lundi 28 avril 2014

Deux Soeurs pour un roi de Philippa Gregory




Présentation de l'éditeur : " Je serai sombre, française, à la mode et difficile ; vous serez douce, ouverte, anglaise et belle. Quelle paire nous formerons ! Quel homme pourra nous résister ? " Tels sont les premiers mots prononcés par Anne Boleyn à l'endroit de sa soeur Marie quand elle la rejoint, en 1522, à la cour d'Angleterre. Introduite au palais de Westminster, à l'âge de 14 ans, Marie Boleyn séduit le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D'abord éblouie par le souverain, elle comprend qu'elle sert d'appât au milieu des complots dynastiques. Quand l'intérêt du roi pour elle s'émousse, Anne est chargée de le séduire à son tour. Désir, haine, ambitions, trahisons. Se déroulant sur quinze ans, cette fresque historique, racontée à la première personne par Marie Boleyn, dépeint les rivalités au sein de la dynastie des Tudor. Une histoire qui se terminera dans le sang.









Et bien voilà une romance historique comme je les aime !

Oui parce qu'on ne peut pas dire que le côté historique soit totalement respecté ici. En effet, Marie Boleyn reste un sujet controversé par rapport à sa liaison avec Henri VIII. Qu'elle soit sa maîtresse, non, on a tout de même quelques soupçons. Mais qu'elle lui ait fait des enfants, le débat reste là. Cela dit, une intrigue amoureuse entre deux sœurs et  un roi, avec toutes les intrigues politiques et autres qui en découlent. J'avoue que là j'ai couiné comme pas possible. La Cour anglaise ! Les Tudors ! Ça c'est vendeur.

Résultat, j'ai passé 500 pages comme une petite fleur à me dire que Marie était vraiment malheureuse, qu'Anne était vraiment une s... méchante et que Henri était vraiment un homme à femmes ! Je me suis dit que la vie de femme dans les années 1500 à la Cour d'Angleterre n'était pas si facile que cela, et que les intrigues politiques du moment, surtout celles concernant les héritiers à la couronne, et bien, c'était vraiment du costaud. On a beau s'en défendre, on se laisse happer par l'ambiance, on se demande comment Marie Boleyn va s'en sortir de ce panier de crabes et enfin et surtout on s'attache à peu près à tous les personnages.


Une rivalité entre sœurs

C'est, on peut le dire, le thème central de ce livre : la rivalité entre Anne et Marie. D'un côté, nous avons Anne qui est une intrigante. Elle est une véritable Boleyn dans le sens où elle a reçu une éducation à la cour française, elle a du charme, voire énormément de charme et elle compte l'utiliser pour assouvir son ambition : devenir la femme a plus puissante à la Cour d'Angleterre. Elle souhaite d'abord devenir la maîtresse du roi. Mais c'est à sa sœur Marie qu'on donne ce rôle tout d'abord. Verte de jalousie, elle tente de devenir duchesse en épousant Henri Percy. Mais la Cour et le conseil familial met son grain de sel et annule ce mariage, l'étouffe dans l’œuf. Plutôt que de se résonner, ne voulant pas faire moins que sa sœur qui dans ce roman donne un enfant mâle au roi, elle décide non pas d'être la maîtresse en titre du roi mais de l'épouser. Pour cela, elle assassine à tour de bras et évince la reine Catherine.

Dans ce jeu mortelle se noie Anne qui à 14 ans est mariée. Elle attire l’œil du roi, tombe amoureuse de lui et lui donne deux enfants. Suite à une grossesse difficile, il la délaisse. Elle doit retourner auprès de la reine Catherine qu'elle admire mais qu'elle ne peut être l'amie car elle est la maîtresse de son mari. (vous suivez ?) A cela, elle doit laisser l'homme qu'elle aime pour sa sœur et abandonner tout espoir de vie heureuse pour assouvir les ambitions de sa famille. Renonçant à la rivalité avec Anne, elle parvient toutefois à se marier par amour mais même là elle doit intriguer au pas possible pour vivre tout simplement.

Les deux sœurs s'aiment et se détestent à la fois car chacune ne peut vivre sans la concurrence de l'autre. Ainsi, nous suivons Marie qui doit être le témoin de l'échec de chacune de ses ambitions, car celles-ci sont ruinées par sa sœur. D'un autre côté, la satisfaction d'Anne n'est complète que dans l'humiliation publique de Marie. Nous aurons donc un personnage sans arrêt bafoué dans ce roman. Aussi, accrochez vous. Car vous vous prenez des claques constamment.


La condition de la femme sous la Cour d'Henri VIII. C'est pas superbe non plus.

Oui, forcément, on voit cela avec nos yeux de femmes modernes. Mais c'est bien vrai. Marie fait partie de la noblesse mais pourtant elle ne possède strictement rien : ni fortune, ni enfant, ni bien, ni même son corps. Si sa famille lui dit de coucher avec le roi, elle n'a d'autres choix que de se dire que c'est pour son bien. Si elle tombe amoureuse et que sa famille lui dit de renoncer, elle n'a même pas le droit de protester. Si son fils intéresse politiquement sa sœur, elle ne peut qu'accepter que celle-ci l'adopte !

Le personnage de Marie Boleyn est très intéressant à la lecture car nous la suivons sur une quinzaine d'années. Nous suivons tout d'abord un personnage passif qui a certes des aspirations mais qui sont très vite étouffées. Mais de trahisons en veuvage en intrigues politiques, on voit qu'elle se rebelle et qu'elle prend son destin en main. Ainsi, elle parvient à acquérir une certaine autonomie. Mais pour cela, elle doit tout de même passer par les hommes.

En bref, si vous désirez avoir des intrigues à gogo et si vous ne tiquez pas trop sur les réalités historiques. Vous pouvez y aller les yeux ouverts. J'ai hâte de voir ce que l'auteure a fait dans ses autres livres, de voir ces destins de femmes (même si ces destins n'appartiennent qu'à notre imagination).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire