lundi 24 juin 2013

Le Cycle d'Ender d'Orson Scott Card



Tome 1 : Stratégie Ender






Présentation de l'éditeur : Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués —, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... et cela le dépasse. Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. Et Ender n'a que six ans.






Un roman s'inspirant de nos erreurs passées

Lorsque j'ai regardé la situation géo politique de chez Stratégie Ender, les idéologies développées, la manière dont c'est traité et l'année de publication du livre, tout n'a soufflé en moi que : Guerre Froide, idéologie aryenne, entre deux Guerres, Japon, politique d'expansion... Cela vous fait froid dans le dos ? Moi aussi. Et pourtant, au milieu de tout cela, il y a des enfants en stratège. Au milieu de tout cela, il y a Ender, l'intelligence pure mêlée à l'innocence. Car pour lui, c'est un jeu. Juste un jeu vidéo où il doit gagner, où il doit manipuler des pions pour obtenir le droit de passer une porte.

Mais en fin de compte ? La stratégie, c'est cela. Lorsque nous jouons aux échecs ou aux dames, ou aux batailles navales. On fait tous cela. Le meilleur moyen de gagner, c'est de tester de nouvelles choses, de s'amuser, de bâtir un plan de bataille. Orson Scott Card a tenté de nous démontrer qu'entre de mauvaises ou de bonnes mains, le génie peut prendre une tournure salutaire ou effrayante. Mais enfin de compte, n'est-ce pas une question de point de vue ? Surtout en cas de guerre ? Qui sont les bons, et qui sont les méchants ? C'est à cette réflexion que nous tend l'auteur.


L'innocence est sans cesse pervertie par le monde d'adultes.

Quand je vois tout au long du livre tout ce qu'on fait subir à un enfant pour le bien commun... Cela me fait sortir les yeux de la tête ! Qu'est on prêt à faire pour le bien commun? Mais est-ce un bien, enfin de compte ?  Comment peut on manipuler l'esprit humain, et les relations qu'ont les personnes entre elles? Nous nous rendons compte dans ce tome à quel point la génération future est manipulée par les adultes, ou par le gouvernement. Et l'image du Big Brother pointe le bout de son nez à chaque page.

Ender, est loin d'être le héros parfait. Il est cerné par ses doutes et par ses peurs. On voit sa force de caractère, son génie poindre le bout de son nez à chaque action des adultes. Il sait qu'il est manipulé, même s'il ne sait pas à quel point, et il va tenter de jouer le jeu pour ne pas se faire détruire. Il se rend compte qu'il est obligé de jouer le jeu des adultes pour survivre. Et c'est cette réalité qui le bouffe littéralement, le poussant dans ses retranchements. Et quelque part, il arrive à garder intact une part de son intégrité. Certes, les humains gagneront peut être la bataille, ou la guerre. Mais c'est aussi Ender qui gagne, car il arrivera à dominer ses tortionnaires.


En bref, c'est un roman dur, qui rend totalement addictif. Car on se prend au jeu, jusqu'à se rendre compte à quel point il va. Et là, c'est l'horreur de la situation. C'est de se rendre compte jusqu'où on peut aller pour le jeu. C'est de se rendre compte de ce que l'on a fait à Ender. Va-t-il s'en sortir ? Telle est la question.

Ce livre a été lu dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction

Mais aussi dans le cadre du Challenge New Pal 2013 organisé par Yukie



Tome 2 : La voix des morts




Présentation de l'éditeur : Trois mille ans se sont écoulés depuis l'extermination des Doryphores, et les hommes se croient désormais seuls dans l'univers. Or, sur la planète Lusitania, on découvre l'existence des Piggies, bipèdes mi-hommes mi-cochons doués d'intelligence.
Des scientifiques sont détachés pour les étudier mais, sans mobile apparent, ils sont assassinés.
L'humanité s'interroge: doit-on s'inquiéter de cette nouvelle menace, et la détruire ?
Afin de rendre hommage aux victimes, on convoque un porte-parole des morts.
Mais voilà, dans ses bagages se trouve un cocon où vit la dernière reine des Doryphores.
Car cette homme n'est autre qu'Ender, le Xenocide...





Un tome sur le devoir de mémoire...

Nous retrouvons avec surprise Ender quelques trois mille ans plus tard après les événements du premier tome. L'humanité a fait un bon en avant tout d'abord parce que le Guerre contre les doryphores l'exigeaient mais ensuite parce que les humains ont hérité de la technologie de leurs anciens ennemis. Et pour se cautionner de tout cela, ils ont démonifié l'image d'Ender, le transformant en seul responsable, en l'appelant le xénocide, celui qui a détruit toute une espèce.

A ma grande surprise, celui ci ne s'est pas défendu. Il a repris l'anonymat, a écrit un ouvrage philosophique appelé la Reine et l'Hégémon, permettant à l'humanité de comprendre ces peuples qu'on ne connâit pas et enfin d'éviter la guerre. Ainsi, avec ces données, les catastrophes pourraient être évitées. Mais Ender va plus loin : il invente une vocation appelée le Porte parole des morts. Cela consiste, lorsqu'une personne meurt, de faire le bilan de sa vie et de la raconter aux autres. Pour faire le deuil, pour ne pas oublier...

Evidemment, personne n'a pris la Parole sur la vie d'Ender. Sa sœur a refait sa vie dernièrement. Aussi s'est-il fabriqué une amie virtuelle, une intelligence artificielle qui va lui permettre d'avoir un témoin impartial sur ce qu'il fait, et d'avoir une approche différente des morts.


Pour se souvenir, il faut se tourner vers l'avenir et sur la confiance.

Ainsi donc, le thème principal est le deuil, et sur deux plans différents. La première est la mort d'une personne sur laquelle Ender devra parler. La mort de cette personne suscite énormément de questions aussi est-il obligé de fouiner pour dire ce qui s'est passé devant sa communauté. On se rend compte que Porte parole ne consiste pas à rendre hommage de manière classique, cela consiste à dire la vérité nue avec le bon comme le mauvais. Cela m'a d'ailleurs effrayée mais je me suis rendue compte que la vérité impartiale, plutôt que de blesser, libérait certains secrets et permettaient aux proches de faire leur deuil et d'avancer vers l'avenir.

Orson Scott Card ne s'sst pas arrêté là car il pose la même question pour les doryphores. A-t-on vraiment dit la vérité toute nue sur leur extermination ? Ou avons nous tout simplement fait un récit modifié pour épargner le plus grand nombre ? Et bien, la méthode Ender aurait peut être mieux fonctionné lorsqu'on prend exemple des Piggies, nouveau peuple dont les mœurs à apparence sanguinaire pourraient nous faire croire qu'ils sont hostiles.

Ender va enquêter en profondeur sur ce sujet là aussi. Et qui écouterons nous ? Notre peur de l'inconnu ? Ou accepter la différence d'un peuple et prenant l'exemple des doryphores, accepter cette différence et  et évoluer? On vous en dira plus sur les prochains tomes.

Juste un dernier mot sur l'inspiration de ce roman. Il fait beaucoup écho, selon mois, aux Guerres Mondiales et à la perception que nous avons eu des troupes anciennement ennemies après la fin des hostilités. Ce roman, quelque part, nous permet de voir dans quel état d'esprit on se trouvait juste après la Seconde Guerre Mondiale.





Tome 3 : Xénocide


Présentation de l'éditeur : Lusitania... enfin un havre de paix pour les doryphores ? Pour Ender ? E le croyait. Hélas ! rien ne se passe comme prévu.
Les Lusitaniens ont déjà du mal à accepter les piggies, ces drôles de petits cochons intelligents mais si différents d'eux. Et ils ne savent pas le pire le virus de la descolada, mortel pour les humains, est indispensable au cycle génétique des piggies. Ils ne peuvent donc pas le détruire, sous peine d'exterminer la race. Dilemme crucial pour les biologistes, car la descolada mute au fur et à mesure qu'ils découvrent de nouveaux traitements.
Mais un danger plus imminent menace la planète le Congrès Stellaire lui a envoyé une flotte équipée du « Petit Docteur », un désintégrateur capable de la réduire en poussière. Un nouveau xénocide ? Pas sûr, car Ender a encore quelques cartes dans sa manche...







Bon ! Me suis faite encore retournée !

Je pensais qu'on avait épuisé les thèmes de réflexion dans ce troisième opus, qu'on allait avoir juste un bon livre de SF d'action et puis basta. Malheureuse ! Franchement ! Il y a encore eu plus de thèmes développés et franchement, ma lecture fut plus lente parce qu'à chaque chapitre, je me suis mise à cogiter sur tout ce qui a été développé ici.

Tout d'abord, parlons de spiritualité. Orson Scott card va nous parler ici de prophètes, de dieux, de génétique et de TOC. Et en associant tout cela. Autrement dit : que se passe-t-il si un gouvernement insérait dans le code génétique d'un peuple des TOC pour leur faire croire que leur comportement un peu bizarre vienne d'ordres de dieux tout cela pour contrôler leur intelligence supérieure et les asservir comme ils peuvent. Bah voilà ! Ca c'est un seul des thèmes développé dans ce livre.

Autre réflexion, imaginez qu'un virus soit intelligent. Si on veut l'éradiquer, faisons nous de la médecine ou détruisons nous une civilisation ? Et bien là, j'en suis restée comme deux ronds de flanc ! Comment une personne sensée peut elle être amenée à avoir ce genre de questions ? Non mais je me doute qu'il faut se pencher ce genre de questions éthiques mais imaginez si on regarde un virus comme le HIV ? Qui s'adapte, qui tue de plus en plus de monde ? Ce virus est il intelligent par exemple ? Doit on dialoguer avec lui alors qu'il y a des millions de morts ? Je ne sais pas. Mais je n'avais jamais eu ces angles de réflexions. Et je serai curieuse de voir un scientifique se les poser.


Au milieu de tout cela, une réflexion sur l'humain encore et toujours.

On se concentre beaucoup sur Jane et sur Ender. Jane étant une entité informatique. Mais est elle plus que cela ? Car elle ressent des choses, on ne peut pas la débrancher ? Quelle est son origine réelle ? Pourquoi doit elle être toujours reliée à Ender ? De même, pourquoi les Doryphores ont ils réussi à communiquer avec Ender ? Et pourquoi le font ils toujours d'ailleurs ?

Enfin, autre chose, que représente Ender ? Comment est il réellement ? C'est vrai qu'il est tellement vieux, tellement universel en fin de compte qu'on a du mal à le voir en tant qu'homme fragile. Comment pourrait être son esprit ?

Voilà un tome qui a encore suscité plus de questions que de réponses. Mais cela promet un dernier tome réellement passionnant. 






Tome 4 : Les enfants de l'esprit




Présentation de l'éditeur : Les Pequeninos, la reine et les humains de Lusitania sont menacés par l'arrivée de la flotte stellaire qui compte utiliser le " Petit Docteur ", un désintégrateur moléculaire, pour préserver la race humaine du terrible virus de la Descolada. Seule Jane, l'intelligence artificielle alliée d'Ender, est capable de les sauver, mais son action est menacée par le congrès stellaire.
Quant à Ender lui-même, il doit maintenir toute son attention pour que les enfants nés de son esprit - Peter et Val - puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche d'un puissant leader d'opinion susceptible d'influer sur la décision du congrès, et l'exploration de planètes colonisables pour préparer l'exode...










Une tome basé sur la vie et la mort.....

Comme vous l'avez deviné avec la présentation de l'éditeur, Lusitania est grandement menacée par le Petit Docteur, cette machine qui avait détruit la planète des Doryphores. Pourquoi sont- ils menacés ? Tout simplement à cause d'un virus nommé la Descolada. Plutôt que de trouver le moyen d'éradiquer le virus ou de trouver un traitement, ou tout simplement de comprendre comment ce virus a été implanté, les dirigeants interplanétaires se sont dit que de virer la planète et ses populations, ce serait plus sympa. Ces mêmes personnes avaient, bien entendu, fustigé Ender lorsqu'on l'a amené à faire le Xénocide contre les doryphores. Comme vous pouvez le voir, cela annonçait déjà l'ambiance du tome précédent. Autant vous dire que pour Les enfants de l'esprit, cela plombe carrément l'ambiance.

Car en plus de tout cela, ces fameux dirigeants ont coupé les ansibles qui maintiennent en vie Jane, l'entité informatique, alors qu'elle est âgée de milliers d'années et qu'elle pourrait être considérée non pas comme réelle personne mais au moins comme personnalité indépendante.

Enfin, d'un autre côté, on suit aussi les enfants nés de l'esprit de Ender : Val et Peter, qui ne sont pas tout à fait vivants car ils sont des morceaux de la personnalité d'Ender. Or, celui ci est en train de mourir, fatigué qu'il est de sa culpabilité de près de 3000 ans (on comprend sa lassitude).

Vous voyez où je veux en venir. La mort est omniprésente dans ce tome, avec la réflexion de l'hérédité, de ce qu'on laisse aux générations futures. Perdure-t-on réellement à travers cet héritage ou notre mort signifie-t-elle la fin de tout ? C'est en cela que ce tome est réellement intéressant car il démontre l’agressivité innée de la race humaine, qui la pousse à détruire les choses au lieu de les comprendre. Et on peut bien évidemment appliquer ceci à notre histoire actuelle lorsqu'on voit des religions ou des idées différentes de la nôtre. Orson Scott Card nous fait cette disgression formidable qui nous pousse à jeter un regard beaucoup plus global sur notre histoire personnelle.


Un tome qui clotûre bien cette saga, en fin de compte.

Oui car tout n'est pas noir dans ce tome. On montre aussi les différentes intéractions entre les familles, entre les espèces. On se rend compte parfois même avec amusement qu'il est plus facile d'établir des relations entre espèces qu'entre membres d'une même famille. Et j'avoue que c'est une partie qui m'a autant amusée que fait réfléchir.

Ce tome montre enfin les différentes connexions entre tout le monde. Comment on peut s'influencer, que ce soit moralement, religieusement, politiquement. Et c'est ce qui fait totalement le charme de cette saga, c'est qu'elle traite de sujets graves, certes, mais elle touche à tout. On peut réellement dire que ces quatre livres peut vous accompagner tout au long de votre vie car elle décortique entièrement tout type de relations que vous pourrez avoir.

En bref : Un énorme coup de coeur. C'est une saga qui me marquera à vie, je pense. Et c'est tant mieux. :) 

1 commentaire:

  1. j'ai beaucoup aimé le premier tome! j'ai trouvé l'intrigue très fine!

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