mardi 3 décembre 2013

Deuils de miel de Franck Thilliez






Présentation de l'éditeur : Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin... Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d'énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s'arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l'entraîner au plus profond de l'âme humaine : celle du tueur... et la sienne.







Franck Thilliez vous fera frissonner en plein milieu entomologiste

Franck Thilliez a l'art et la manière de trouver la petite bête qui vous fera trembler rien que d'y penser. Et si je vous disais que pendant 300 pages environs, vous naviguerez en plein milieu des insectes ? Pas les gentis apiculteurs ou autres. Non, je vais vous dire cela autrement. Je parle des bêbêtes qui empoisonnent, qui peuvent créer une épidémine, qui peuvent basculer le rapport de force de beaucoup de monde. C'est vrai. A quoi cela servirait une armée pour vous défendre si celle-ci peut tomber malade ?

L'horreur de ce roman n'est pas tant dans le résultat obtenu (et pourtant, on croise des cadavres plutôt escamotés) mais dans les moyens obtenus pour torturer et tuer une personne. Car pour détruire une personne, il vaut mieux la ronger de l'intérieur. Car si nous nous apercevons que notre corps n'est plus fiable, si nous nous apercevons qu'on peut nous détruire avec des armes invisibles, la bataille psychologique commencera. Sans confiance en nous, nous ne sommes plus rien.

C'est en cela que la magie de l'auteur opère. Il ne nous malmène pas physiquement, il ébranle notre conviction, joue avec notre esprit et nous pousse à devenir fragile le temps d'un roman. Sous sa plume, nous ne sommes que des êtres traqués et sans défense.


Mais il n'y aura pas que son lecteur qui sera malmené, mais aussi et surtout notre héros Franck Sharko.

Oui, pauvre consolation que nous avons là, car si l'auteur nous torture, nous savons qu'il fera bien pire à son héros. Et pourtant, Sharko ne mérite pas cela. Cet homme était un squale, un prédateur et pourtant il est au bord du gouffre. Car on lui a ôté sa famille, sa force pour affronter toutes ces horreurs. Sharko est sur la brèche, prêt à basculer lorsqu'on lui impose cette enquête.

Et paradoxalement, c'est en employant son raisonnement et sa rage dans la recherche du meurtrier qu'il arrive à faire le point sur lui-même et le bilan sera désastreux. C'est le déroulement de cette enquête qui poussera le commissaire à s'affronter lui-même. Arrivera-t-il à se révéler ? A redevenir ce qu'il était ? Ou les épreuves qu'il a subies sont telles qu'il se transformera en autre chose?

Car nous parlons d'insectes, de papillons. Il est donc logique que nous parlions de métamorphoses et de chrysalides.....


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