jeudi 12 décembre 2013

Un horizon de cendres de Jean Pierre Andrevon



Présentation de l'éditeur : Premier jour : Au loin, il y a votre voisin. Vous lui faites un signe. Jusqu'au moment où vous réalisez qu'il est décédé depuis des semaines...
Troisième jour : La télé enchaîne les émissions spéciales : partout dans le monde les morts reviennent. Apathiques, ils errent au royaume des vivants...
Cinquième jour : Paralysé de trouille et de dégoût, vous regardez votre femme serrer dans ses bras, au beau milieu de votre salon, une chose qui, un jour, fut sa mère...
Huitième jour : Votre femme vous a quitté après que vous avez réduit en cendres l'ignominie qu'elle appelait "maman".
Neuvième jour : La télé diffuse un reportage au cours duquel on voit une de ces choses dévorer un chat vivant...
Ils sont désormais des millions et vous ne vous poser qu'une question : mon monde n'est-il pas désormais le leur?






Que se passerait-il si les morts revenaient à la vie ?

Mon tout premier essai sur l'écriture de Jean Pierre Andrevon, auteur de science fiction française. Mais vous savez que ces deux seuls mots suffisent déjà à me faire décoller direct. Et j'ai bien fait ! Déjà que l'écriture fluide de l'auteur m'a ravie, et surtout, j'ai un recueil de nouvelles de lui (Demain Le Monde) sous le coude. Alors, quitte à lire le pavé, autant le tâter d'abord sur un petit format.

Et donc l'idée de départ est la suivante : imaginez que vos morts reviennent à la vie. Qu'est ce qui se passe ? Doit-on les traiter comme des cadavres ou comme des êtres humains? Et eux, comment vont-ils nous considérer ?


Une réflexion sur la famille.

C'est vrai que posé comme cela, le problème paraît simple, mais si c'est votre famille disparue qui réapparaît, sous vos yeux ? Qui sera le plus important : les vivants ou les morts ? Jusque là, vous me répondrez naturellement les vivants. Mais imaginez que votre mariage bat de l'aile. Il vous suffit de faire un choix.

Ainsi, l'auteur montre la famille du héros qui se déchire. Sa femme et sa fille font comme s'il faisait partie des meubles. Cette famille représenten un peu l'archétype des foyers français qui ne se retrouvent uniquement que devant le poste de télévision. Aussi, quand la belle mère du héros revient, les disputes fusent. Et ce n'est que dans la peur de la mort au quotidien et non dans la sécurité que le héros ressent le plus de choses.


Mais encore plus, une réflexion sur la domination de notre espèce

Et oui, tant que les vivants dominent le monde, celui-ci vit son petit train train destructeur. mais relevez les morts et les vivants disparaissent avec leur pollution et leurs nuisances. Certains penseront au Déluge. J'estime que l'auteur y a pensé aussi (surtout dans les dernières lignes).

Ce qui est intéressant ici, c'est de voir la réaction des vivants face aux morts. Il y a les exterminateurs, bien entendu. Mais aussi ceux qui veulent dialoguer (oui, je sais, parler avec des morts...). Ce sont des réactions typiquement humaines face à un envahisseur. Et c'est le manque de prise de position typiquement humaine qui condamnera notre espèce.

1 commentaire:

  1. Ton avis est très intéressant, et hop un autre livre dans ma Wishlist ;)

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