vendredi 6 décembre 2013

L'argent d'Emile Zola

Présentation de l'éditeur : Pénétrer la Bourse, cette " caverne mystérieuse et béante, où se passent des choses auxquelles personne ne comprend rien " : tel est l'un des buts que se donne Zola en écrivant L'Argent (1891).
Spéculation, fraude, liquidation, krach: l'épopée de la Banque universelle fondée par Saccard pourrait être l'histoire d'une grosse machine lente a s'ébranler puis formidable dans sa destruction, conduite par un poète du million qui la chauffe jusqu'à la faire éclater.
Mais ici, l'argent ne se résume pas à la folie du gain.
Du jeune Sigismond, disciple de Marx, à la princesse d'Orviedo, figure de la charité, le romancier esquisse une multitude de rapports à l'argent.
lit fait apparaître celui-ci, au bout du compte, comme une incroyable force de vie: "Je ne suis pas de ceux qui déblatèrent contre l'argent, écrivait Zola.
Je pars du principe que l'argent bien employé est profitable à l'humanité tout entière.




Ce tome est axé sur Aristide Saccard et sa descendance.

Aristide Saccard n'est pas un nouveau personnage dans la saga des Rougon Macquart. Je dirai même que c'est un habitué dont l'amour de l'argent guidera toute sa vie. Emile Zola le reprendra ici dans une de ses tentatives d'assouvir la soif de l'or et c'est en effet le personnage idéal pour traiter d'un tel sujet.

Nous retrouvons donc Aristide Saccard à un moment clé de sa vie. Il retrouve son fils, Maxime, avec qui les relations sont extrêmement particulières mais aussi avec son petit bâtard, Victor, fruit issu d'une relation hors mariage avec une servante. Nous avons donc là dans le tableau familial un enfant né en mariage, qui fut toujours manipulé par son père et un autre de la violence, issu quasiment d'un viol qui démètra l'épaule de la pauvre mère et la débauchera ensuite.

Saccard n'apprécie pas trop son fils aîné, Maxime. Tout d'abord parce qu'ils ont un passif assez lourd entre eux (pour le découvrir, je vous donne rendez vous dans la chronique de la Curée qui arrivera très bientôt). Mais ensuite parce que  Maxime ressemble en partie à sa mère (qui adorait Saccard) et donc est le plus à même de l'accepter comme il est : un homme manipulateur avide de sexe et d'argent. C'est comme cela qu'est Victor, il est un miroir de son père. Et quelques parts, c'est aussi pour cela que  son père ne va jamais le voir, car il est comme un miroir.


Le rapport à l'argent décrit sous toutes ses formes par Emile Zola.


C'est avec ce personnage merveilleusement complexe qu'Emile Zoola veut nous parler de l'argent. Et croyez moi, lorsque l'auteur décrit l'argent avec les yeux de Saccard, vous aurez là une description d'un érotisme extrêmement poussé. Avec Aristide Saccard, vous aurez l'argent de la spéculation, celui qui provoque de la fièvre, celui qui rend fou car vous ferez n'importe quoi pour en posséder plus, pour jouer avec mais vous ne serez jamais satisfait.

Vous aurez aussi le manque d'argent. Celui qui pousse une famille noble à se priver de tout pour sauvegarder une petite apparence. Cet argent là vous rendra malade, vous rongera de l'intérieur. Il vous fera perdre votre famille, vous enlèvera vos meubles et vos rêves.

C'est aussi celui qui brûle car il n'est pas gagné honnêtement. Celui là provoque mauvaise conscience et ne vous laissera pas une vie tranquille, vous isolant du monde, vous rendant malade et vous poussera à des actes frisant la folie.

L'argent, l'argent qui sépare les hommes. L'argent qui les détruit. L'argent qui pousse à la lutte des classes. On pourrait croire qu'Emile Zola à l'argent en horreur s'il n'y avait pas là dedans, dans ce récit, madame Caroline. Cette femme, en effet, a un rapport sain avec l'argent, ce qui fait qu'elle n'en gagne, ni n'en perd. Elle ne fait que poursuivre sa vie, dans ses rêves. Le message est là, simple et clair : l'argent n'apport que ce qu'il est, un moyen de subvenir à ses besoins. Gare à ceux qui le considèrent comme un besoin tout court

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