mercredi 28 août 2013

Les aventuriers de la Mer de Robin Hobb



Tome 1 : Le Vaisseau Magique





Présentation de l'éditeur : Les vivenefs sont des vaisseaux magiques attachés par des liens empathiques à la famille qui les possède. Ces navires insaisissables bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates... et font l'objet de toutes les convoitises. Le capitaine de la Vivacia, Ephron Vestrit, se meure. Parmi les siens, chacun ourdit complot et trahison pour s'approprier son vaisseau, car une vivenef ne se transmet pas comme un legs ordinaire. Pendant ce temps, d'autres dangers se profiles à l'horizon : les serpents de mer qui infestent les océanes se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien.







La Particularité de Robin Hobb : les personnages

Le personnage principal est Althea, fille d'Ephron Vestrit. Elle apparaît tout d'abord comme une enfant gâtée, voire trop sûre d'elle même. C'est l'héritière logique de la vivenef, ayant déjà un lien très fort avec le navire et surtout vivant quasiment dessus depuis qu'elle est toute petite. Elle a énormément de cœur : c'est une jeune femme passionnée. Malheureusement, elle est beaucoup trop naïve et impulsive. Aussi, dans le jeu des intrigues, on remarque qu'elle perd très facilement, ne gardant pas son calme aux moments appropriés et faisant des bourdes plus grosses qu'elle même au pires moments, tellement elle fonce tête baissée. Ce sont des erreurs de jeunesse et ce petit défaut va se corriger, je pense, au fur et à mesure des gamelles qu'elle va se prendre.

En rival, il y a Kyle, son beau-frère. C'est grossomodo le pourri du lot. Il est ambitieux, connaît lui le jeu des intrigues et parvient toujours à ses fins. Tout d'abord, il épouse Keffria pour devenir capitaine du navire. Ensuite, il déprécie Althéa pour prendre l'héritage de la vivenef, n'hésitant pas à manipuler ses enfants pour y arriver.

En ce qui concerne Keffria, c'est l'épouse soumise qui préfère de loin se soumettre à son mari plutôt que de défendre sa soeur. Elle écoute Kyle beaucoup trop facilement et risque de se rendre compte qu'elle n'est qu'un jouet et surtout qu'elle se fait déposséder de tous ses pouvoirs de femme Marchande.

Hiémain, son fils, est le type même du jeune innocent. C'est un jeune garçon malingre, destiné à devenir prêtre, sous décision de sa mère. Mais Kyle va revenir dessus pour installer son fils sur la vivenef, le manipuler et tout faire pour détruire toute personnalité en lui.

Enfin, il y a un pirate, un peu filou, ingénieux, chanceux qui ambitionne de devenir roi. Mais pour cela, il lui faut une vivenef.... Ce personnage me fait penser à Jack Sparrow, si vous désirez avoir une représentation exacte de ce monsieur. Et pour le moment, il bénéficie de mon indulgence de midinette accro à la piraterie


Mais Robin Hobb, c'est aussi les intrigues.

Comme je vous le disais un peu plus haut, Kyle épouse Keffria pour s'approprier la vivenef de la famille. Il fournit un travail considérable pour casser Althéa, et n'y arrivant pas, il la dénigre et la décrédibilise pour arriver à la déposséder de l'héritage. De ce fait, il obtient le navire mais détruit toute une union familiale.

Quant à notre pirate, il va sur une île rencontrer de vilaines bêtes qui peuvent vous dévoiler l'avenir, et ce pour se faire confirmer qu'il deviendra roi des pirates. Mais je ne suis pas sûre qu'il y arrivera aussi facilement. Il lui faudra capturer une vivenef, ce qui ne paraît pas si facile.


Au milieu de tout cela, les vivenefs.

Nous en connaissons deux ici. Tout d'abord, il y a la Vivacia. Elle ressemble un peu à une jeune femme sur la proue du bâteau et commence son éveil à la mort d'Ephron. Elle a en elle le savoir de 3 générations de cette famille marchande. Il est très difficile de la contrôler car sa personnalité n'est pas encore formée. Or, à cause de ce fameux Kyle, son environnement est tout sauf stable. Aussi, l'enjeu est énorme dans les réactions de la Vivacia. Surtout que...

Surtout que l'on connaît l'histoire de Parangon, une vivenef un peu plus âgée qui est devenue complètement folle et aveugle à cause du comportement de sa famille. Elle en a tué plusieurs équipages et pourtant, lorsque nous nous approchons de lu, on a l'impression de rencontrer un enfant battu, ce qui nous pousse à s'inquiéter non seulement pour l'avenir de Parangon, destiné à rester échoué sur une plage mais aussi pour la Vivacia qui en prend le chemin.


