jeudi 15 novembre 2012

La Chronique des vampires D’Anne Rice


Tome 1 : Entretien avec un vampire






Présentation de l’éditeur : De nos jours, à la Nouvelle-Orléans un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire. Comme l'interviewer, nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant ou l'atroce le dispute au sublime. Véritable livre culte, premier volet des désormais incontournables Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire renouvelle totalement l'un des mythes les plus riches et les plus ambigus du fantastique.









Enfin je vous en parle

Et oui, Anne Rice et moi, c’est une histoire d’amour de plus de 15 ans (qui ne va toujours que dans un sens, malheureusement. Non je plaisante, enfin, si. Enfin de compte, je ne lui ai apporté que le prix des livres). Enfin bref. Anne Rice, c’est l’une de mes auteures chouchoutes, que j’aime, que j’adore, en VO, en VF, en voyage, dans mon lit, dans mon salon. J’en parle encore et toujours, je ne m’en lasse pas. C’est simple, même son chat je l’adore (pour ceux qui pensent que je suis complètement folle, si vous avez raison. Mais allez voir sur sa page Facebook les photos de son chat. Et bien vous comprendrez que Prince Obéron est un très beau chat). (Et puis c’est tout).

Donc reprenons… Anne Rice et la Chronique des vampires… Je pense sincèrement que si j’ai une fascination sans bornes depuis des années sur les vampires, c’est que j’ai lu du Anne Rice. Les petits jeunes de maintenant vont me regarder de leur regard d’adolescent rebelles en poussant une espèce de Beuglement genre : « Meuh c’est qui Anne Rice ? » Et bien Anne Rice, c’est la madame qui a renouvelé le style du vampire les cocos. Et que c’est un peu comme les vampires qui brillent avec Twilight mais il y’a plus de dix ans. Ignares ! (attention, ceci n’est pas une critique de Stephanie Meyer qui, à mon sens, même si je n’adhère pas du tout à sa série, a permis d’ouvrir les portes de la littérature fantastique à une foule de petits jeunes.)

Et donc, mon dépucelage vampiriesque vient de Entretien avec un vampire. Vous pensez donc que dès que j’ai vu cette nouvelle édition toute jolie, toute classique, toute trop belle, je me suis dit que cela en jetterai un max dans la Biblio (et ce fut le cas !)



La révolution vient parfois d’idées les plus simples et les plus folles

Imaginez donc notre petite Anne Rice qui se fait un fou rire toute seule. Son entourage lui demande : « Pourquoi tu ris ? » Et là elle répond : « Imaginez si un journaliste interviewait un vampire, ce que cela donnerait ! » Et le pire, c’est qu’elle l’a fait ! Entretien avec un vampire nous raconte l’histoire de Louis, le plus humain des vampires. Et grâce à lui, on va se réinventer une toute nouvelle opinion du vampire. Ce ne sera plus une bêbête qui craint Dieu, qui est damnée, qui se terre dans un caveau, qui sent le renfermé et qui va tenter de vous sucer le sang, alors que franchement il n’était pas vraiment attirant à première vue. Quoique, avec son super pouvoir du regard de la mort qui tue, en fait, si après. Avec Louis, Lestat et Claudia, vous aurez du glamour, de la sensualité, des crucifix, pas encore de l’histoire mais ça arrivera je vous le rassure, et vous aurez une vision des humains à travers des yeux de vampire (et c’est trop beau !)

Alors, pour ceux qui veulent de l’objectivité dans cette chronique et qui continuent à lire… Je ne vous comprends pas. Sachez-le. Vous lisez une fan. Mais passons. Donc nous suivons Louis qui apparaît comme faible, limite pathétique. Mais qui en fait est quelqu’un de très empathique. C’est une espèce de vision très humaniste, caractéristique du XIX° ou XVIII°… Je ne sais plus… XVIII° cela doit être cela !  C’est quelqu’un avide de connaissance qui éprouve un profond respect pour l’être humain, chose qui apparaît totalement aberrante pour Lestat. Lestat, d’ailleurs, paraît très insipide dans ce roman, mais vous verrez que lorsque vous aurez son point de vue dans le tome 2… Là ce sera du personnage. Mais passons. Louis et Lestat sont un couple (oui je sais, ça fait homo. Mais Anne Rice ne fait aucune différence sur les genre de couple, du coup, Louis et Lestat qui ont une gamine ça passe tout à fait. Une femme très moderne, je vous le répète) (et non ils ne couchent pas ensemble. Rha mais vous ne pensez qu’à cela !) très complémentaire, Lestat représentant le soleil, celui qu’on voit, qui doit briller, et Louis, qui représente la lune, c’est lui qui observe, qui organise, qui protège, qui aime…


Louis… Qu’aurai-je aimé le connaître ?

