mardi 29 janvier 2013

Frankenstein de Mary Wollstonecraft Shelley












Présentation de l’éditeur : Victor Frankenstein ! C'est l'inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d'un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d'un chêne... Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l'alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l'horrible créature faite d'un assemblage de cadavres ! L'œuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant, inachevé mais doté, d'une force surhumaine et consciente de sa solitude. Echappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D'esclave qu'il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui... Pour Frankenstein, l'enfer est à venir...





Une brillante réflexion sur la responsabilité du créateur

Ce qui est frappant dans cette œuvre de Science-Fiction, c’est qu’on peut l’attacher à pleins de réflexions. Et c’est sûrement pour cela que je n’arrive pas à écrire toute cette chronique. Ce qui nous frappe tout d’abord, c’est la volonté de Frankenstein à toujours pousser plus haut ses expériences scientifiques, en prenant de mauvaises bases au début, qui plus est. On rencontre la même chose dans l’Homme Invisible que j’ai lu plutôt. On dirait donc que c’est une peur qui a commencé à voir le jour en même temps chez différents auteurs. Aussi, nous avons là un jeune scientifique qui décide de créer la vie, d’aller outre son domaine de compétence. Et que fait-il ? Il crée un monstre. Un véritable monstre qu’il abandonne, car il n’assume pas la responsabilité de ses actes. Ainsi, de monstre physique, l’être créé devient un monstre moral.

Est-ce à dire que l’homme social, s’il n’est pas encadré par la civilisation, l’éducation pourrait être amoral ? Est-ce toujours un problème de sociabilisation d’après vous ? C’est ce point que je n’arrive pas à éclaircir. D’un autre côté, l’auteure nous délivre d’autres injustices, d’autres barbaries du monde civilisé. Mais j’en reviendrai plus tard.

Le monstre de Frankenstein ne peut pas être bon. Il a été rejeté par son créateur, mais surtout, il a été rejeté par le monde des hommes. Et on lui refuse d’être accompagné. Condamné à la solitude pour le restant de ses jours, alors qu’il n’a pas demandé à être né, il va sombrer dans un état de rage constant. Et pourtant, lorsqu’on l’écoute, on ne peut que compatir ! On en veut à son créateur (personnellement, j’ai eu envie tout au long de ma lecture de lui mettre deux baffes). Mais jamais on ne le condamne.




Au-delà de la critique de la « personne » isolée, une critique de la société

L’auteure n’arrête pas son analyse à une personne un peu sauvage, rejetée de la société mais elle critique activement la société. Tout d’abord, les rapports Hommes- Femmes. Tout au long du roman, on voit une personnage secondaire – la fameuse cousine qui va être la fiancée de Frankenstein – qui subit les évènements du début à la fin. Comment est ce possible qu’une femme soit passive à ce point ? Je pense que l’auteure met son doigt accusateur sur cette situation. Les femmes doivent être actives de leurs vies, ne plus dépendre des hommes, prendre en main leur destin.

L’autre point accusé dans ce roman est la justice. Surtout la justice envers une femme. Ici, nous avons une femme accusée d’un meurtre, toutes les preuves montrant qu’elle est innocente. Mais on la condamne tout de même à mort. Son procès ressemble d’ailleurs terriblement à un procès de sorcellerie (de quoi jeter un froid dans le dos). Par là même, Frankenstein est resté passif. Complètement déplorable, d’ailleurs



Un petit bilan sur le roman.

Oui, c’est un roman qui a un peu vieillit. On suit des récits écoutés de voyageurs, on s’étale sur les ressentis à tout bout de champs. Bref, c’est le style de l’époque, on ne va pas revenir dessus. J’ai bien aimé Frankenstein car il m’a fait cogité par mal. Et je pense que j’aurai encore des réflexions sur ce livre d’ici quelques jours, tant il est dense. Oui, Dense est le mot ! J’aurai aimé voir ce que cela donnerait avec un style actuel. En tous cas, je pense que c’est un classique à lire, même s’il donne un peu froid dans le dos ! 



Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Pal Cold Winter 2012 organisé par Antonine




Mais aussi dans le cadre du challenge New Pal 2013 organisé par Yukarie

 

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