En bref, un tome haletant, qui vous fait comprendre que vous pouvez vous inquiéter pour un gros bout de bois, bois sorcier, certes, mais bois tout de même ! C'est encore un nouveau monde magique que nous offre l'auteur, sous fond de vieilles histoires de marins et de pirates, de monstres des mers et de nouvelles légendes.


Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Fantasy 2013

Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie


En enfin dans le cadre du Challenge Saga en folie organisé par Galleane





Tome 2 : le navire aux esclaves




Présentation de l'éditeur : Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l'utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiemain À travailler à bord de l'embarcation et à abandonner l'apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-soeur Althéa, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir, Elle doit prouver à Kyle qu'elle est un véritable marin pour récupérer Vivacia...







Quand Althéa nous montre ce qu'obstination veut dire 

Althéa est le personnage qui surprend, le personnage attachant et surtout le personnage qui est le plus têtu. En effet, non contente d'être dépossédée de la vivenef, elle quitte la maison familiale sans un sou, en plein milieu d'un enterrement et va se faire engager sous le nom d'un homme comme mousse dans un navire pêcheur car elle a réussi à soutirer à Kyle que si elle est reconnue comme bon marin, il lui laisse la Vivacia.

Il est sûr que lorsqu'Althéa a un but, elle ne recule devant rien. Elle apprend son métier à la dure cette fois, ce qui lui enlèvera sa carapace d'héritière. Elle comprend quelques unes de ses erreurs. Certes, elle reste dans son coin mais prend sur elle d'avertir sa mère pour l'état fragile de la Vivacia, elle va sympathiser avec Parangon, apportant à celui ci un petit réconfort. Elle ne devient pas encore forcément adulte dans ce tome mais commence à comprendre beaucoup de choses, à se critiquer elle même et surtout à se rendre compte qu'elle peut être douée sur un navire qui n'est pas fait de bois sorcier


Quand Hiémain et Vivacia se cherchent.

Hiémain, ce jeune homme qui se fait littéralement capturer et séquestrer par son père sur le navire se voit dans une situation réellement difficile. En effet, il est attaché par magie à la Vivacia, mais à cause d'elle, il se voit privé de sa vocation : la prêtrise. C'est réellement une relation très compliqué car ce sont comme deux orphelins condamnés à ne pas s'aimer, et je me demande si quelque part, ce n'est pas aussi ce que son père veut.

L'affrontement entre le père et le fils se fait attendre, mais je pense qu'il le faudra encore. En effet, Hiémain a un regard neuf, et je dirai même théorique sur le monde. Il ne voit que la beauté des choses et ne sait pas encore qu'il y a des hommes bons, mais surtout des hommes méchants. Malheureusement pour nous, il s'en rend compte petit à petit et c'est Vivacia qui, à travers lui, se rend compte de tout ceci.

C'est un point extrêmement sensible de ce récit car il faut se rendre compte que la vivenef est comme un enfant avec un très grand savoir. Aussi, imaginez l'impact sur une psyché d'enfant le fait de se rendre compte très tôt qu'elle ne peut pas faire confiance à grand monde, que les personnes qu'elle aime ne veulent pas forcément d'elle et surtout elle apprend ce que va être la torture. Ce navire va emmagasiner beaucoup de choses dures et négatives dans ce volet


C'est Kyle qui montre sa nuisance.


Je vous l'avez dit que c'était le pourri du lot. Monsieur Kyle décide de grandes choses pour la rentabilité. Son but est clair : amasser de l'argent. Pour ce faire, il va utiliser la vivenef pour quelque chose qui est considéré comme très dangereux pour ces bateaux : le transport d'esclaves. Et pour nous faire rendre compte de la monstruausité de la chose, Robin Hobb nous donne en parallèle les récits des captures des navires aux esclaves (avec les descriptions adorables dont elle a le secret) par notre Jack Sparrow.

Mais Kyle ne s'arrête pas là. Vous savez qu'il laisse une famille derrière lui (hormis son fils). Pour s'assurer de la soumission de sa femme, il pousse sa fille Malta contre elle, préférant l'orienter vers une position très délicate pour sa réputation, sûrement pour convaincre tout le monde que Keffria ne sait pas s'occuper de son foyer (et prendre les rênes de la maison). Il brise son fils pour avoir du pouvoir sur le navire et continue son travail de dénigrement sur Althéa.