Autant Lestat m’a toujours fascinée, et j’aurai aimé passé la soirée à me marrer et à me balader avec. Autant Louis… J’aurai aimé partager un bibliothèque avec. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce vampire aime les humains, il en voue une adoration sans borne. Et c’est ce qui le rend si fragile car ses proches déjà ne le comprennent pas car il tente coûte que coûte à garder ses sentiments humains. Mais de plus, il aime passionnément Claudia : sa fille, son amante, comme vous préférez. Et c’est aussi pour cela qu’il a une profonde affection pour Lestat. C’est leur fille à eux deux. Et elle regroupe quelques particularités de chacun d’eux.

Aussi, l’histoire de Louis, c’est sa naissance en tant que vampire, sa rencontre ainsi avec Lestat, et sa vie de famille vampiriesque avec Claudia. Leurs hauts, leur bas, et leur bilan au bout de quelques centaines d’années. On a aussi une recherche sur les origines du vampire (mais il vous faudra attendre  un peu pour savoir). Bref, ce tome-là  pose les bases d’un univers juste fabuleux, doux mais cruel à la fois, que je ne lasserai pas d’élogier  (oui j’invente des mots maintenant). La nouvelle traduction est mignonne comme tout. Et si vous avez envie de lire un truc sur les vampires qui vous prendra quelques tomes. Mais tentez le coup ! Allez-y !  


Ce livre a été dans le cadre du challenge Pal Cold Winter 2012 organisé par Many Kinds of Books ! 





Tome 2 : Lestat le Vampire





Présentation de l'éditeur : Un vampire libertin et impie qui ne croit ni à Dieu ni au diable ? Lestat de Lioncourt, benjamin d'une famille de hobereaux auvergnats minés, a été vampirisé dans sa vingtième année par un démon. Deux siècles plus tard, en Californie, attiré des profondeurs de la terre par le climat dionysiaque qui règne dans le monde, il lance un défi aux puissances des ténèbres en jouant une musique à réveiller les morts... Avec Lestat le vampire, Anne Rice a créé une créature unique et a révolutionné la littérature fantastique. Du San Francisco d'aujourd'hui à la Bretagne druidique en passant par la Venise du XVe siècle et le Paris prérévolutionnaire, un roman admirable et vertigineux, au cœur d'un univers fascinant de sensualité et d'angoisse, peuplé d'êtres mi-anges mi-démons qui nous ressemblent comme des frères... 







Lestat de Lioncourt : le vampire nouveau est né.


Anne Rice nous avait introduit ses nouveaux codes vampiriques avec Entretien avec un vampire. Avec Lestat, elle va nous créer son nouvel héros pour continuer sa fabuleuse chronique des vampires. Il faut dire qu'elle a pris son temps, mais je vous le dis et je vous le répète : cela été nécessaire tellement il se passe des choses dans cette saga. Aussi, c'est le moment où votre Koko va passer en mode révolutionnaire, en mode je râle complet, en mode je suis "OUTRAYYYYY" dans le sens où : MAIS POURQUOI NI LES EDITIONS PION NI LES EDITIONS POCHE N'ONT VOULU REEDITER CE TOME LA ?????? Mais cela n'a aucun sens puisque ce roman, ce tome 2 est une pierre angulaire de ce récit. On ne peut comprendre le tome 3 : La reine des damnés sans avoir le tome 2. Non mais ayez un peu de bon sens bordel ! (fin de ma période pétage de plombs, merci de m'avoir lue)

Et donc que dire de Lestat de Lioncourt ? C'est une force qui va ! Un diable de personnage qui vous fera passer par toutes les émotions mais qui, pour son époque, reste quelqu'un de résolument moderne. Ce genre de personne rue dans les brancards et ne vit qu'en fonction de lui-même, en dehors des codes de la société. Etttttttt Oui ! Vous voilà avec la première caractéristique du vampire moderne d'Anne Rice. On y voit plusieurs groupes vampiriques dans ce tome, régis tous par des règles, des tabous, des interdits qui ne servent à rien, qui n'ont aucun sens. Lestat arrive dans un esprit totalement innocent car il remet toujours en question les règles qu'on lui édicte (que ce soit dans son vivant que dans sa vie après la mort soit dit en passant).

