mardi 24 septembre 2013

Le Montespan de Jean Teulé




Présentation de l'éditeur : Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan... Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme...





Une vision différente du Roi Soleil

Le charme de Jean Teulé, c'est avant tout de nous donner un autre point de vue de l'histoire. C'est une vision d'un des couples les plus célèbres et les plus mythiques de France - Louis XIV et Mme de Montespan - non pas de ce tourbillon de passion et d'esprit mais du point de vue du mari cocufié  : Le Marquis de Montespan. Point de vue original, vous allez me dire, mais point de vue qui prête au rire car si la marquise était réputée pour sa finesse d'esprit, le marquis lui était réputé pour son ironie et son amour démesuré pour sa femme.

N'acceptant pas la liaison de celle-ci, nous ne verrons pas la  vision glorieuse d'Athénaïs comme vous pourriez le voir dans l'Allée du roi par exemple, mais une vision plus sombre de Louis Henri de Montespan. Vous y verrez une cour cruelle, sarcastique à l'extrême, qui n'hésite pas à poignarder ce qui n'ont plus la faveur du Roi.


Vous verrez aussi une vision un peu plus réaliste de la France sous Louis XIV : des nobles qui n'ont pas le droit de travailler, qui doivent pour gagner de l'argent chercher à s'illustrer sur le champs de bataille, des nobles qui s'ennuient et qui s'endettent dans des jeux d'argent. Des campagnes qui meurent de faim, faute de récolte et faute de ne pouvoir chasser sur les terres seigneuriales. Une ambiance décadente à l'extrême auprès du Roi.


Un mari qui, malgré les défauts de celle-ci, attendra sa femme pendant plus de 20 ans.

Nous avions déjà des visions fort peu plaisantes de la Marquise de Montespan, mais ici, on tient le pompom ! On y voit une jeune fille complètement insouciante, avide de pulsions sexuelles, d'argent et de pouvoir. C'est une mauvaise mère car elle n'en a pas l’instinct et surtout c'est une mauvaise femme qui torturera son mari jusqu'à la fin.

Nous verrons ici une autre histoire des Montespan, remplie de rancœur, de méchancetés, de bassesses, de piques, de tristesse. mais le Monstespan, sous ses coups de sang, a un cœur immense et noble, un humour tantôt gras, tantôt fin, un culot démesuré et un amour inconditionnel. Il est vide de l'absence de sa gemme et ses enfants aussi : sa fille se laissera littéralement mourir de désespoir et son fils sera intriguant comme sa mère.

En bref, comme d'habitude, Jean Teulé ne m'a pas déçu et m'a fait explorer un bout d'histoire dans le rire, dans l'anachronisme parfois, mais avec des anecdotes toujours aussi croustillantes et surprenantes.


Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013

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