En bref, ce n'est pas un tome de transition, c'est un tome d'approfondissement des personnages, avec des enjeux supplémentaires, des toiles d'araignée dans le jeu des intrigues supplémentaires. Nul doute que Robin Hobb est en forme lorsqu'elle écrit ses sagas car nous nous perdons constamment dans les relations entre ces personnages plus complexes les uns que les autres


Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie

Mais aussi dans le cadre du Challenge Saga en folie organisé par Galléane




Tome 3 : La Conquête de la liberté



Présentation de l'éditeur : Perdu à Jamaillia, Hiemain s'apprête à affronter son destin. Dans sa fuite, l'apprenti prêtre va retrouver Vivacia pour subir avec elle les événements les plus douloureux de leurs jeunes existences. Son père, le capitaine Kyle, de plus en plus violent et humiliant, leste la vivenef d'esclaves, attirant les serpents de mer.
Quant à Malta, elle entre progressivement en conflit avec ses aïeules et leur procure bien des tourments. Les Vestrit se déchirent de l'intérieur...
Pendant ce temps, Kennit le pirate, affaibli et mutilé à l'issue d'un terrible abordage, sent la chance le quitter. Posséder une vivenef devient pour lui une priorité, un impératif audacieux mais quasi suicidaire...








Chaque personnage se sent en cage en ce moment, dans la saga

Souvenez-vous, nous quittions Hiemain qui quittait, lui, la Vivacia. Hiemain est sans doute le personnage le plus énervant des Aventuriers de la Mer, telle il est complexe et prometteur à la fois. Reprenons-le, voulez vous ? C'était un apprenti prêtre de Sâ, apprenti très doué. C'était un gamin habitué à être seul, a être éloigné de sa famille et de la vie en général car on ne le développe que du côté spirituel. Une fois arrivé chez son père, il découvre les malheurs physiques, la séquestration et le fait de devoir toujours tout partager avec un bateau. C'est un objet, un instrument au mieux. Quelque part, Hiemain nous énerve par sa passivité et une voix mauvaise nous dit qu'il faut qu'il se secoue. Et pire, lorsqu'enfin il se décide à faire un semblant d'action - il fuit - nous n'avons qu'une envie, c'est de le huer car il laisse la Vivacia toute seule.

Althéa est plutôt le contraire. Elle est constamment dans l'action, au risque de s'y perdre de ne pas avoir de recul. Mais au moins, elle apprend constamment de ses erreurs, elle avance même en tâtonnant. Ne pouvant naviguer sur sa vivenef, Kyle faisant douter de sa compétence, elle quitte tout pour prouver le contraire.

Mais ces deux personnages emprisonnent à leur manière les Vestrit par leur comportement égoïste. A cause de Hiemain, Kyle n'a aucune limite et se permet de devenir cruel, de se sentir tout puissant. Il apprend ces sensations à Malta qui va faire tourner littéralement bourrique Ronica et Keffria, détruisant la réputation des Vestrit de tous côtés pour s'emparer de la Vivacia. Althéa, en partant, laisse Ronica plus seule que jamais, sans appui fort et pousse Keffria à se soumettre encore plus à son mari.

Enfin, Kennit est prisonnier de son corps, mutilé par un serpent de mer. Sans vivenef, il se sent rongé, inutile, malchanceux. Sans vivenef, son rêve ne se réalisera pas, il ne se sentira pas complet et mourra.



Mais la liberté a un prix.

Malta, en se libérant de la volonté de sa mère et de sa grand-mère, risque au mieux un mariage (qui la transformera en paria et la défigurera mais bon), au pire, de perdre sa réputation, entraînant sa famille avec elle. Cette gamine a le don de m'exaspérer depuis le tout début et je n'ai qu'une envie, c'est qu'elle s'éjecte toute seule du récit tant elle joue avec des puissances qui la dépassent, au risque de tout détruire. C'est une véritable pourriture, qui apprend vite.

Hiemain, en ayant une pseudo liberté, se perd lui-même. On lui ôte son identité en le faisant esclave de la Vivacia. Et s'il se rebelle, c'est que la vivenef lui suggère fortement. Vivacia ne supporte plus qu'on l'abandonne, qu'on souffre. Elle veut se détacher des Vestrit et devenir son propre maître.

Ainsi, ce tome est rempli d'actions, mais apportera le chaos car personne ne reviendra indemne de ces batailles. Cela changera les personnages à jamais, me laissant totalement pantoise au niveau de l'intrigue. Je ne sais toujours pas où Robin Hobb veut nous emmener.


Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie

Mais aussi dans le challenge Saga en folie organisé par Galleane.



Tome 4 : Brumes et tempêtes





Présentation de l'éditeur : Quelle ironie ! Alors qu'Althéa prend enfin le chemin du retour, après une année d'absence, la famille Vestrit, à l'image de Terrilville, est plus menacée et divisée que jamais. Ignorant tout des dangers qui pèsent sur elle, la jeune femme espère que Kyle Havre tiendra sa promesse et lui rendra sa vivenef Vivacia, dont elle n'aurait jamais dû être dépouillée. Mais le destin a plus d'un tour dans son sac... Kyle ne possède plus la Vivacia, qui a été arraisonnée par le terrible pirate Kennit. Sa vie et celle de son fils Hiémain ne tiennent maintenant plus qu'à un fil, car le jeune homme doit amputer la jambe gangrenée de Kennit : si le pirate venait à mourir, Kyle et Hiémain passeraient immédiatement de vie à trépas !







Nos protagonistes sont dans le brouillard

La rupture entre Kyle et Hiemain va être définitive. Kyle est brisé car on l'a destitué de son titre de capitaine. Il sait qu'il est déchu mais j'ai l'impression qu'il ne comprend pas pourquoi. Le grand malheur de Kyle est qu'il fait des erreurs mais n'assume jamais la responsabilité de ses actes. En cela, Hiemain lui ressemble : il n'assume pas non plus ses décisions et je crois que c'est ce que Vivacia n'apprécie pas non plus chez lui. Peut être est-ce pour cela qu'elle se rapproche progressivement de Kennit.

Vivacia est dans le brouillard, elle aussi. Elle est attachée à Hiemain par le sang et la magie et pourtant, il l'a déjà abandonnée une fois. Et il y a ce trait de caractère que la vivenef n'aime pas. Elle va donc, comme une adolescente qui devient adulte, prendre du recul et s'émanciper vers un amant : Kennit.

Maintenant, parlons un peu d'Althéa. Cette jeune femme se fait courtiser par un fils de marchand. Mais quoiqu'elle fasse, elle pense toujours à Brashen alors qu'elle dit qu'elle n'est pas amoureuse de lui. Or, il n'est pas un bon parti. Elle ne sait pas ce qu'elle veut : une vie de famille de passion et sur l'eau. 

Enfin, Malta, elle, doit choisir entre un fils de Marchand et un fils d'un  membre du Désert de pluie. L'un est beau, l'autre est riche, inconnu, plein de mystère et d'exotisme. Cette jeune femme cherche ses limites et surtout à les dépasser. Reyn va-t-il lui offrir ce dont elle a besoin? 


Quant à la tempête, elle s'annonce

Kennit bouillonne car il se sent diminué mais il ne veut pas qu'on le considère comme tel. Il veut la Vivacia mais pour cela il doit passer par Hiemain. Mais comment cerner ce gamin qui a l'air aussi indécis ? Il va se heurter à l'équivalent d'un banc de sables mouvants. Cette association risque d'être explosive.

Althéa, quant à elle, va se heurter à Ronica et Keffria. La tension est sourde entre les deux soeurs : l'une veut être libre et l'autre veut être reconnue. Les deux soeurs se respectent, certes, mais leurs aspirations, leurs jalousies risquent d'être telles que la confrontation risque d'être inévitable

Enfin, Malta veut être une femme, une princesse même, et considère que les autres femmes de la famille sont contre elles. Elle ne comprend pas que les autres ne veulent que son bien. Elle les contre et cherche à se débrouiller toute seule.

En bref, c'est un véritable bouillon de culture qui se mélange, qui devient explosif. Je ne sais pas ce qui va découler de tout cela, mais cet ensemble est toujours instable

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013

Mais aussi dans le cadre du challenge Sagas en folie




Tome 5 : Prisons d'eau et de bois




Présentation de l'éditeur : Avec l'arrivée imminente du gouverneur Cosgo à Terrilville, Jamaillia exerce sur les Marchands une pression de plus en plus forte. Augmentation des taxes et menaces à peine voilées divisent les grandes familles de Terrilville entre celles qui s'opposent à ce protectorat étouffant, et celles qui comptent bien profiter de cette nouvelle donne. Les Vestrit se rangent sans hésitation du côté des premières, mais leur situation reste précaire. Tandis que Ronica et Keffria se battent pour éviter la honte de la ruine, Brashen leur apprend à contrecoeur la capture de Kyle et de la Vivacia par les pirates. Mais Althéa refuse de baisser les bras : avec l'aide d'Ambre et de Brashen naît un plan audacieux, qui implique la vivenef maudite échouée, Parangon.







A situation désespérée, mesures déséspérées

Souvenez-vous, dans le tome précedent, les personnages étaient dans une situation telle qu'on avait atteint un point de non retour. Face à l'enlèvement de la Vivacia par Kennit le pirate, les Vestrit vont voir l'assembler des Marchands pour solliciter de l'aide. On s'attend bien entendu à ce que cette vieille communauté répondre affirmativmeent mais non car il y a un conflit explosif entre le camps des Anciens qui ont les Vivenefs et les Nouveaux qui ne les ont pas.

Ecoeurés par tant d'égoïsme, la famille Vestrit, au bord de la ruine totale, Ambre, une étrangère, et Brashen vont récupérer le Parangon, une vivenef devenue folle, pour poursuivre la Vivacia. Et chose encore plus incroyable, la famille de Parangon accepte de le vendre

Kennit, quant à lui, pour conquérir la Vivacia, va écarter Kyle afin de pouvoir étendre son empire sur Hiémain. Bien entendu, ce n'est qu'une étape car dans l'esprit du pirate, Hiémain ne foit plus se dresser entre lui et la vivenef. Il veut le navire pour lui tout seul.



Les Vivenefs vivent aussi d'intenses changements.

Vivacia s'émancipe de plus en plus. Elle veut se détacher de Hiémain en qui elle n'a pas confiance et surtout dont elle sait que l'union entre eux n'est que forcée, la véritable personne étant liée à elle était Althéa, et Kyle l'a forcée à quitter le vaisseau. Se sentant abandonnée par sa famille, même si cela n'était pas vraiment le cas, elle va se tourner vers Kennit pour hurler son besoin de liberté

Parangon, lui, va devoir faire face à la vente de sa personne. C'est officiel, sa famille le rejette, le renie. Il comprend qu'il y a Ambre et Brashen pour le soutenir. Il va devoir prendre sur lui de combler le vide laissé par sa famille et s'en constituer une autre, chose qui n'a jamais été faite chez les vivenefs.

On ne peut s'empêcher de faire le parallèle entre Vivacia et Parangon. Ces deux vivenefs sont totalement révolutionnnaires car elles se libèrent de l'emprise de leur famille. D'outils magiques, elles vont devenir réellement des personnages à part entière. D'où, pour nous , une autre question qui nous revient : le bois sorcier qui construit les vivenefs, on sait qu'il vient de la cité des Anciens d'où viennent les dragons, engendre-t-il des créatures ou les vivenefs sont elles des prolongations des âmes des dragons ?

Je vous l'avoue, cette question me bouffe littéralement, me triture les tripes et me pousse à lire de plus en plus vite cette saga. Et je ne suis pas la seule d'ailleurs :p


Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013 

Mais aussi dans le cadre du Challenge Saga en folie


Tome 6 : L'éveil des eaux dormantes


Présentation de l'éditeur : Une vivenef maudite et aveugle ; un équipage composé de coupe-jarrets ; un ennemi armé jusqu'aux dents. C'est dans ces conditions pour le moins précaires qu'Ambre, Althéa et Brashen embarquent sur le Parangon enfin remis à flots. Le temps presse car la Vivacia doit être arrachée des mains du pirate Kennit avant que celui-ci ne se soit définitivement attaché l'âme de la vivenef. La situation n'est guère plus reluisante pour les membres de la famille Vestrit restés à Terrilville. Malta s'efforce de faire bonne figure au bal de l'Été, mais le dragon du Désert des Pluies accapare ses pensées. Et si elle avait un rôle à jouer dans les plans de cet être millénaire ? Petit à petit, le lien qui unit vivenefs et dragons se retisse... mais dans quel but ?
Les personnages font un véritable bon en avant !

S'il y'a quelque chose qui, dans ce tome, surprend, c'est bien le bouleversement de la psychologie des personnages, provoquant ainsi une véritable révolution dans le récit, Robin Hobb nous amenant exactement où elle voulait mais d'une manière à chaque fois différente, et je dois dire que je me régale. Alors, faisons un tour de l'assistance.

Brashen a hérité du commandemande du Parangon ce qui fera le plus grand bien à nos deux sales gosses. Brashen se transforme petit à petit en véritable père pour le vaisseau et se dispute souvent avec Ambre qui fait office de mère pour le moment.