Mais il n'y a pas que cela. Lestat est aussi un personnage très seul qui reste incompris. Et surtout par les personnes qu'il aime le plus : Gabrielle, sa mère, Nicolas son premier amour, Louis, son amour de sa vie (on peut le dire comme cela vu que sa relation avec lui avant et après rupture reste extrêmement forte). Lestat aime tellement les humains qui les accompagne qu'il ne peut souffrir de les voir mourir. Aussi, on peut dire qu'il refuse la mort (pour un vampire, c'est plutôt ballot). Par conclusion, le vampire moderne est aussi une entité qui aime la vie. Et en la prenant, à sa manière de prédateur, il la respecte. (je vous laisserai lire ce tome qui n'est pas NI EN EDITION POCHE NI EN EDITION PION) pour la savoir :D

Je vous le disais aussi lors du tome 1 : Lestat est un soleil à lui tout seul. Et bien, nous nous en rendons compte réellement dans ce tome. Cet homme a l'art d'attirer les gens et les vampires à lui. Il a une aura très particulière qui souligne autant ses qualités que ses défauts. Et c'est en cela que je vous dirai que c'est la dernière caractéristique de Lestat et du vampire moderne : il n'est ni bon, ni mauvais. Il incarne et va jusqu'au bout de sa différence.



Lestat le vampire, une réponse directe à Louis...

En effet, dans l'histoire,  on apprend que Lestat, après son réveil, lit le roman Entretien avec un Vampire (déjà, j'adore ce clin d’œil). Ainsi, il se rend compte de ce qu'il n'a pas été dans sa relation avec Louis et tente, en nous racontant son histoire, de nous faire comprendre à ce qu'il l'a amené à son cher et tendre mais aussi ce qui l'a rendu comme cela. On a l'impression que ce tome est une tentative de réconciliation, une manière de s'expliquer sur ses erreurs. Tout ce qu'il n'a pas pu dire à son ancien compagnon, il tente de l'écrire, en espérant le ramener à lui ou, du moins, à ne pas couper les ponts, à ne garder aucune amertume.

Profondément humain, n'est-ce pas? C'est en cela que j'aime beaucoup cette saga mais aussi ce tome en particulier (non je n'ai rien dit mais vous savez ce que je pense). Lestat est entouré de secrets et brave cet ultime interdit pour ne pas perdre Louis. Il les révèle au grand jour. Aussi, nous en saurons plus sur les Anciens, pourquoi ils se terrent, qui sont les touts premiers, quelles sont les communautés de vampire... On en saura plus aussi sur ce que les vampires peuvent faire ou pas. Mais aussi sur leurs différents pouvoirs, leurs mode de vie...


En conclusion, un tome à ne pas rater (quelle que soit son édition) qui restera mon coup de cœur de ces quinze dernières années. Je vous remercie d'ailleurs tous de me suivre car je ne l'aurai peut être pas relu de suite pour vous en faire la chronique. Ne l'oubliez jamais : si j'ai envie de partager mes livres, c'est aussi et surtout grâce à vous tous.


Edit, un an après, ils m'ont écoutée ! (non sûrement pas, mais ils l'ont fait quand même c'est bien le principal). Aussi, voici la couverture de cette magnifique nouvelle édition (je craque d'amour)











Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge PAL Cold Winter 2012 organisé par Antonine





Tome 3 : La reine des damnés






Présentation de l’éditeur : Quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s'improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l'humanité sa condition de mort vivant, les mortels lui font un triomphe sans imaginer une seconde qu'il ne leur dit que la vérité. Mais, avec sa " musique à réveiller les morts ". Lestat ne s'est pas seulement fait des ennemis parmi ses frères qui le considèrent comme un traître et sont décidés à le détruire, il a aussi arraché à son sommeil millénaire Akasha, la Mère de tous les vampires, la reine des damnés. Akasha qui ne rêve que de régner à nouveau sur les mortels.









