lundi 10 mars 2014

La Joie de Vivre d'Emile Zola



Présentation de l'éditeur : Près d'Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père.
Sa présence est d'abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l'enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l'oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l'héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer. En 1884, lorsqu'il fait paraître ce roman largement autobiographique, le douzième des Rougon-Macquart, c'est pour une part ironiquement que Zola l'intitule La Joie de vivre.
Car en dépit de la bonté rayonnante de Pauline qui incarne cette joie, c'est l'émiettement des êtres et des choses que le livre raconte. Après Au Bonheur des Dames, grande fresque du commerce moderne, c'est un roman psychologique que l'écrivain propose à ses lecteurs, un roman de la douleur où les êtres sont taraudés par la peur de la mort face à une mer destructrice.






Ceux qui ont tout pour être heureux ne le sont pas

La Joie de vivre, c'est l'histoire des Chanteau. La mère et le père possèdent une rente correcte, une maison au bord de mer et une situation dans la commune. Ils ont des amis, un fils aimant, un chat, un chien, une servante, et enfin une nièce qu'ils recueillent et qui est un amour. Certes, il y a la goutte du père dont tout le monde pense que c'est encombrant mais ce n'est pas insurmontable.

Mais voilà, la mère est aigrie car elle aurait voulu plus d'argent et cela l'obsède et la ronge. La brave Pauline lui donne tout ce qu'elle a mais cela ne suffit pas à la faire aimer. Le père a la goutte mais ne se soigne pas, aussi a-t-il de plus en plus mal. Quant au fils Lazare, non seulement il est pourri gâté donc il devient un puits sans fond, mais il devient de plus en plus fou, devenant ainsi inconstant et dépressif, alors qu'il a une femme douce qu'il aime.


Alors que celle qui ne l'est pas fait tout pour l'être.

L'histoire de Pauline est touchante car cette fille puis femme cherche le bonheur malgré tous les malheurs du monde sur les épaules. En effet, ses parents meurent, elle atterrit dans un  trou perdu, s'occupe de son oncle, supporte sa tante, finance son cousin, se fait voler son fiance et loupe une place en or. Si on pensait que le destin s'acharnait sur personne, vous ne connaissez pas Pauline.

Et pourtant, cette nana, elle a toujours le sourire aux lèvres, profite de chaque instant de la vie. Elle fait tout ce qu'elle peut pour faire le bien autours d'elle. Elle sourit toujours et se dévoue aux autres. En se débarrassant de son avidité héréditaire de l'argent, elle trouve un équilibre, et un bonheur sans pareil dans la dévotion aux autres, malgré justement toutes ces tristesses qui l'assaillent. C'est une vraie leçon de vie en regardant celle qui devient solide comme un roc.

Et pourtant, on ne peut s'empêcher de penser que Pauline serait tout de même vraiment heureuse si elle pensait à elle parfois car sa vie devient une succession d'actes manqués.


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