octobre 2014

Coeurs de rouille de Justine Niogret







Présentation de l'éditeur : La cité du ciel est en plein déclin. Les robots, jadis fidèles serviteurs, régressent jusqu'à devenir des machines stupides ou de terrifiants prédateurs. Saxe est un artiste qui survit en travaillant sur les golems actionnés par magie. Dresde est une jolie automate qui n'a connu que le luxe avant que son maître l'abandonne. Tout les sépare, et pourtant ils vont partager un rêve commun : s'enfuir de la forteresse volante. Traqués par un tueur mécanique qui écorche les humains pour voler leur peau, ils se lancent dans une course peut-être sans espoir : retrouver la mythique porte ouvrant sur la liberté.








Sortir des sentiers battus.

Vous devez le savoir maintenant avec la saga Chien du Heaume, j'adore l'écriture médiévale de Justine Niogret. Ce fut un coup de cœur, un coup de foudre, un coup de poing, bref. Son écriture me chante dans mon esprit et je n'ai qu'une envie, telle une junkie en manque : J'en veux plus. Mais voilà, pour le moment, Justine n'écrit pas vraiment dans le médiéval. Mais elle a écrit dans la Science Fiction, mon autre domaine de prédilection et j'ai donc acquis avec un plaisir gourmand Coeurs de rouille et Gueule de truie. Mais voilà ! Est ce que cela va me plaire ? Est ce que cela va produire le même effet qu'avec Chien du Heaume et Mordre le bouclier ?

C'est donc timidement que j'ai hésité entre les deux. Et puis voilà, l'Automne aidant, mon regard s'est porté sur les couleurs orangées de Coeurs de Rouille. De plus, un de mes amis me l'a recommandé il y a un an (oui je sais je suis en retard) et croyez moi, quand le Bouc me dit que le livre il est bien. Je le lis. C'est tout c'est comme ça. Et quand la Miss Yumiko me dit qu'en prime il est plus que bien. Que c'est ma collection chouchou qui s'est éteinte (la collection Pandore). Tout ceci m'a indiqué que je devais le lire. Et j'ai eu raison :)


Coeurs de Rouille c'est tout d'abord une réflexion sur l'humain

Ce livre, c'est tout d'abord l'histoire de Dresde et de Saxe. Dresde est une automate qui est un vieux modèle et qui est en veille car elle attend son maître. Elle est en fin de vie. Et rencontre Saxe, un réparateur d'automate qui veut sortir de la ville pour découvrir comment est le dehors. Leur voyage va être ponctué de la poursuite de Pue le chien, un automate première génération qui veut, pour prolonger sa vie, absorber l'énergie de ses semblables. Ainsi, c'est tout de même une réflexion sur l'humain, car si vous vous en doutez bien, la présence du robot ou de l'automate dans un environnement futuriste nous donne en fin de compte une grosse réflexion sur l'âme.

En effet, un automate qui a une personnalité propre est il vivant ? Pourtant il fonctionne, il a un début de vie, une fin de vie et a des souvenirs. Et je crois que ce qui nous fait peur, c'est justement le fait que l'accumulation de ces souvenirs pourrait créer une âme. Car qu'est ce qui nous différencie d'une machine à notre image en fin de compte ? Et c'est avec le vécu de Saxe et Dresde, avec leur expérience commune. Il va y avoir un attachement entre eux. De même, entre eux et Pue le chien, il y a une relation de haine et de rejet. On parle bien de sentiments pour des automates. Je veux dire, on ne peut simuler une attirance amicale avec un programme, surtout que Saxe n'est pas le maître de Dresde. Vous voyez ce que je veux dire ?


C'est aussi une réflexion sur ce que l'on a perdu.

Nous sommes ici dans un univers qui est une ville futuriste qui se construit par pallier (je ne vous en dis pas plus, cela fait partie de l'intrigue). Grosso modo, tous les x temps, on couvre la ville pour en refaire une autre. Plutôt que de conserver le passé. Saxe, lui, se demande ce que comporte ce passé car au final, vu que le passé n'est pas autours de nous mais au dessous de nous, on perd de notre savoir, on perd quelque part de notre identité.

Et justement, c'est peut être pour cela que cela se passe bien avec Dresde, c'est qu'elle est issue du passé et refuse de se tourner vers l'avenir. Tout comme Pue le chien, d'ailleurs. Ces deux automates n'arrivent pas à évoluer dans le présent sauf que Pue le chien en a nourrit une grande amertume. C'est aussi le regard de ces deux anciens automates qui voit la déchéance de leur "espèce" puisque les nouveaux automates ont moins de pouvoir, moins de force, ils sont plus aseptisés, plus standards et donc n'ont plus du tout de personnalité. Tout ce petit monde tente de découvrir pourquoi on en est arrivés là.

En bref,  que vous aimerez ou pas, c'est un livre à lire. Car l'univers de Justine Niogret est réellement atypique et en cela il faut le découvrir un petit peu.

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