mercredi 26 février 2014

La Bête Humaine d'Emile Zola









Présentation de l'éditeur : Le sang exécrable des Rougon-Macquart court dans les veines de Jacques Lantier, fils de Gervaise et héritier d'une lignée maudite. Lantier a assisté au meurtre d'un notable par le chef de gare du Havre. Pour se protéger, la femme de ce dernier, Séverine, le séduit et devient sa maîtresse. Auprès d'elle, et dans les vapeurs de sa chère Lison, sa locomotive, Jacques pense pouvoir conjurer ses pulsions meurtrières, résister à " la hèle enragée qu'il sent en lui " à la seule vue de la nudité d'une femme.








Dans ce tome, nous explorons l'amour de la machine

Jacques Lantier est un mécanicien dans le monde ferroviaire et il s'occupe plus particulièrement d'une locomotive appelée la Lison. Avec la Bête Humaine, Emile Zola profite de nous dépeindre le monde des chemins de fer. Nous avons bien entendu tout le groupe qui s'occupe des trajets des trains, les mécaniciens et les conducteurs. Cela nous fait déjà un beau petit monde hiérarchisé même dans la ville. Ainsi, les logements sont attribués en fonction de son rang dans la Compagnie. C'est une micro société dans la société elle-même, un monde à part. En parallèle, nous avons aussi tous ceux qui s'occupent des barrages et des aiguillages qui font signe aux trains car leur maison est tout aussi isolée.

Ce petit monde est donc organisé en fonction des machines et nous nous concentrons quasiment que sur la Lison, la locomotive de Jacques. Cette machine est personnalisée à l'extrême, au point que, grâce au talent de l'auteur, nous suivons les humeurs de la locomotive. En effet, lorsqu'elle est de bonne humeur, le trajet se fait sans encombre, légèrement. Mais lorsque la Lison n'est pas d'humeur, cela se répercute sur Jacques qui argumente avec elle, peste ou supplie.

Ainsi, c'est cette relation homme-machine qui demeure unique, exclusive, magnifique quelque part. Et c'est cette relation que nous montre l'auteur pour mettre en avant les relations compliquées et bestiales des humains.


Mais c'est aussi et surtout une réflexion sur les instincts animaux.

Car oui, ici, les relations entre les hommes paraissent de plus en plus animales. Nous avons tout d'abord Jacques qui est le résultat d'une mauvaise combinaison génétique. C'est le fruit des gènes viciés des Rougon-Macquart. Cette tare se montre ici par les envies de meurtre à chaque fois qu'il voit une femme nue. Cette pulsion ne peut être calmée qu'à proximité de la Lison, sa belle locomotive qui semble être la personne la plus compréhensible au monde.

Et puis nous avons Séverine, l'image même de la femme manipulatrice. Nous découvrons qu'elle a eu des relations quasi incestueuses avec un vieil homme pour avoir une part d'héritage. Pour l'obtenir, elle pousse son mari à l'assassiner. Puis lorsque celui ci dépense l'argent, elle utilise les pulsions de Jacques pour éliminer ce gêneur.

Par cette histoire, Emile Zola nous montre encore une fois la bestialité des gens mais aussi ce cycle infernal que donne la branche des Macquart. Un roman qui, encore une fois, nous montre une partie de la société française du XIX° siècle.




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