Une mythologie vampirique des plus abouties

Dans les Chroniques des vampires, on peut dire que La reine des damnés marque la fin d’un cycle. En ce sens qu’avec Entretien avec un Vampire, on a découvert ces créatures de la nuit, leur mode de vie, leurs histoires d’amour et la volonté de rechercher les origines. Avec Lestat le Vampire, on en sait un peu plus sur Lestat bien sûr mais aussi sur les légendes des vampires. Mais ce n’est qu’une esquisse qui vous met l’eau à la bouche et qui vous prépare à ce troisième opus. Maintenant, nous en sommes à la reine des Damnés, Akasha. Et là je dois dire que le travail d’Anne Rice pour faire ces origines des vampires est absolument colossal. Je me demande encore (dix ans après ma première lecture) la somme de travail qu’elle a dû effectuer pour le faire. De mémoire, c’est la mythologie la plus aboutie, qui regroupe beaucoup de théories sur les vampires et les esprits. A ce jour, je n’ai pas trouvé une saga qui ait une mythologie plus complexe (cela donne à réfléchir n’est-ce pas ?)

Aussi, Anne Rice nous plonge dans l’Egypte Ancienne dans ce tome, avec la montée en puissance des dieux égyptiens face à une autre religion plus primitive. Et cela a donné la Légende des deux jumelles qui vous poursuivra tout au long du récit, récit monté en une espèce de thriller pour découvrir toutes ces origines. Bien entendu, Lestat, notre soleil vampirique, est au centre de ce cette intrigue, mais pas que. Il n’est qu’un instrument, un déclencheur qui va amener tous les anciens vampires à se mobiliser pour stopper la volonté de régner d’Akasha



Des personnages toujours aussi attachants.

Akasha est une ancienne reine d’Egypte et Anne Rice arrive à nous retranscrire en un sens son raisonnement primitif. Comme elle le dit si bien, toute sa vie mortelle s’est faite en régnant, et elle ne voit pas d’autre option que de régner. On voit qu’elle ne souffre aucune contradiction et prend ce qu’elle veut, sur qui elle veut. Pour elle, les autres ne sont que des pions qui l’aideront à accomplir ses dessins.

Lestat est toujours aussi incorrigible, fanfaron et briseur de règles. On le retrouve avec plaisir, surtout lorsqu’il passe un petit moment avec son ancien compagnon : Louis. Ils n’ont pas perdu de leur complicité et de leurs vieilles habitudes. Et enfin de compte, on se prend à repenser au premier opus avec plus de tendresse. Le souvenir de Claudia, leur fille, est toujours aussi présent et Anne Rice a su garder ces sentiments intacts. On se prend donc à s’attacher à ce vieux couple qui malgré leurs différences, ont toujours un profond attachement entre eux.

Armand et Marius ont aussi leur place, entre leurs déceptions, leurs rancœurs et leurs espoirs. Ils vont être des maillons importants de ce récit, même s’ils sont secondaires.

Quant aux jumelles. Je ne peux rien vous dire à part le fait que nous nous attachons à leur épopée, à leur descendance, et j’ai rarement eu autant d’affection pour des personnages. Pas de l’amusement ou de l’énervement, ou autre comme Lestat qui déchaine des passions. Mais en ce qui concerne les jumelles, on en a l’affection que l’on pourrait avoir pour les anciens, tout simplement.


En conclusion : le style d’Anne Rice m’a encore emballée à des heures indues (j’ai levé mon nez vers trois heures du matin, pendant qu’il était 23 heures). J’aime son style délicat, ses descriptions et le choix de ses mots. J’ai adoré le lire autant en VO qu’en VF (un grand merci pour le choix des traducteurs). A découvrir absolument si vous aimez les longues sagas bien recherchées. Et je vous dis à bientôt pour le prochain opus.



Ce livre a été lu dans le cadre du challenge PAL Cold Winter organisé par Antonine




Mais aussi dans le cadre du challenge New pal 2013 organisé par Yukarie



Et enfin, parce que il faut savoir tout boucler dans la vie, dans le cadre du challenge Saga en folie organisé par Crou(p)ton et Galleane






Tome 4 : Le Voleur de corps




Présentation de l'éditeur : Vampire impie, ne croyant ni en Dieu, ni au diable, ivre d'amour et de sensualité, Lestat a été pendant des siècles un prince courtisé dans le monde ténébreux et flamboyant des morts vivants. Mais aujourd'hui, à l'aube d'un nouveau millénaire, au cœur des jungles de néons de l'Amérique contemporaine ou dans l'immensité désolée du désert de Gobi, le doute le ronge, une obsession le tenaille : redevenir mortel. Regarder le soleil en face. Regarder la mort en face. Impossible? Peut-être pas.. . C'est du moins ce que prétend le mystérieux inconnu qui se livre avec lui à un diabolique jeu de cache-cache, Miami à Amsterdam, de la Nouvelle-Orléans aux caraïbes.









