mercredi 16 juillet 2014

Notre île sombre de Christopher Priest






Présentation de l'éditeur : «Je suis sale. J’ai les cheveux desséchés, pleins de sel, des démangeaisons au cuir chevelu. J’ai les yeux bleus. Je suis grand. Je porte les vêtements que je portais il y a six mois et je pue. J’ai perdu mes lunettes et appris à vivre sans. Je ne fume pas, sauf si j’ai des cigarettes sous la main. Je me saoule une fois par mois, quelque chose comme ça. La dernière fois que j’ai vu ma femme, je l’ai envoyée au diable mais j’ai fini par le regretter. J’adore ma fille, Sally. Je m’appelle Alan Whitman… Et je survis dans une Angleterre en ruine, envahie par des populations africaines obligées de fuir leur continent devenu inhabitable.» Notre île sombre est la version révisée du Rat blanc, une œuvre «de jeunesse» datant de 1971. Se situant dans la droite ligne des romans catastrophe de J.G. Ballard et John Wyndham, Christopher Priest y dresse le portrait ironique d’une ancienne puissance coloniale colonisée à son tour. Plus de quarante après sa première édition, Notre île sombre n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Sa critique de l’arrogance des pays du Nord vis-à-vis de ceux du Sud est plus que jamais d’actualité.








Ou comment j'ai fondu pour la couverture.


Cette illustration d'Aurélien Police est magnifique ! Cest réellement cette couverture qui m'a fait prendre ce livre. Pas que ce soit un grand classique de la Science Fiction. Pas que cela traite de la xénophobie et d'un retour à un Etat naturel plutôt qu'à un Etat de droit. Pas que j'adore l'auteur ou que j'adore ce genre d'histoire. Non, c'est la couverture qui m'a fait battre le coeur à toute allure et j'avoue que mon côté futile a pris le dessus car j'ai eu du mal à le lire tellement j'ai regardé cette illustration.


Parce qu'elle représente quoi ? L'Afrique ? Une partie de la Grande Bretagne ? En tous cas, ce pays est en feu, et il ressemble à un bout de peau qu'on a déchiré. On en voit les veines, on en voit le sang. Et pourtant on voit aussi les explosions. Que ce soit en coup d'oeil rapide ou que ce soit en scrutant le tout, rien que l'emballage est sublime, parfait



Et promis, à un moment, j'ai ouvert le livre.

Promis. Notre île sombre est une réécriture du premier roman de Christopher Priest. C'est une dystopie des années 70 qui s'amuse à imaginer une révolte des Noirs et du coup une supprématie des Noirs. Ce qui veut dire, pour ceux qui ont du mal, que les Blancs se retrouvent comme les Noirs pendant la fin de la colonisation. Tout ceci se passe en Grande Bretagne, ce qui est très symbolique puisque la Grande Bretagne est la pierre angulaire de la colonisation. De plus, la typologie permet aussi d'avoir une situation beaucoup plus angoissante puisque une île apporte ainsi un côté cocon non négligeable. Les insulaire me comprendront.

Ainsi, l'auteur nous passe du présent au passé sans préambule, passe d'un moment à l'autre, de moments de combats, de tortures, de suspense et autres. Il s'amuse ainsi à nous faire perdre nos repères. Il s'amuse à nous faire demander pas si telle ou telle personne est morte mais comment elle est morte et comment on en est arrivé là. Et c'est ça le point à soulever. Comment est on arrivé à des révoltes pareilles ? Comment est ce possible ?

Et vous me direz, c'est le but premier de la dystopie. Et le fait que l'on arrive encore à se poser des questions 40 ans après l'écriture de ce livre prouve qu'il a été très bien rajeuni et qu'il reste, je le maintiens, très déroutant.

Grand merci aux Editions Denoël de m'avoir fait découvrir ce dinosaure de la SF.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire