mardi 1 avril 2014

La Faute de l'Abbé Mouret d'Emile Zola



Présentation de l'éditeur : Serge Mouret est le prêtre d'un pauvre village, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France.
Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu'en prêtre. A la suite d'une maladie, suivie d'une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l'amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d'Eden.
Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l'ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, du végétal et du minéral, Zola écrit certainement l'un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.






Emile Zola tente de revenir sur le mythe d'Adam et Eve avec cet opus

Lorsqu'on lit le titre de ce livre, on s'attend à un livre extrêmement sombre et pesant. En fin de compte, c'est plutôt un livre léger qui tente de donner un œil neuf. On a l'impression de revenir au mythe de Rousseau et de l'homme naturel. Emile Zola nous prend Serge Mouret, un prêtre, qui suite à un malaise se retrouve au Paradou, une maison où se trouve une jeune femme  dont il tombe amoureux petit à petit. On retrouve beaucoup de descriptions de paysages de jardins, de ballades, de sentiments qui apparaissent en fin de compte assez innocent.

C'est une pause assez libertine, certes, puisqu'on traite de la liaison de Serge avec une femme alors qu'il est prêtre. C'est donc considéré comme une faute puisque c'est interdit par l'Eglise. Mais Emile Zola nous traite le sujet comme si c'était justement un amour pur et innocent, ce qui rend cet opus assez frais et cette histoire d'amour assez belle. Nous avons ainsi la réelle impression de retourner dans le jardin d'Adam et Eve où, dès que le désir inassouvi prend place, un malaise entre les deux personnes s'installe et le péché aussi par la même occasion. Mais nous prenons note que le péché vient surtout du fait de ce que pensent les gens et non l'acte en lui même.


Emile Zola nous montre un peu les travers de l'Eglise à travers cette histoire.

En effet, en parallèle de ce moment d'amour, nous voyons là la vie des paysans et des paysannes qui se comportent comme de vrais animaux en rut. On pourrait croire que c'est assez choquant car on a l'impression que les jeunes hommes et les jeunes femmes font tout pour se retrouver derrière les buissons et que l'Abbé Mouret fait de son mieux pour "rattraper" les choses avec un mariage pour chaque naissance. Du coup, nous avons une description des rites religieux qui est franchement morbide. Nous avons l'impression que chaque personne ne comprend aucun sacrement, aucune messe et que chaque formule latine est faite pour enterrer la nature profonde des habitants du patelin.

Par la même occasion, l'auteur nous décrit l'amour de Serge Mouret, réputé être un saint homme, pour la Sainte Vierge et c'est un amour quasi charnel que nous avons là. Pas du tout l'aspect théologique. On a l'impression que tout amour physique interdit se retransmet dans l'amour de l'icône de la Vierge, ce qui montre que c'est assez malsain du coup. Par opposition, son amour pour une jeune fille paraît beaucoup plus sain, beaucoup plus naturel que son amour pour la Vierge.

En bref, un tome complet, complexe qui traite beaucoup de prêtrise, de religion et de mœurs. Ce qui change de tous ces tomes sur la politique, l'ascension sociale et l'argent. A noter que l'observateur de ce tome est le Docteur Pascal, notre enquêteur de hérédité de la saga.


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