mardi 6 novembre 2012

Une place à prendre de J.K Rowling






Présentation de l’éditeur : Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie. Attendue de tous, J.K. Rowling revient là où on ne l’attendait pas et signe, avec ce premier roman destiné à un public adulte, une fresque féroce et audacieuse, teintée d’humour noir et mettant en scène les grandes questions de notre temps.





J’ai entendu beaucoup de choses sur Une place à prendre de JK Rowling. Et j’ai réussi à ne pas le lire de suite. (En fait, j’avais lu les premières pages lors de la réception dudit livre mais je me suis dit qu’il fallait attendre un peu afin d’avoir une bonne semaine pour ne me consacrer qu’à lui). Finalement, une insomnie plus tard, ca y’est je l’ai lu, je l’ai dévoré, je l’ai englouti et un peu digéré aussi. C’est donc avec un grand plaisir que je m’en vais vous  dévoiler mes impressions.



De l’art et la manière d’entrer dans l’intimité des gens.

Je ne sais pas vous, mais quand j’ai eu quelques cours de littérature ou pour me donner une dissertation, on me disait qu’il fallait une introduction en entonnoir. C’est presque le cas ici mais à la manière de J.K. Rowling. Nous débutons avec une mort. Celle de Barry Fairbrother. On sait qu’il est notable dans une petite ville : Pagford. Qu’il est marié, qu’il est très occupé et soucieux mais qu’il veut tout de même dîner avec sa femme, Mary, pour lui faire plaisir.

De ce point précis, nous allons retourner à la ville globale et ses personnages. Comment ils vont réagir à cette mort. Ce qu’elle va déclencher chez ses amis, ses ennemis mais aussi ses connaissances. Et je pense que c’est là où vous aurez peut-être du mal. Vous aurez une bonne dizaine de personnages totalement imparfaits, sans liens apparents entre eux. Mais n’oubliez pas ici que vous êtes dans une petite ville, que tout finit par se savoir et que tout le monde se connaît. Aussi J.K. Rowling prendra son temps pour vous décrire qui ils sont, pour que vous appreniez à les aimer ou à les détester et surtout que vous puissiez comprendre l’impact qu’a cette mort tout à fait anodine pour la plupart des personnes.



Un livre engagé ? Engageant ? En tout cas, qui fait réfléchir.

Comment se douter de l’importance d’un personnage public (ou dit comme tel) dans notre vie ? Car Barry Fairbrother avait une mission sociale et donc avait un impact sur des gens. Mais il n’était pas seul dans l’aventure, d’autres protagonistes aidaient ou pas dans cette affaire. Et c’est ce que l’on va découvrir : l’impact social quand il y a un rouage du système qui s’en va. Ce que cela pourrait déclencher au niveau de la commune. C’est une réflexion que laisse J.K. Rowling sur l’action sociale dans les petites villes, de l’importance du bon choix des notables (ou pas) et de ce que vous voulez faire de votre ville.

Mais il y a aussi l’importance d’un personnage public sur les gens, sur votre vie à vous. Nous verrons le manque qu’il va laisser, les querelles que cela va déclencher, et l’impact que cela aura sur la vie de quelques familles. On se dit au début que ce livre ne sera qu’une bataille de pouvoirs, une succession d’intrigues sur qui va le remplacer. Mais ce sera aussi le vide qu’il faudra combler envers cet homme qui a voulu s’occuper de sa communauté.



Une histoire de gens normaux, imparfaits.

Certes, certains personnages du roman m’ont fait rire car ils sont un peu caricaturaux. Mais leurs dialogues montrent une vie propre et aussi … Comment vous dire ? L’auteur a réussi à se mettre dans le raisonnement de plusieurs personnes de classes sociales différentes. Sans prendre de partie ? Je n’en suis pas si sûre, mais elle a tenté d’être aussi objective qu’elle le pouvait. Le style d’écriture change dès que l’on change de personnages. Et j’ai adoré partir dans cette aventure.

Car chaque personnage, qu’il soit bon ou mauvais, a ses défauts, a ses oublis. Et a ses secrets. Et c’est aussi cela ce roman. C’est ce qu’il se passe lorsqu’on déterre les secrets les plus noirs de votre existence. Le drame que peut causer les rumeurs, les relations entre parents et enfants, entre enfants tout court d’ailleurs.

Pour conclure. J’ai beaucoup parlé de ce livre coup de cœur. Mais il le mérite. Pendant ces quelques 700 pages, je me suis attachée à cette commune. J’aurai même été tentée d’aller passer un bout de vie, plutôt qu’un bout de week end. J’aime beaucoup errer dans des microcosmes et je ne m’en cache pas. Et j’ai surtout adoré la possibilité que m’a donnée l’auteur à observer ce petit monde en me menant exactement où elle le voulait. Je fus triste à cause de la fin (et non je ne vous la raconterai pas). Mais j’ai eu ce sentiment de boucle bouclée qui m’a permise de me détacher un peu de Pagford et ainsi de continuer mon petit bonhomme de chemin

Que puis-je vous conseiller d’autres ? Lisez-le. Juste pour vous faire une idée. Ce livre fait partie d’un phénomène du à l’auteur et je pense qu’on en attendait trop de lui. Mais il peut avoir une place de choix dans votre bibliothèque. Pour ma part, j'ai passé un très très bon moment avec. Et j'espère que ce sera aussi le cas pour vous.


Ce livre a été lu dans le cadre du challenge  PAL Cold Winter 2012 organisé par Antonine


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