jeudi 27 février 2014

La Loi du Désert de Franck Ferric









Présentation de l'éditeur : Après des siècles de conflits, le monde n’est plus qu’un vaste désert où des Cités-Etat se sont substituées aux nations. Dans cet univers hostile et décadent, Mathian, soldat dans l’Armée Républicaine de Salina, aidé de son ami Blaine, part à la recherche de son frère Raul, récemment banni de la cité. Ils vont devoir affronter les grands espaces, la chaleur, une violence omniprésente et un adversaire insaisissable : les blafards.







Un univers très particulier mais qui m'a de suite embarquée.

En lisant la Loi du désert, deux choses me viennent : une odeur de pétrole et l'éclat du soleil sur le sable du désert. Je vois des immensités de sable parsemées ça et là de cités à moitié en ruine, en tous cas mal entretenues. Des routes qui ressemblent plus à des pistes qu'autres choses. Et le monde divisé en deux parties : les fixes et les nomades. Deux peuples qui ne se mélangent pas tellement que des légendes se créent. Je vois aussi une guerre permanente qui sépare les familles et qui les décime petit à petit.

Cet univers vous paraît dur et cruel ? Et pourtant il me semble assez réaliste, voire visionnaire. En effet, face à une augmentation forte de la température et des guerres entre pays incessantes, on se retrouve dans un monde asséché où les gens se regroupent dans des cités Etats, où les différences entre les classes s'accroissent.

Dans la ville de Salina, on retrouve Raul, un ouvrier qui tente de faire un coup d'Etat. Malheureusement pour lui, il est pris. Ici, pas de prison. Lorsqu'on fait quelque chose contre le pouvoir, on est exilé dans le désert. C'est une mort plus longue, plus douloureuse. C'est l'exclusion pure et simple dans un monde où la communauté signifie la survie.


Un roman initiatique pour deux destins différents.

Mais la loi du désert, c'est le roman entre deux frères : Mathias et Raul, dont la relation est particulière. Mathias est l'aîné de la famille, celui qui est parti à la guerre. Raul est le vilain petit canard car c'est un ouvrier qui se laisse avoir à chaque mauvais coup. Raul étant exilé dans le désert, Mathias prend son rôle à cœur. Il déserte l'armée pour aller chercher son petit frère.

Nous avons ici deux chemins différents. Celui du fils prodigue qui va racheter ses péchés en traversant le désert, en y survivant, en découvrant la civilisation des blafards. Mathias, c'est celui qui couve trop son frère, celui qui passe tout Il va devoir le laisser mener sa propre vie, prendre la responsabilité de ses actes.

Deux chemins qui permettront peut être à ces deux frères de se retrouver. Deux chemins aussi qui leur permettront de devenir des hommes adultes libres. Ils leur permettront de trouver leur voie, tout simplement.


Dans ce désert, l'émergence d'une Babylone, d'une cité pirate.

La destination de ce livre reste aussi une ville légendaire, une ville cosmopolite. Une ville d'érudition où les blafards et les gens se côtoient, échangent et vivent en paix. C'est un peu la mémoire des deux peuples qui s'accumulent en attendant que l'humanité reprenne une ère prospère.

J'ai particulièrement aimé cette cité introuvable, cachée. C'est une espèce de Babylone perdue, une cité de pirates qui ressemble à un mirage. C'est dans ce rêve où reposent les pensées des humains libres, ceux qui répondent à la loi du désert.



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