lundi 27 mai 2013

Les Rois Maudits de Maurice Druon



Tome 1 : Le Roi de Fer





Présentation de l'éditeur : Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d'une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s'incliner, plier ou rompre devant l'autorité royale. Mais l'idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d'Etat dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.










Une immersion totale dans le début du XIV Siècle

Autant vous le dire, je suis une grande amoureuse de la plume de Maurice Druon. Je trouve qu'il a cette faculté de vous immerger dans une période. Et sa plus grande réussite fut indubitablement les Rois Maudits, sans cesse repris à la télévision, dont nous connaissons quelques épisodes (et si nous ne les connaissons pas, nous pouvons découvrir certains épisodes). A travers cette saga, Maurice Druon nous peint sans concession une des périodes préférées des Français : La Chute des Templiers, l'élection des Papes, les Rois qui se succèdent et pour finir la Guerre de Cent ans.

Si vous avez envie de tout savoir, en alliant le plaisir de la lecture bien entendu, je vous invite à vite courir chez votre libraire. Car de l'historique sérieux, cela existe. Et même que parfois, c'est très bien fait (certains pinailleront sur des détails historiques. Oui mais en même temps, on n'est pas là non plus pour faire un cours magistral). Surtout, si vous pensez que l'historique, c'est trop dur pour vous, allez y, jetez y votre œil, cela fait un peu plus de 300 pages pour le premier tome.


Philippe le Bel, un roi dur mais secret.

C'est vrai que si l'on y regarde bien, on ne connaît pas tant que cela Philippe le Bel. Mais il fut un grand personnage royal, un grand roi. Maurice Druon, ici, le prend à la fin de sa vie. Et l'on voit un roi un peu plus humain, qui se pose des questions sur son règne, qui se demande pourquoi les gens ne peuvent pas être plus proches de lui, qui regarde ses fils d'un air très critique, sa fille avec un peu plus d'amour. Il pense à sa femme, qu'il a aimé, qu'il regrette. C'est, sommes toutes, un  personnage que l'on pourrait aimer en dehors de son rôle politique. En tous cas, moi si. J'aime bien ce genre de personnes inaccessibles, secrètes, mais toutefois très fragiles et pouvant partager plus que ce que l'on pense aux premiers abords.


Mais Philippe le Bel, c'est aussi le roi qui a brûlé les Templiers, qui a emprisonné ses brues pour adultères, mais les a gardées en vie pour leur dot, c'est lui qui a réformé le droit féodal, en enlevant les coutumes de Saint Louis. D'ailleurs, tout le long, on sent qu'il souffre d'être comparé à son ancêtre. Il veut se démarquer et quand on y réfléchit bien, toute sa politique va en ce sens. En bref, Philippe est l'homme des réformes. Et la France, le temps de se remettre de tous ses changements, donne des Français Malheureux, car ils deviennent de plus en plus pauvres.


Et pourtant, il tiendra le cap jusqu'au bout.

Oui, ce surnom de Roi de Fer est vraiment approprié pour Philippe. On sent qu'il ne pliera pas. On sent qu'il continuera jusqu'au bout dans ses choix. Il n'est pas homme à reculer. Et j'avoue que c'est extrêmement impressionnant de voir la fin de la vie de cette homme, qui reste droit au milieu des malversations, des négociations et des complots qui s'égrainent autours de lui.

Ce tome pose ainsi les bases solides d'une bonne intrigue historique, d'une excellente saga que je vous recommande toujours autant de lire




Tome 2 : La Reine étrangée



Présentation de l'éditeur : "Tous maudits, jusqu'à la septième génération !" : telle est la funeste malédiction que le chef des templiers, depuis les flammes du bûcher, lance au visage de Philippe le Bel, roi de France. Nous sommes en 1314 et la prophétie va se réaliser : pendant plus d'un demi-siècle, les rois se succèdent sur le trône de France, mais n'y restent jamais bien longtemps. D'intrigues de palais en morts subites, de révolutions dynastiques en guerres meurtrières, c'est la valse des rois maudits...










Le Roi de Fer parti, la France oscille dangereusement.

Il n'y a rien de pire pour un pays que de quitter un roi fort et Maurice Druon sait admirablement le retranscrire dans la reine étranglée. La France hérite de Louis le Hutin, un roi pantin qui n'a eu de cesse de s'écraser devant son père. En effet, Louis n'a pas d'autorité et la laisse à son oncle, noble qui aime par dessu tout les intrigues à son profit et déteste Nogaret, l'un des meilleurs hauts fonctionnaires que la France n'est jamais connu. Pour le détruire, il va s'associer aux Lombards et pour obtenir sa tête, devra donner une nouvelle reine au roi.

Car Louis le Hutin, pour se laver de l'honneur qu'a souillé sa femme adultère, veut une épouse blonde et virtueuse, laissant de côté la famine que subit ses sujets. La disette se prolonge, laissant accroître le mécontentement de la France, laissant pourrir sa situation financière désastreuse.

Petit à petit, Louis le Hutin va défaire une à une les réformes de Philippe le Bel, sabotant à la source sa nouvelle autorité, faisant reculer la France au temps de la féodalité et des troubles. Comment allons-nous pouvoir redresser cela ?


La révélation des colosses aux pieds d'argile

C'est le sentiment caractéristique de ce tome : Nogaret, la reine, la royauté, la papauté et enfin la France. Tous, au début de cette saga paraissaient forts, indestructibles et tous vont s'effondrer à cause d'une légère pichenaude.

Nogaret s'effondrera à cause de sa lutte incessante du pouvoir. En effet, il a eu accès aux plus hautes marches tant qu'il travaillait pour la grandeur de la France, mais à la minute où il a comploté pour sauver son range, il s'est heurté à un rapace tapis dans l'ombre.

La reine, folle d'orgueil d'avoir enfin un titre, alors qu'elle croupit en prison, refuse les conseils du Comte d'Artois et risque sa vie pour la haine d'un homme qui l'a toujours méprisée.

En définitive, c'est la France entière qui s'effondre car personne ne travaille pour le bien commun. Aussi, on ne peut s'empêcher de penser que c'est vrai que ces rois sont maudits pour sept générations. Et nous n'entamons que la deuxième....

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