mercredi 4 décembre 2013

Chien du heaume de Justine Niogret



Tome 1

Présentation de l'éditeur : On l'appelle Chien du Heaume parce qu'elle n'a plus ni nom ni passé, juste une hache ornée de serpents à qui elle a confié sa vie. La quête de ses origines la mène sur les terres brumeuses du chevalier Sanglier, qui règne sans partage sur le castel de Broe. Elle y rencontre Regehir, le forgeron à la gueule barrée d'une croix, Iynge, le jeune guerrier à la voix douce, mais aussi des ennemis à la langue fourbe ou à l'épée traîtresse. Comme la Salamandre, cauchemar des hommes de guerre...
On l'appelle Chien du Heaume parce qu'à chaque bataille, c'est elle qu'on siffle.
Dans l'univers âpre et sans merci du haut Moyen Âge, loin de l'image idéalisée que l'on se fait de ces temps cruels, une femme se bat pour retrouver ce qu'elle a de plus cher, son passé et son identité.










Chien du Heaume nous plonge dans univers médiéval bien sombre.


Dès que j'ai lu le premier chapitre de Chien du Heaume, je me suis dit deux choses. La première, c'est que lorsque Justine Niogret prétend pratiquer la forge, c'est bien ce que l'on croit : c'est une passionnée du Moyen Age ! Et cela se sent tout d'abord dans la description des armes. Elle était en effet si précise et si passionnée que j'avais l'impression de me retrouver dans un musée, regardant lesdites armes, avec l'auteure me disant comment elle les avait faites. Mais le réalisme ne s'arrête pas là, il y a eu un réel travail pour nous donner des conditions de vie réelles, des expressions, des modes de vie. Ce qui fait qu'en moins de 300 pages, vous avez l'impression d'y être. Sachez-le, pour un week end médiéval, prenez Chien du heaume et un fauteuil et vous y êtes !

La seconde chose qui m'est apparue et j'espère que cela vous donnera une idée de ce que j'ai ressenti pour ce livre, c'est que Druss (un personnage récurent de David Gemmel) avait une petite soeur, et je l'avais sous mes yeus. Vous êtes ici dans un monde médiéval où la survie n'est pas un jeu. Il correspond à la période dite sombre, où chaque fief avait son chef et où l'autorité d'un roi était à peine connue. La guerre entre seigneurs était monnaie courante et les chevaliers ou combattants avaient de vrais poils en dessous des bras, des muscles faits à force de manier de lourdes épées et où les bains étaient franchement une option. C'est dans cet univers là qu'évolue Chien du Heaume.


D'apparence barbare, sa quête nous montrera une femme infiniment plus complexe.

Mais qui est elle ? Fille d'un seigneur à la robe finement brodée (comme dans Rebelle vous dirait ma fille?)? Que nenni. C'est une bâtarde d'un mercenaire totalement timbré, dont tout le monde a peur et qui manie la hache de guerre. C'est avec ça qu'elle a dû survivre et c'est avec la hache de son père que Chien du Heaume part à la recherche de son nom.

Car sans nom, il n'y a pas de geste héroïque, il n'y a pas d'histoires racontées par les ménestrels pour cette femme qui gagne sa croûte en fracassant des crânes. C'est cette quête qui l'anime tout du long et qui l'amènera à rencontrer des hommes qui seront tout pour elle.

Car cette ourse va être apprivoisée. Elle trouvera des amis pour qui le fait de se battre aura tout son sens. Pour eux, elle voudra trouver son identité , mieux se connaître pour être le compagnon en qui ils pourront faire confiance. Elle veut être un appui solide car sous cette carapace de fer, il y a le cœur fidèle et tendre d'une jeune femme qui apprend le sens du mot famille. Dans cette histoire, vous verrez un animal sauvage apprenant à être apprivoisé lentement, ce qui lui apportera son lot de joies mais aussi de souffrances.




Tome 2 : Mordre le bouclier




Présentation de l'éditeur : Castel de Broe, six mois ont passé depuis la mort de Noalle et Chien du heaume, anéantie par la perte de ses doigts, s’abîme dans la contemplation de sa griffe de fer, cadeau de Regehir le forgeron. Bréhyr entend lui redonner vie et l’entraîne sur les routes à la recherche du dernier homme qu’elle doit tuer : Herôon. Parti en Terre sainte, celui-ci reviendra par le Tor, une tour mythique où le monde des vivants s’ouvre à celui des morts. Les deux guerrières remontent alors le sillage de sang, de larmes et de pourriture des croisades, arpentant côte à côte la voie de la folie et de la vengeance. Dans ce calvaire, Chien rencontrera Saint Roses, chevalier à la beauté d’icône, au savoir de maestre et dont la foi s’est érodée au pied des hautes murailles de Jérusalem. Une faible lueur qui annonce peut-être un espoir de rédemption.





Justine Niogret a écrit la suite de Chien du Heaume à même ma peau.

Il faut dire qu'avec Yumiko (dont voici la chronique d'ailleurs), on avait précédé cette lecture par un autre livre franchement nul. Qui nous avait énervé, qu'on n'avait rien compris bref. Il nous fallait une valeur sûre. Je l'avais conseillée sur Chien du Heaume, le premier tome. Mordre le bouclier était là, il nous attendait et c'était pile poil le bon moment pour repartir à la recherche du nom de Chien. Nous étions en manque de bon style, en manque d'une bonne histoire, en manque de coup de cour commun. Heureusement pour nous, pauvres lectrices abandonnées, Justine Niogret existe et elle a écrit ce petit bijou de suite auquel, j'avoue, je ne m'attendais pas.

En effet, nous laissions Chien en grand deuil mais surtout atrocement mutilée. Elle ne peut plus utiliser sa hache, des doigts de sa dextre étant manquant et surtout nous la retrouvons anéantie face à la mort de l'homme qu'elle aimait. Ses compagnons la prennent un peu avec des pincettes et la laissent se remettre petit à petit. Mais c'était sans compter Bréhyr qui nous fait la surprise de débarquer et de tenter d'apprivoiser Chien au travers d'un long voyage.


Chien va découvrir que son nom ne correspond peut être pas à sa nature profonde.

Chien du Heaume et Bréhyr vont donc partir en voyage initiatique (oui n'ayons pas peur de le dire) afin de découvrir où habite la mère de Chien et surtout pour découvrir quel est le nom de la femme. Chien va aussi réapprendre à utiliser sa main à l'aide d'une prothèse inventée par Brehyr. Ce sont deux femmes mutilée physiquement et mentalement et elle vont apprendre à se soigner en se racontant mutuellement leurs histoires.

Ce mode de récit est donc certes pas très fourni en action. Mais on prend un réel plaisir à les accompagner dans ce voyage, à écumer les tavernes et les feu de camp avec à chaque fois une petite découverte sur chacun de nos personnages qui pourront ainsi faire le point mais aussi dépasser leurs passés respectifs.

Un très beau final que je n'imaginais pas autrement mais qui m'a surprise en même temps. Un réel plaisir dans chaque ligne. Justine Niogret nous a développé ici un style magnifique. Je me suis vraiment attachée à Bréhyr et à Chien.


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