lundi 28 avril 2014

Un été à Pont-Aven de Jean-Luc Bannalec






Présentation de l'éditeur : Pont-Aven. Entre fest-noz et ciel azur, trop azur, la saison estivale démarre en fanfare. Jusqu'à ce qu'on retrouve le propriétaire du mythique hôtel Central dans une mare de sang.
Tous les témoignages, membres du personnel, héritiers, voisins et amis, convergent lisses et sans faille. Et pourtant... Le commissaire Dupin, un Parisien récemment muté dans ce bout du monde et en voie d'adoption, suit la piste d'une toile de Gauguin, inconnue jusque-là, et s'adjoint les services d'une ravissante experte en art, pour confondre un assassin qui se rêvait millionnaire.







L'auteur nous fait part de son expérience "d'étranger" en Bretagne.

La Bretagne. C'est une région qui fascine, c'est aussi des habitants qui sont très solidaires. Il y a des régions comme ceci en France où c'est évidemment très beau, cela attire beaucoup de monde. Mais on a le sentiment d'être certes très bien accueilli mais pas totalement adopté en fin de compte. Ce sont des régions très identitaires et nous avons peut être le loisir de râler un peu sur cette identité mais c'est incontestablement ce qui fait leur charme. La Bretagne, on a envie d'y passer ses vacances mais on fantasme sur le fait d'appartenir réellement à la région. Un peu à l'image du commissaire Dupin, parisien catapulté en Bretagne, qui adore cette région et qui a le sentiment de ne pas y être intégré.

Aussi, nous avons des yeux amoureux qui vous décrit les paysages. Mais des yeux qui constamment se font rappeler qu'ils ont été Parisiens et qui ne sont pas Bretons. Ce sont des rappels constants au folklore, des rappels constants des habitudes régionales que font les autochtones au Commissaire Dupin. On sent que c'est fait dans un bon sentiment, celui d'intégrer de Commissaire, mais qui quelque part l'exclut car il connaît déjà ses points de détails. L'avantage est que le Commissaire s'accroche, est une montagne de tolérance. On sent qu'il accepte et qu'il aime aussi les Bretons pour leur prévenance exacerbée.


En dehors de ce phénomène culturel, une petite enquête bien prenante.

En effet, l'enquête soumise au Commissaire Dupin nous rappelle celles menées par les Maigret, les Columbo et autres flics qui se reposent sur le raisonnement plutôt que sur l'action. Le Commissaire Dupin utilise les méthodes d'investigations propres aux enquêteurs français, ce qui est un régal à la lecture. Recherches, mystères, discussions à bâtons rompus, petits secrets familiaux et historiques. Cela fleure bon le bon polar, mais cela fleure bon aussi la fleur de sel et la mer.

Jean-Luc Bannalec a réussi, avec son âme étrangère (rappelons que l'auteur est Allemand), a nous produire un polar typiquement français, voire typiquement local, nous tenant en haleine tout au long des pages. Nous trouvons des pistes qui nous égarent, d'autres qui nous mènent sur la voie, sous la baguette de l'auteur. J'ai aimé être baladée tout au long de ce roman, comme si j'étais partie en vacances et que je lisais mon livre de détente. J'ai été emmenée en voyage dans ma chère Bretagne où j'ai pu à la fois résoudre un mystère, sympathiser avec un Parisien (ce qui est chose rare) et faire un peu de tourisme.

En bref, un livre à lire sur la plage, avec le bruit des vagues comme compagnon. Merci à Babelio et aux Editions des Presses de la Cité pour cette découverte.

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