Althéa a un poste à responsabilités et doit se faire respecter à tous prix d'un équipage hostile. Là où Hiémain avait échoué, elle réussira haut la main. Elle devient par là adulte et soutien de la famille et non plus un électron libre.

Keffria réagit enfin en situation de crise et sans l'aide de sa mère. Elle va montrer ce qu'est une Marchande et une mère de famille.

Quant à Malta, enfin je l'aime, enfin c'est une Vestrit ! En effet, elle se rend compte à quel point elle peut être manipulée par les hommes et par les évènements, mais aussi, en tombant amoureuse de Reyn, elle se rend compte qu'on peut prendre en compte sérieusement son avis, à l'instar de son père. Ce n'est plus une petite fille qui apprend à convoiter le pouvoir. C'est une jeune femme quis e rend compte qu'elle en a et qui est respecté. Elle se rend compte que les hommes ne sont pas comme son père (et ça fait du bien).

Enfin, Hiémain agit et choisit un camp. Il choisit de faire quelque chose de juste au risque de sa vie et mérite enfin Vivacia, même si je pense que c'est trop tard.


De Parangon à Vivacia et de Vivacia à Parangon.

Nous ne savons pas grand chose de Vivacia, ici, saug que son attachement pour Kennit est de plus en plus grand, qu'elle a des souvenirs qui viennent de lui désormais. Elle saura peut être pourquoi les serpents la suivent, du moins aura-t-elle un bout de piste mais ce n'est pas encore très folichon.

Quant à Parangon, le pauvre, est en train de vivre toutes ses peurs. Mais, oscillant entre raison et folie, il s'accroche à ces personnes qui l'aiment comme il est pour affronter tout cela de nouveau. Il va sûrement enfin de débarrasser de ses craintes et nous sommes prêts maintenant à savoir ce qui l'a rendu fou.


Pendant ce temps, Terrilville brûle

Une certaine Révolution s'empare de Terrilbille lors du Bal de présentaiton des jeunes filles où est présent le Gouverneur. En effet, un complot vise à l'éliminer et à rendre Terrilville responsable. Mais au delà, ce sera les Nouveaux Marchands qui vont tenter de prendre le pouvoir contre les Anciens Marchands.

Face à cette situation explosive, deux enjeux. Tout d'abord, les Anciens Marchands vont-ils se battre pour conserver leurs privilèges, gagnés au prix d'énormes sacrifices. Ensuite, quel rôle va tenir les Marchands du Désert de Pluie dans tout cela, leur intérêt n'étant pas que Terrilville reste indépendante et aux mains des Anciens Marchands?

En bref, un tome bouillonnant et qui marque un nouveau tournant cette saga. Au milieu de cet embriolo, la famille Vestrit qui semble encore une fois au coeur de la tourmente.


Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge New Pal 2013
Mais aussi dans le cadre du Challenge Saga en Folie



Tome 7 : Le seigneur des trois règnes






Présentation de l'éditeurUne fois encore, les femmes de la famille Vestrit sont au coeur de toutes les polémiques : Ronica, la matriarche, se dresse seule face à ceux qui accusent les siens d'être à l'origine du chaos régnant à Terrilville ; sa fille, Althea, toujours à bord du Parangon, traque la Vivacia, la vivenef familiale devenue le vaisseau amiral de la flotte pirate de l'impitoyable Kennitt ; et sa petite-fille, Malta, a disparu dans le tremblement de terre qui a détruit la cité des Anciens, sur les rives du fleuve du Désert des Pluies. Mais le fiancé et le frère de cette dernière, piégés alors même qu'ils s'étaient lancé à sa recherche, pourraient bien bénéficier d'un petit coup de pouce inattendu...






Un tome qui ne vous laissera pas une seule seconde de répit.

Une chose est certaine, c'est que de la première à la dernière page, tout est allé à 100 à l'heure. Pas une seule seconde de répit n'est accordé au lecteur car c'est le tome o* tout bouge et surtout c'est le tome où tout se révèle.

Vous voulez savoir si vos trois femmes préférées vont survivre ? Que sont les vivenefs, les serpents de mer et les dragons ? Si Kennit va toujours protéger Hiémain en oubliant ses intérêts ? Si Terrilville va survivre en dépit de la révolution qui s'y est déroulée? Comment vont Parangon et Vivacia ?

Vous l'avez deviné, nous entamons le dernier tiers de la saga, là où tout s'accélère, là où toutes les intrigues se dénouent.




Des personnages déchirés, une fois de plus.

