mercredi 4 décembre 2013

Une page d'amour d'Emile Zola




Présentation de l'éditeur : Rédigée entre L'Assommoir et Nana, en 1878, Une page d'amour d'Émile Zola correspond à une période de répit dans les turbulences des Rougon-Macquart, formidable tableau de la société française d'un XIXe siècle finissant. C'est l'histoire d'Hélène Grandjean, veuve, retirée avec sa fille Jeanne, aux portes de Paris, à Passy. Prise de convulsions, Jeanne est traitée par le docteur Deberle. Entre le médecin et la mère, un coup de foudre réciproque va bouleverser les habitudes des uns et des autres. Des bouleversements que Jeanne ne pourra longtemps supporter. Elle succombe d'une phtisie cependant que sa mère est en compagnie de son amant. C'est bien assez pour développer un sentiment de culpabilité maternelle. Rongée par le remords, Hélène préfère rompre pour se marier quelque temps plus tard (non sans regrets) avec un vieil ami de la famille. La rupture avec Deberle est aussi celle du sentiment amoureux dans cette vie sans éclat.






Jeanne, une digne descendante d'une lignée pourrie

Une page d'amour c'est avant tout l'histoire d'un amour mère fille très destructeur. Et cet amour a un visage : Jeanne, une gosse issue de la lignée des Rougon Macquart et qui porte en elle tous les symptômes du sang pourri de cette famille. Ainsi, pour commencer, cette gosse tombe tout le temps malade et celle qui en pâtit le plus, c'est sa mère.

Aussi, lorsque Jeanne a sa mère pour elle toute seule, c'est un ange. C'est une véritable petite fille douce et charmante qui nous donne envie d'être parents à notre tour. mais donnez un peu de liberté à Hélène et c'est une succession de malaises qui se développent chez l'enfant. A en croire que, selon la théorie d'Emile Zola, c'est l'amour seul d'une mère qui peut maintenir un enfant en vie. Eloignez vous une seconde de votre enfant et celui ci dépérit.

J'avoue que je ne connais pas les dessins qu'avait à l'époque Emile Zola mais maintenant que je suis maman, et une maman plutôt fusionnelle avec mes enfants, je comprends mieux ce message. Soyez éloignés de vos enfants et ils resteront de parfaits étrangers. Soyez trop fusionnels avec eux et vous perdrez votre identité, vous entraînant vous et lui dans une spirale destructrice. L'art d'être un bon parent se situe entre les deux.



Hélène, prise dans un éternel étau, devra renoncer à elle-même

Au début du roman, nous avons Hélène, une jeune veuve très douce qui a passé littéralement toute sa vie de femme à soigner son époux puis sa fille. SI vous pensiez que vous avez affaire à une femme, vous vous trompez. C'est une infirmière que vous avez là.

Seul le docteur Deberle verra la femme en elle, ce que Zola décrit magnifiquement. En effet, les descriptions que fait l'auteur de son héroïne changent du tout au tout selon le point de vue de celui qui la regarde. L'avènement de Deberle dans la vie d'Hélène marque la fin de son veuvage. Et c'est justement celui-là qui marquera le début de la maladie de sa fille.

Hélène cèdera à l'amour mais elle se rendra compte que plus elle aimera cet homme et plus elle tuera l'amour de sa fille (et pas conséquent sa fille elle même). Une page d'amour, c'est ce moment de pause où Hélène pensera à elle. Et c'est cette pause si courte qui justifierait toute une vie d'abnégation.

En effet, Hélène acceptera de vivre à nouveau pour les autres uniquement. mais à quelles souffrances pour avoir pensé un tout petit peu à elle. En fermant ce livre, on se demande si le prix à payer n'est pas trop dur pour une simple victime des jeux de l'amour.


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