jeudi 27 mars 2014

La Peste d'Albert Camus




Présentation de l'éditeur : Oran est victime de la peste. Les autorités de la ville décident de fermer ses portes pour éviter la propagation de l’épidémie. Dès lors, la population s’organise pour faire face au fléau, qui de jour en jour prend des proportions monstrueuses. Six personnages vont agir, chacun à leur manière, face à la peste. Le docteur Rieux et Tarrou vont s’investir pleinement dans l’organisation sanitaire de la ville. Rambert, un journaliste de passage à Oran, voudra d’abord quitter la ville par tous les moyens, puis pris de compassion rejoindra Rieux et Tarrou dans leur lutte. Grand, employé à la mairie, participera également à cet effort. Cottard quant à lui profitera de la détresse de la ville pour mettre sur pied un marché noir.Après près de dix mois de quarantaine, la ville d’Oran ouvre à nouveau ses portes. Rieux apprend par télégramme la mort de son épouse, Rambert retrouve la sienne, et Cottard sera arrêté par la police.






Nous sommes ici dans un véritable journal intime de la Peste

Oui, je sais, avec mon phrasé habituel, on se demande un peu ce que je voulais dire. Mais l'intention est là. Ce livre parle d'une épidémie de Peste qui s'est déroulée à Oran dans les années 40. Elle a duré quelques mois, presque un an. Au début, on pense que l'on va suivre l'année de quelques protagonistes pendant la Peste mais pas que. La maladie, ici, est personnifiée à l'extrême, par le jeu de style de l'auteur, ce qui fait qu'on a l'impression qu'elle est là, telle une présence malfaisante qui a ses réactions propres face aux réactions des habitants d'Oran et qui a un réel cycle de vie.

Ainsi, nous observerons les réactions de la maladie : lorsqu'elle s'étend, lorsqu'elle s'essouffle. On voit les différentes batailles que font les docteurs Rieux et Tarrou contre elle, mais aussi les différents stratagèmes politiques (je pense à la mairie) pour gérer ses effets. Enfin, certaines personnes vont agir "avec la Peste" et d'autres "contre la Peste". Et pour finir, nous verrons les différents mouvements de la maladie tout d'abord au nombre de morts, mais aussi au mouvement des rats dans la ville.


Une véritable analogie avec la guerre

Camus ne s'en cache pas et d'ailleurs, tout le monde en parle, et surtout, c'est pour cela aussi qu'on lit ce roman. La maladie est la personnification de la guerre, ce qui nous est montré avec une multitude d'indices. Alors pourquoi en parler alors que tout le monde en parle ? Bien entendu, le fait de ne pas en parler dans une chronique, je me sentirai un peu... Voilà quoi. Je dois en être à ma cinquième lecture de la Peste, j'adore relire les Camus. Si je ne parle pas d'un de ses thèmes dans un livre, surtout un qui se voit gros comme une maison, et bien, je n'apprécierai pas ma chronique.

La force de cette analogie dans cette œuvre, selon moi, ce n'est pas tant les indices matériels donnés : l'année 1940, la quarantaine, le marché noir, le parcage des habitants dans certains lieux publics (rappelons que la rafle du Vel d'hiv est vraiment frais dans la mémoire de l'auteur) et le rationnement de la nourriture et des soins. C'est surtout cette véritable étude comportementale d'Albert Camus sur les gens en temps de guerre, transposée sur une épidémie de Peste.

Et bien, au bout de 5 lectures, j'en apprécie encore chaque mois et j'en reste surtout encore sous le choc. Là se trouve la force de cette auteur. Alors après, devez vous le lire ou non? J'ai envie de vous dire oui parce que c'est un de mes livres chouchous, que je tringballe depuis mon adolescence, il fait partie d'un des livres qui m'a fait aimer la littérature et les classiques. Alors, faites attention aussi que le vocabulaire a un tout petit peu vieilli. Mais en même temps, si vous lisez un classique, je me dis que vous vous y attendez aussi. Donc que vous dire à part qu'il est court et que donc, si vous ne l'aimez pas, ou vous me le posez dans un coin ou vous le finissez vite. Dans tous les cas, c'est une oeuvre incontournable à découvrir. De toute urgence.


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