Bien entendu, Robin Hobb nous torturera ses personnages pour nous faire avancer tout cela. Althéa doit encore faire ses preuves sur le Parangon, en faisant attention de respecter la hiérarchie. Elle est toujours amoureuse de Brashen mais ne peut se rapprocher de lui tant qu'il est capitaine du Parangon. De plus, elle sent de plus en plus Vivacia s'éloigner en se rendant compte à quel point son égoïsme du début a eu des répercussions sur ses proches et sur son navire

Quant à Malta, elle subit les sarcasmes du Gouverneur qui la rabaisse comme il peut. Elle comprend un peu comment on la voyait avant son accident mais aussi comment on la voit maintenant alors qu'elle a des cicatrices; Toutefois, elle montre une formidable adaptation, un incroyable instinct de survie qui force l'admiration.

Et j'ai envie de dire : Même combat pour Ronica ! On l'a pilée, salie, on a roulé son nom ainsi que celui de son ami dans la boue. Pourtant, elle va tout faire pour oeuvrer pour le bien commun, en dépit du fait que les autres marchands la rejettent pour leurs intérêts personnels.

En bref, un tome haletant, bouleversant qui nous laisse totalement démunis face à la fin de cette saga.




Tome 8 : Ombres et flammes


Présentation de l'éditeur : Les choses sont allées trop loin, bien trop loin, pour espérer éviter une bataille ouverte entre la Vivacia, sur laquelle le capitaine Kennit règne sans partage, et le Parangon, le navire fou appareillé par Althéa et les siens. Et tandis que le dragon tient à distance de Terrilville les envahisseurs chalcédiens, des alliances politiques se trament dans l'ombre. Mais impliquer Tintaglia dans la sauvegarde de la ville et dans la recherche de Malta n'est pas sans conséquences, d'autant que cette dernière est maintenant l'otage de pirates pour le moins cupides...


Kennit montre enfin son vrai visage

Quand je vous disais, dernier tiers du livre, révélations à foisons. Et bien celle sur Kennit, je ne m'y attendais absolument pas. Nous voyons cet homme depuis le début comme une espèce de gentil pirate qui voulait réussir dans sa partie et si possible en amassant de l'argent pour une cause juste. Une espèce de Jack Sparrow de la Fantasy si vous voulez.

Mais avec ce que l'on sait sur son passé, certes, on a de la peine pour lui parce qu'on s'est attaché, mine de rien. Mais ce qu'il provoque est tout simplement révoltant. Au final, tout tourne autours de lui et il peut détruire tout ce qui s'oppose à  son bon plaisir.

Non seulement il se moque des conséquences de ses actes mais il en devient totalement dépourvu d'humanité, au point que j'en viens à le détester autant que Kyle !


Pendant que Reyn tente de récupérer Malta

Mais en dehors de l'histoire de Kennit, d'Althéa, de Parangon et de Hiémain et Vivacia, une autre révolution est en marche sur Terrilville avec Reyn et l'arrivée de Tingalia. Ces deux protagonistes ont posé leur condition pour fonder une nouvelle ville, voire pour changer le monde. Mais la condition est de retrouver Malta. La volonté de Reyn arrivera-t-elle à insuffler du respect pour les humains de la part du dragon ? Nous l'espérons car énormément de choses vont être en jeu ici.

Toutefois, Malta tient admirablement le coup. Elle montre qu'elle est devenue une adulte qui peut se valoir de son statut de Marchand. Elle va négocier de sa vie à son confort, regagnant sa dignité et laissant son amour pour Reyn s’épanouir en attendant qu'ils se retrouvent.



Tome 9 : sur les marches du trône





Présentation de l'éditeurAvec Mère à son bord, Parangon peut enfin retrouver son intégrité perdue, un visage, et peut-être même la vue. Il ne lui en faudra pas moins pour affronter la Vivacia, sur laquelle Kennit règne toujours en maître, au point qu'il fait d'Althéa, la propriétaire légitime de la vivenef, sa prisonnière ! Mais il faut croire que la chance insolente qui a si bien servi le pirate jusqu'ici l'a quitté : la flotte jamaillienne, bien décidée à ne pas le laisser retenir plus longtemps le gouverneur Gosco et Malta en otages, lui fait échec. Tintaglia, le dernier dragon de Clochetinte, toujours à la recherche de cette dernière, vient elle aussi déranger ses plans. Quant aux serpents, il n'auraient pas pu trouver meilleur moment pour le laisser tomber...





On peut dire que Robin Hobb sait orchestrer un final !

