mardi 24 décembre 2013

L'Oeuvre d'Emile Zola






Présentation de l'éditeur : L'ouvrage nous entraîne dans le monde de l'art et des artistes, à travers le portrait d'un peintre maudit, Claude Lantier, dont le personnage évoque celui de Paul Cézanne, grand ami de Zola, qui se brouillera avec l'écrivain après la publication du roman.
Claude Lantier est le fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier (voir l'Assomoir, roman où l'on apprend qu'il a été amené à l'âge de huit ans à Plassans par un vieux monsieur séduit par la qualité de ses dessins). Il apparaît aussi dans le Ventre de Paris. Il est ici l'ami d'enfance de Sandoz, personnage dans lequel Zola a mis beaucoup de lui même. Avec Sandoz, une nouvelle forme de peinture, bien éloignée des canons néo classiques qui ont la faveur des expositions officielles. Si certains d'entre eux réussissent finalement à s'imposer, Lantier va pour sa part d'échec en échec, demeurant incompris du public et souvent de ses propres amis.





Une vision du dilemme de l'artiste, frappante de réaliste.

Emile Zola nous montre dans ce roman le malheur de l'artiste. En effet, un artiste qui est porté par une vision a une première difficulté : celle de la retranscrire. Pour celui, il lui faut une technique. Alors se produit une véritable chasse à la perfection. C'est un travail de longue haleine que l'auteur nous décrit avec Claude Lantier, un peintre qui s'exerce sans relâche et jusqu'à l'épuisement.

Mais l'aventure ne s'arrête pas là. Si l'artiste peint son tableau, il doit se faire reconnaître par ses pairs : ou il appartient à une école ou il en crée une. Dans le cas de Claude, c'est la création, ce qui veut dire que la critique envers lui sera beaucoup plus virulente car Claude fraie le chemin pour ses suiveurs. Et il prendra pour eux tous les coups.

Enfin, quand on peint, on doit vendre. La chasse aux mécènes est vraiment difficile et nous en avons là un tableau marquant et sans concession : entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent. Il n'y a pas de juste milieu et c'est aussi cette spéculation sur l'art qu'Emile Zola dénonce dans ce roman.


La recherche perpétuelle de la muse.

La muse, le sujet de la création, c'est ce qui pousse l'artiste, comme une drogue. Emile Zola nous parle sans arrête de l'oeil de Claude et il nous montre à quel point il voit les choses différemment. C'est ce qui isole l'artiste du monde réel et qui l'exclue de plus en plus : cette obsession, ce regard différent sur le monde.

La muse est ainsi une obsession constante qui harcèle Claude, remplace tout le monde, toute chose. La recherche du tableau parfait, c'est comme un poison qui ronge tout de l'intérieur. C'est une quête qui dévore toute une vie.

On pense en effet que d'être porté par une oeuvre est quelque chose de magique, car nous avons une vision idyllique de la vie d'un artiste. Emile Zola, lui, nous montre la vérité nue, brutale. Il la compare à une folie destructrice, il met en avant les doutes horribles que peuvent avoir les artistes face à leur travail.



L'environnement de l'artiste n'est pas non plus totalement exclu

Malheureusement, la passion de l'artiste ne touche pas uniquement que Claude mais aussi tous ses proches. Et l'histoire de sa femme et de son fils est vraiment horrible. En effet, Claude empêche son fils de grandir normalement jusqu'à le tuer. En effet, Emile Zola matérialise la passion de Claude dans une tumeur qui grossira dans la tête de l'enfant, jusqu'à le tuer. Et le pire, c'est que Claude ira jusqu'à peindre la mort de son fils et nous avons littéralement l'impression qu'il ne l'aime qu'au travers de son portrait.

Quant à sa femme, elle lui sert de modèle et Zola nous montre l'infidélité révoltante que Claude fait car il aime passionnément les images de sa femme, mais pas sa femme elle-même. Et, au pied du mur, devant choisir entre l'image et la réalité, il se suicidera, ne pouvant renoncer à l'image.



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