jeudi 24 avril 2014

La Griffe et le Sang de François Larzem





Présentation de l'éditeur : « Cruauté et volupté entraînent l’ivresse du sang ».
Mina, jeune Tsigane au caractère trempé, trouve refuge avec sa mère dans une vallée des Carpates. Très vite, elles sont en proie aux tourments des villageois. Ils les obligent à porter un manteau à capuchon rouge, la marque d’infamie. Mais arrive un mercenaire vêtu de noir, à la beauté du loup qui décide de les protéger. Mina pense avoir trouvé la paix quand ses cauchemars commencent. Un chevalier à l’armure écarlate vient la visiter en songe : Vlad, jadis seigneur du pays, dont la réputation de cruauté le désignait comme Dracul, le fils du démon. Un lien les unit…







Je vous jure, ce livre a été acheté à l'insu de mon plein gré.

Souvenez vous, c'était en Mars 2013. Je courais après Candy au Salon du livre de Paris. Arrive le stand de Pré au Clerc avec comme de bien entendu, la partie Boîte de Pandore (cette collection ! Je suis toujours en deuil vous savez). Bref, je fais ma petite liste pour voir si je trouve quelque chose qui (ne) me plaît (pas). Arrive Miss Candy qui me prend La Griffe et le Sang, qui me dit que c'est vachement bien et qui me plante sur la file de dédicaces de François Larzem.

Moment délicat, vous pensez bien, avec un livre dont j'ai à peine vu la quatrième de couverture, une couverture sympa, elle, et qui ressemble à l'auteur, que je ne connais pas d'ailleurs. Et le monsieur me dit : "Alors, qu'est ce qui vous tente dans mon livre ?" Je me dis que je vais broder et puis en fin de compte, je lâche très classement : "C'est pas moi c'est elle". François Larzem me sauve la mise comme pas possible, m'explique en quoi ce livre il est bien et me le dédicace. Je retourne dans mon Nord natal, je range le livre et je me dis pendant un an que ce serait bien que je le lise. Mais toujours y'a-t-il eu quelque chose qui m'a fait repousser l'échéance. Parce que ce n'était pas le moment, parce que j'avais autre chose à lire, parce que ma PAL Pandore baissait dangereusement et que du coup, je n'allais plus rien à lire de cette collection. Mais un week end, je craquais. Je l'ai pris avec moi, j'ai mis une petite bougie style "Bois de plage", une petite musique (Rodrigo y Gabriela) et je n'ai plus bougé jusqu'à la fin du livre.


La Griffe et le Sang, une petite adaptation jeunesse de Dracula

Et tout ceci version Tsigane. Cela dit, lorsque j'ai croisé l'auteur, cela ne m'a pas du tout étonné. Il a le look un peu bohème François Larzem ! Mais comment reprendre le mythe de Dracula sans tomber dans de la mièvrerie et en adaptant au côté jeunesse. Rien de plus simple vous me direz. Oui mais il faut le style avec. Et il l'a ! Mina a bien les aspirations d'une adolescente aux temps médiévaux de 16 ans. Elle se débrouille, en a vu des vertes et des pas mûres, aspire à trouver un foyer et à le fonder mais aussi a envie de liberté. Qui plus est, elle est tsigane : ainsi, elle vit dans une roulotte et est considérée d'un mauvais oeil de la part de la population lorsqu'elle s'installe avec sa mère dans un village. Lorsqu'ils ne sont pas hostiles, les paysans l'attaquent directement, pensant la revendre comme esclave.

Dans ce village de Transylvanie,  on lui permet de rester mais elle doit revêtir une capuche rouge écarlate, signe d'infamie. Au lieu de se lamenter, elle décide de l'arborer fièrement, marquant ainsi sa différence et méprisant ces ignares. Seulement, nous sommes dans le village où vivait Val Trepes, l'empaleur bien célèbre. Son image est toujours aussi présente dans l'imaginaire des villageois qui croient aux monstres de cauchemar, aux malédictions et aux démons. Lorsque des meurtres surviennent, ce sont vers les tsiganes que les accusations se portent puis sur les démons. Mina, elle, devra discerner le vrai du faux, que ce soit dans les affirmations des autres que dans les rêves qu'elle fait d'un homme à l'armure écarlate.


Des références aux mythe du vampire mais aussi aux contes.

Arrive Viorel, un mercenaire, qui vient protéger le village. Il en profite pour se lier d'amitié avec la mère de Mina et Mina elle-même. Viorel découvre qu'une petite fille allant chez sa grand mère lui apporter du pain s'est retrouvée mangée par un loup... Vous voyez où je veux en venir ? François Larzem, profitant des similitudes et de la rivalité ancestrale entre le mythe du vampire et celui du loup garou, en profite pour rattacher à l'histoire de Dracula le conte du Petit Chaperon Rouge.

C'est extrêmement bien fait, extrêmement bien pensé pour un livre young adult.Car par ce biais il a rattaché le mythe de l'enfance à un mythe du monde des adultes, tout ceci par le folklore. De quoi accrocher définitivement nos jeunes adolescents qui veulent s'intéresser au fantastique.

En bref, un vrai coup de cœur avec encore beaucoup d'autres aspects, je vous rassure. C'est un livre dense, mais léger à la fois, qui vous fera aimer le voyage dans les Carpates, vous fera réfléchir sur la notion d'étranger, de confiance, de famille et de légendes.


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