Et croyez moi, faire près de 400 pages en retenant son souffle, les muscles crispés et l'esprit tendu, il y a de quoi devenir bourrique. Mais Hélène et moi, on a tenu bon, on est restées fortes jusqu'au bout. Car cela partait dans tous les sens, c'est vrai et tout se recoupe maintenant. Le puzzle est presque achevé, les liens avec l'autre grande saga de l'auteur (L'Assassin Royal) sont consolidés, il n'y a plus qu'à donner leur place définitive à tous les personnages et entamer le pont vers la prochaine saga (la Cité des Anciens ?)

Bref, si vous pensiez que Pirates des Caraïbes apportaient le must en terme d'action dans les batailles navales, je vous suggère gentiment d'en vivre une avec Vivacia et Parangon. En effet, l'auteure nous a fait là quelques très belles scènes d'action pour son final, histoire de nous tenir en haleine jusqu'à la fin.

Mais ce n'est pas tout. Elle a réussi à me faire rire avec quelques anecdotes (surtout avec Vivacia et Ophélie), me faire hurler d'indignation, me faire trembler d'impatience, me faire pousser la larmichette au coin de l'oeil. Bref, cette fin était parfaite. Merci Robin Hobb


Et avant de quitter ses personnages.

Et oui, difficile de quitter tout ce beau monde. Hélène et moi sommes sur le quai du port de l'imaginaire, faisant nos derniers adieux à ces personnages qui nous ont tenu en haleine pendant ces quelques mois, renforçant notre amour de la Fantasy, enrichissant notre savoir maritime, mûrissant notre amitié. Nous ne pouvons plus que nous inquiéter pour eux et leur souhaiter une longue vie prospère.

Parangon va bien. C'est devenu un grand garçon - navire - maintenant. Il a su se maintenir à flots, dénouant les multiples traits de sa personnalité, devenant un jeune guerrier prêt à brandir sa hache pour défendre sa nouvelle famille.

Vivacia a retrouvé la sienne, choisissant son capitaine, accomplissant sa mission, découvrant toutes les vérités, même celles qui ne sont pas forcément belles à voir. Elle repartira pour de nouvelles aventures, cheveux au vent, n'oubliant pas ses attraits féminins au détours de quinquannages avec Ophélie. Elle s'assagit et partira ainsi pour la route de la maturité.

Les femmes Vestrit ont trouvé chacune leur rôle et leur place dans la société. Futures mères, marchandes, femmes de marin, femmes de pouvoir... Elles sont la quintessence des femmes modernes de notre temps, assumant toutes les charges, ne choisissant plus la soumission, restant des femmes complètes jusqu'au bout des ongles.

Reste le grand chevalier, Brashen, qui a accompli son rêve. Ephron, de là où il le regarde, doit être fier de son second qu'il a réussi à élever au dessus de ce qu'espéraient la famille Trell. Il a encore tout un futur à conquérir, mais quelque chose me dit qu'il accomplira sa destinée personnelle avec la même ténacité qui l'a caractérisé tout au long de ces neuf tomes.

Et voilà, ils sont partis. Il ne nous reste plus qu'à repartir vers les Six Duchés pour voir comme ça évolue là bas. Je vous donne donc rendez vous au septième tome de l'Assassin Royal.


6 commentaires:

  1. Dans l'ensemble, c'est une très bonne saga. Je ne sais pas où vous en êtes dans votre lecture mais les personnages sont riches, bien développés et comme vous le dites les relations sont complexes. L'intrigue dépasse le simple cadre de problèmes familiaux (enfin presque...) mais vous verrez ça en arrivant au dernier tome (et il y en a beaucoup dans l'édition française).

    Et puis, ça parle de pirates, de l'avenir de peuples, de magie, c'est différent.

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    1. Oui c'est ce qui fait son charme.
      Je commence le tome 3 ce week end. :)

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  2. Ahah ! pour le tome 5, je ne me souviens pas qu'on avait évoqué cette prolongation de l'ame des dragons! c'est une très bonne réflexion! D'autant qu'il me semble avoir lu quelque part que malgré toute leur âme, les vivenefs étaient mortes... enfin, je sais plus où j'ai lu ca.. bref, va falloir qu'on lise vite la suite :)

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  3. ca redonne la larmichette de lire ton avis final ^^

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    1. C'est que je l'ai bien écrit pour une fois :p

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  4. les Aventuriers de la mer a l'air d'être une belle saga. Mais j'ai peur qu'elle ne s'essouffle comme ça s'est passé pour l'Assassin Royal. Il faut dire que l'auteur aime martyriser ses personnages !!!!

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