jeudi 28 novembre 2013

Nana d'Emile Zola






Présentation de l'éditeur :Zola brûlait d'écrire Nana. "Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes "filles de joie". En fait de joie, l'actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir. Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris du Second Empire, le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola. Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart, Nana est le plus enivrant d'érotisme et de passion déchaînée.





Nana, une héroïne intemporelle.

A chaque fois que je lis Nana, mes yeux se posent sur ma télévision. Souvenez-vous des stars de la téléréalité, souvenez-vous de leur parcours, de leur ascension, de leur chute.... Et revenez sur Nana. Vous regarderez cette étoile filante d'un oeil beaucoup plus indulgent, beaucoup plus compréhensif, beaucoup plus attendri....

En effet, Nana est une fille du peuple, issue d'une famille ouvrière décadente. Elle est fille-mère aussi, donc en aucun cas elle obtient un rôle dans une pièce de théâtre alors qu'elle ne sait ni jouer, ni chanter et ni danser. Nana a bien plus que cela : elle a un physique, elle a une "gueule". Et avec son bagou, sa volonté de réussir, elle fera un coup d'éclat.

Mais pour arriver à tout cela, elle utilisera la seule arme qu'elle possède : son corps. Et là, si vous en avez le temps et la patience, regardez les descriptions que Zola fait de Nana. Elle sera tantôt une icône, quasi intouchable, une image d'elle-même se vautrant dans le luxe avec plus de grandeur qu'elle ne possède. Elle sera tantôt une femme, aimée ou non, qui a des exigeances et des caprices. Elle sera tantôt une amie qui tentera d'aider ses proches et sa famille. Elle sera tantôt une putain, réellement trainée dans la boue, vendant son corps et osn nom, montrée du doigt mais adorée. Enfin, elle sera tantôt une enfant qui cherche l'amour mais qui ne trouve pas l'homme qui la comblera.

Que vous l'aimiez ou que vous la détestiez, soyez sûrs d'une chose, Nana ne vous laissera pas indifférent. Car elle n'a pas de faux semblant, elle montre la vérité. Elle ne cache presque rien, à part parfois elle même pour se protéger.


Au travers de son héroïne, une critique d'une société décadente.


Nana, un des personnages les plus complexes de Zola, nous sert de projecteur pour nous dénoncer une société du Second Empire décadente. En effet, nous ne sommes plus dans une société où les bourgeois aiment la valeur du travail. Nous sommes dans une société où les gens spéculent, jouent leur argent, dépensent ce qu'ils n'ont pas à crédit, mettant tout un pan de la société dans une spirale spéculative.

Nous sommes aussi dans une société où la morale n'a plus de prise. Rumeurs, prostitution, escroquerie, homosexualité (on ne frappe pas, je ne parle que du point de vue de l'auteur) prennent leur essor dans une vague de luxe, de sexe et de débauche. Dnas cette spirale, Emile Zola montre du doigt ces notables qui favorisent et entretiennent des personnages comme Nana, leur donnant tout et leur reprenoant tout du jour au lendemain, laissant ces pions totalement démunis.

Comme vous pouvez vous en douter, puisque nous sommes dans un volet des Rougon Macquart, ce sera une triste fin. Ce sera une histoire qui se gravera au fer rouge, qui vous marquera à vif. Aimez Nana. Pas parce qu'elle le mérite et qu'elle vous le rendra, mais juste parce qu'elle en a besoin.


Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013

1 commentaire: