lundi 28 avril 2014

L'étranger l'Albert Camus



Présentation de l'éditeur : Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin. Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l'universelle équivalence du tout et du rien. La conscience de n'être sur la terre qu'en sursis, d'une mort qui, quoi qu'il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu'indifférent à tout après ça ? Étranger sur la terre, étranger à lui-même, Meursault le bien nommé pose les questions qui deviendront un leitmotiv dans l’œuvre de Camus. De La Peste à La Chute, mais aussi dans ses pièces et dans ses essais, celui qui allait devenir Prix Nobel de littérature en 1957 ne cessera de s'interroger sur le sens de l'existence. Sa mort violente en 1960 contribua quelque peu à rendre mythique ce maître à penser de toute une génération.





 Rien que par son style d'écriture, Albert Camus nous fait comprendre de suite le titre de son œuvre


Je vous le dis de suite, je ne suis pas du tout à la première lecture de l'Etranger. Ma première fois, j'avais 14 ans (et j'étais jeune). Je n'avais pas tout compris parce que Camus, parce que l'absurde, parce que plein de choses. Mais il y a quelques petites choses qui n'ont pas changé après plus de 15 ans de lecture de ce roman (oui, je me le refais régulièrement en plus), c'est ce style ! Tout le long de l'Etranger, il y est une chose incroyable c'est que l'auteur vous empêche littéralement par le style employé de vous attacher à Meursault, le personnage principal. Et pourtant, c'est un roman à la première personne !

Et comment peut-il faire cela ! Tout simplement, il nous trompe. Il utilise un langage populaire, simple et direct, nous montrant que nous suivons le monsieur tout le monde. On se dit de suite que nous allons nous sentir assez proche de Mersault, surtout qu'il traverse quelque chose de terrible : le décès de sa mère. Mais petit à petit, on se rend compte que l'auteur a littéralement supprimé toute émotion de son héros pour nous laisser qu'un seul sentiment : l'incertitude. L'incertitude face à ses sentiments, face à sa vie, face à sa mort. C'est littéralement une vie commune au point qu'elle n'a pas de sens pour nous.


Meursault, ou la quête échouée d'un sens à la vie.

Oui, si l'on veut réfléchir un petit peu, on se dit qu'il ne faut pas lire ce roman en pleine déprime. Et pourtant, il y en a de magnifiques descriptions là dedans. Mais revenons au sujet principal. Un homme tue un autre homme sans motif aucun. Nous suivons tous les actes qui vont être repris par la suite dans son procès : le décès de sa mère, l'enterrement de celui-ci, sa liaison avec Marie, son amitié avec un de ses voisins et l'acte en lui même. Tout du point de vue de Mersault. Ensuite, nous reprenons les différents points de son procès.

Ce que l'on reproche le plus au personnage principal, ce n'est pas tant son acte (le meurtre d'une personne pourrait à la limite être excusable, ce qui nous en dit grandement sur le prix de la vie en règle général). Ce qui nous frappe, c'est que tous les protagonistes cherchent un sens à cet acte. Et comme Mersault n'a pas la réponse, ils vont décortiquer tous ses faits et gestes depuis la mort de sa mère. Ainsi, par le jugement d'autres personnes, la vie banale d'un homme lambda devient la vie d'un monstre qui assassine à tour de bras (une personne mais selon la vindicte populaire, finalement...). Ainsi, on se rend compte qu'une personne au comportement étranger devient rejetée de la société. Si vous n'avez pas les réactions adéquates, la société vous écartera, quitte à vous tuer ensuite.

Voici très en substance ce que j'en ai retiré de cette énième lecture. Peut être que lorsque je la relirai d'ici quelques mois ou quelques années, j'en retirerai d'autres choses, d'autres sentiments. Et c'est aussi pour cela que Camus, je l'aime. Car chaque lecture reste une nouvelle découverte.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire