mercredi 22 mai 2013

Les Nécrophiles Anonymes de Cécile Duquenne



Tome 1 : Quadruple Assassinat dans la rue de la morgue






Présentation de l'éditeur : Népomucène, préposé à la morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d'environ 150 ans d'âge. Lorsqu'il manque devenir la cinquième victime d'un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l'enquête. L'immortel est certain qu'une autre créature surnaturelle a commis le massacre.











De l'art de la subtilité dans un monde de rire

Mon dieu, la Koko est en train de vous sortir ses grands mots. Oui, et je les ai sorti la toute première fois pour un tryptique vampirique. Aussi ai-je décidé de les ressortir pour ce petit livre qui, mine de rien, au bout de ses 200 pages, m'a autant ravi qu'un de 600. Comme quoi, il n'y a pas que la taille qui compte. Mais je savais déjà que j'allais me régaler rien qu'en lisant le titre de la série et le titre du tome. En effet, nous parlons de Nécrophiles Anonymes. Et croyez moi, ces deux mots associés, vous ne pourrez pas le ressortir régulièrement dans la conversation. Mais lorsque l'on connaît l'activité principale de Népomucène et de Bob,  je souris largement de toutes mes petites quenottes. Malheureusement, Cécile ne s'arrête pas là avec cette petite allusion à Poe avec le titre du tome 1.

Cécile, nous en avons déjà parlé, j'ai été fort timide avec toi car ce titre me faisait peur. Mais comment ai-je pu être aussi bête ! Une association pareille ne pouvait qu'aboutir à ce résultat là : un vrai régal qui m'a reboostée là où j'en avais besoin.

Mais revenons à mes petits moutons, car nous ne sommes pas que deux à lire cette chronique. Si vous aimez les récits fantastiques où les vampires sont des êtres bestiaux, une sorte de métaphore de l'être humain sans contrainte sociale (et on ne rit pas, grosso modo, c'est à cela que sert le mythe du vampire), vous allez être déroutés ici. En effet, ici, ce n'est pas Bill le Vampire mais Bob le vampire : saisissez la nuance. Bob n'est pas du tout l'expression de vos fantasmes, c'est un chasseur, c'est un suceur de sang, et c'est un amateur de choses actuelles. Et il a un ami au nom très bizarre mais qui résume bien ce contraste : Népomucène. Et si vous saisissez la subtilité de cette relation entre le prénom et l'époque de la naissance de tout à chacun (et si vous comprenez tout ce que je suis en train de vous écrire), et bien vous êtes prêts à lire ce livre. Plus sérieusement, j'ai adoré comment Cécile a repris en main l'image même du vampire, tout en lui gardant suffisamment de références pour que nous ne soyons pas tout à fait perdu. Il  faut avoir de solides bases vampiriques pour faire cela (et un bonne dose d'humour aussi) et là je dis chapeau !


Et là je reviens à Cécile Duquenne : mais comment tu fais pour me faire bavasser pendant des heures sur un petit machin de rien du tout qui pourrait me caler une porte ? Parce que bon, je ne peux pas leur raconter toutes les anecdotes pour leur donner les références que tu donnes. A part peut être... Attends, je reviens.

Et donc, comme vous le savez, dans les livres de vampires, vous avez souvent des scènes d'action ou d'amour. Mais ici, nous avons une intrigue, un mystère : mais qui a pu donc assassiner ces quatre personnes à la rue de la morgue, qu'est ce qui a pu mener à tout ceci? Et bien c'est cette intrigue qui est sommes toutes pas si compliquée que cela mais totalement et finement menée, de quoi vous faire passer un très bon moment.



Au delà de l'histoire, des personnages que j'ai beaucoup aimé connaître.

Népomucène, de part son regard sur le monde reste mon préféré. Mais j'avoue que ce que j'ai le plus apprécié, c'est la relation qu'il a avec Bob. Ce tome est une vraie déclaration d'amour, d'amitié entre eux. Bob est le soleil de Népomucène et vice versa, les deux sont très complémentaires, et l'on pourrait aisément les voir passer leur vie ensemble comme un vieux couple. Ils ont leur petite vie tranquille, se faisant confiance depuis plus de 7 ans avant que ne leur arrive leur première grande épreuve sentimentale : l'arrivée d'une vieille connaissance ? Allez savoir. Mais c'est ce qui m'a le plus touchée dans ce moment, dans cette relation. Car enfin de compte, il n'y a pas de scandale, de choses alambiquées,  Il y a juste deux hommes dont l'un s'éloigne un tout petit peu, et l'autre qui a la patience, la confiance et la gentillesse d'attendre.

Et si je n'ai pas réussi à vous embrouiller assez et à vous appâter assez pour vous obliger à lire Quadruple Assassinat rue de la Morgue... J'ai presque envie de vous dire de faire confiance à mon humour mais je ne sais malheureusement pas si c'est une référence.


Dans tous les cas, je serai là pour la sortie du tome 2, je serai même très impatiente car j'ai hâte de voir comment Népo va évoluer. Et j'ai surtout hâte de voir quelles références l'auteure va bien pouvoir nous sortir. Car je le répète, c'était un pur moment de détente et de bonheur.





Tome 2 : L'étrange cas du Docteur Ravna et de Monsieur Gray


Présentation de l'éditeur : « Qu’y a-t-il avant la mort ? »
En tant que vampire, Bob n’échappe pas à certains doutes et ressent le besoin de retrouver ses plus vieux amis. Mais les réjouissances tournent court lorsqu’un certain vampire nommé Dorian Gray hypnotise Bob et en fait son pantin. Qui est vraiment Dorian ? Quel lien l’unit à Bob ? Entre hallucinations puissantes et rares moments de lucidité, le vampire va tenter d’éclaircir ce mystère, lié à ses origines inconnues…
Népomucène, quant à lui, tente le tout pour le tout afin de ramener son ami à la raison. Parviendra-t-il à arracher Bob des griffes de Dorian ?












Cécile nous détourne un autre classique dans les aventures de ses nécrophiles

Le premier roman, Quadruple assassinat était un détournement de policier. Et maintenant que je vous l'écris, je ne sais plus si c'est de Poe ou d'un autre. Bref, c'était bien fait mais il me semble avoir oublié de le mentionner dans ma chronique (normal quoi). Dans cet opus, nous avons une référence très subtile et délicate au Portrait de Dorian Gray ET Docteur Jekyll et Mr. Hyde. Deux pour le prix d'un ! Comment qu'elle est trop forte.

Et ce qui tombe encore mieux, c'est que j'ai adoré ces deux classiques. Forcément, j'ai tardé à lire ce livre (un jour, je serai à jour, promis) mais mon plaisir de lecture s'en est trouvé décuplé *sourire angélique*. Dans le Portrait de Dorian Gray, pour ceux qui n'ont pas lu (honte à eux) ce classique, on traite de malédiction, d'âme, de jeunesse éternelle... Et c'est ce qui touche directement le mythe du vampire. Mais l'auteure va plus loin en parlant de personnalités multiples dans la non-vie des vampires. Et c'est ce qui, cette fois-ci, touche dans le cas du Docteur Jekyll et Monsieur Hyde.

 Je vous laisse découvrir toutes ces théories en lisant le livre, bien naturellement. En espérant que vous soyez tous un aussi foufous que moi pour décortiquer tout cela et trouver toutes les références :)


Encore plus loin, une histoire d'amour vampire-humain que je n'avais pas vu depuis Anne Rice

Anne Rice, ma chouchoute internationale, surtout quand elle traite des affections. J'ai toujours beaucoup aimé le couple Louis-Lestat. Et par certains aspects, je retrouve cette romance entre Bob Et Népo. En effet, maintenant, lorsqu'on parle de romances avec des vampires, il faut bien l'avouer, c'est le côté sexuel qui prend le dessus. Alors, faut il du sexe dans les relations avec vampire, il peut y avoir débat et je trouve que les deux côtés se tiennent, en fin de compte.

Ici, je retrouve ce côté affectif que je n'avais plus vu depuis les Chroniques des vampires. C'est à dire que Bob est profondément attaché à Népomucène, ce sentiment est réciproque mais quelque part, on dépasse ici le désir sexuel (sans enlever une certaine sensualité, d'ailleurs). Et bien, cela fait du BIEN !

En bref ? Comme toujours, j'ai adoré. Jamais un de ses livres ne m'a déçue, il faut l'avouer. J'attends avec grande impatience le tome 3 maintenant, curieuse de voir tout ce qu'elle va me trouver comme référence. Qu'est-ce qu'on dit ? Merci Cécile :)



Tome 3 : Le dernier des Néphilims





Présentation de l'éditeur : Gabrielle et son frère, Abraham, sont les derniers des nephilim. Ils ont échappé au massacre qui a frappé les leurs, et ont été chargés en échange de protéger l’humanité des dérapages de la Création divine. Une occupation que Gabrielle prend très à cœur, ce qui lui a valu d’avoir bien mauvaise réputation, notamment chez les sangsues. Mais le nouveau drame qui se noue ne va pas vraiment lui laisser le choix... Elle va devoir accepter l’aide d’alliés dont elle se serait bien passée si elle veut résoudre l’affaire et clôturer un chapitre particulièrement douloureux de son passé !







Nous sommes toujours à la recherche de la malédiction du vampire.


Le tome 3 des Nécrophyles Anonymes est sorti, et je l'ai reçu, avec ma bafouille d'amour de Cécile (avec petits coeurs intégrés, je vous raconte pas mon état émotionnel intense quand j'ai ouvert mon livre). Bref, vous le savez, Cécile, c'est ma topine, j'adore la lire, je ne suis pas objective pour deux balles (quoique, mais vous verrez pourquoi qu'elle écrit bien). Bref, un créneau s'est ouvert pour la lecture de ce troisième tome. Et je l'ai pris, tout simplement. Ce livre, je l'ai lu d'une traite, avec un plaisir non dissimulé, surtout qu'après, je me faisais un week end sportif donc sans lecture, ce qui m'a rendue presque grognon. Heureusement que Bob, Népo et Gabrielle étaient là, tout simplement, pour m'aider à passer ce cap dans ma vie.


Et de quoi traite ce livre ? L'action se passe après le tome 2, où on se demandait pourquoi Bob retrouvait une certaine mémoire et pourquoi il était hanté par ses souvenirs. Tout ceci à la sauce d'un roman classique. Bref, que du bonheur. Si vous voulez en savoir plus, lisez plus haut, s'il vous plait. Ici, nous suivons le point de vue de Gabrielle qui est une immortelle. Elle vit avec son frère Abraham et ils sont tous les deux un peu les anges gardiens de la Terre. En gros, ils cassent du malfaisant et la Création divine nous laisse en paix. Mais voilà, il y a des morts qui reviennent à la vie et Gabrielle va devoir faire face à son passé. Pour cela, elle devra faire alliance avec des vampires et comprendre aussi quelques petits trucs de la vie, mais cela, on va en reparler plus tard.


Cécile Duquenne revient une autre fois sur les origines des vampires. En gros, les vampires ont été une sorte de malédiction, un dérapage pour permettre à un humain de vivre l'immortalité, un peu pour copier nos Néphilims. On va donc suivre l'enquête sur ce qui pourrait relier les Néphilims, les vampires et les morts qui reviennent à la vie : une sorte de Walking dead mais la pourriture en moins (merci Cécile pour les odeurs ;) )



Une réflexion sur l'immortalité et la foi.

Comme nous suivons deux immortels, des purs, des durs, des tatoués, on se questionne de savoir comment ils vivent ce long moment passé sur terre. En prenant bien entendu l'exemple de Gabrielle. Elle, c'est clairement un soldat (un peu Sélène dans Underworld, vous voyez). Elle a sa quête de protection, ne vit que pour le boulot et va casser du vampire, envers et contre tout. Son frère, Abraham, a l'air complètement paumé. Il est au bord du Burn Out, notre maladie du travail du siècle. On sent le point de rupture. Mais pas Gabrielle parce qu'elle s'est faite une copine. Et oui, c'est comme cela.

Et donc Cécile nous montre que vivre par foi, c'est bien. Mais il ne faut pas perdre son objectif. Ainsi, Pour Bob, vivre éternellement est supportable grâce à sa vie avec Népo. Même si c'est éphémère, cela lui permet de ne pas perdre son humanité. Et bien on va se rendre compte que pour Gabrielle, c'est à peu près la même chose. Etre immortel donne forcément accès au désespoir, voire à la folie, du moins à une deshumanisation. Autrement dit, si l'on veut être équilibré dans cet état, il faut admettre une certaine souffrance, prendre le risque d'être triste parfois pour justement apprécier les bons moments (et mieux casser du malfaisant mais cela, vous l'aviez compris).

Vous allez me dire que c'est un peu le truc universel quand on traite du vampire, des immortels, toussa toussa. Oui mais je trouve que dans la littérature actuel, on ne traite ce sujet que dans la romance, et je trouve cela dommage que dans des romans plus accès thriller, aventure comme ici, on ne se pose pas plus la question. Dans tous les cas, ces réflexions vont donner un groupe atypique et c'est dans cette acceptation des autres qu'on va réussir à triompher du mal.


En bref : comme toujours j'ai papoté beaucoup mais je m'arrête là parce que je sens que je vais vous dévoiler beaucoup trop de choses. Et je suis déjà à la limite. Mais c'est une série qui ne s'essouffle absolument pas. Elle bonifie avec le temps. Et c'est aussi une saga qui me fait dire que pour ce qui concerne de la Fantasy Urbaine, je peux conseiller des titres qui ne sont pas apparentés à de la romance. Et cela fait du bien, surtout en France (oui parce que les anglo saxons sont mieux pourvus que nous dans ce domaine.) J'espère que vous vous attacherez à Gabrielle et que vous ferez attention à elle parce que j'adore cette nana et j'espère qu'elle continuera son combat en prenant aussi du temps pour elle.

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