Lestat est arrivé à un moment de sa vie où il veut la rédemption.


C'est pas facile pour Lestat, vous savez. Lestat est un personnage qui veut toujours aller de l'avant, il veut toujours aller plus loin, plus haut. Maintenant qu'il connaît l'origine des vampires et qu'il a obtenu la puissance -on peut le dire- quasi maximale, il est en quelques sortes l'équivalent d'un dieu. On peut même dire qu'il a eu l'expérience de la déité puisqu'il a été une rock star. Maintenant, imaginez-vous à ce stade en vous disant : "Quelle est l'étape suivante ?" Continuer ? Mais il est revenu à l'anonymat. Mourir ? Mais qu'est-ce qu'il ca advenir de son âme ? Qu'est-ce qu'il y a après? Et surtout, question non négligeable : comment tuer un immortel ?

Dans la logique de cet enfant terrible, son âme est maudite dans ce corps vampirique. Il faut donc revedevenir humain ! Et voilà que les fantômes, dont celui de la magnifique Claudia, le poursuivent. Et voilà qu'un humain vient devant lui avec un texte sur la vie de Faust. Redevenir humain est donc possible mais que va-t-il gagner et que va-t-il perdre ? Nous le suivrons à travers cette gigantesque quête de l'humanité.

Car c'est dans une quête qu'Anne Rice nous emmène, parsement ce livre de réflexions profondes sur la spiritualité Et c'est ce qui fait absolument le charme des chroniques des vampires, c'est Anne Rice. Nous avons là une femme qui a pris le temps, pour elle comme pour nous, de réfléchir sur la vie et la mort et sur un point bien précis : qu'est-ce qui rend une âme damnée ? La religion? La nature de notre corps? Nos actions? Nos pensées? En parcourant tout ceci, Lestat fera le point sur son âme et déterminera ses choix.


Non content de changer sa nature, Lestat changera aussi sa relation. Un pas vers la maturité ?

Depuis le début de cette saga, Lestat a eu un vrai grand amour de sa vie : Louis. L'homme qui a tout changé. Il incarne sa faiblesse mais aussi sa culpabilité, notamment envers la mort de Claudia. Avant, c'était l'amour qui les réunissait. Puis ils se sont séparés, déchirés. Puis il y a eu la perte de Claudia, leur enfant. C'est donc maintenant la souffrance qui les lie. J'insiste sur ce point car pour  comprendre la relation entre Louis et Lestat, il faut bien que vous les considériez comme ils sont réellement : deux parents qui ont perdu leur enfant et qui tentent de surmonter leur deuil.

Louis s'est enfermé à la Nouvelle Orlééans, se coupant du monde, se dégradant petit à petit. Lestat a fui : il brûle ses ailes pour tenter d'oublier sa fille mais son fantôme, son souvenir restent présents. Cela le ronge petit à petit.

Au fil de ses aventures, Lestat s'est lié d'amitié avec David Talbot. C'est un homme âgé, mourant et qui comprend le mieux Lestat. C'est comme qui dirait son guide pour atteindre la mort. David fait comme il peut pour soutenir son ami dans le deuil et se noue une réelle affection entre eux, affection qui s'ajoutera à celle de Louis. On pourra voir ainsi le passage du couple Louis-Lestat au couple David-Lestat. La seule question sera : ce couple sera-t-il viable ?


Ce livre a été lu dans le cadre du challenge New Pal 2013

Mais aussi dans le cadre du Challenge Sagas en folie


Tome 5 : Memnoch le démon





Présentation de l'éditeur : Vampire impie, ivre d'amour, de sensualité et de métaphysique, Lestat cherche dans les rues enneigées de New Yord Dora, une jeune prédicatrice aussi belle que charismatique. Fille d'un des gros bonnets de la drogue, elle est peut-être, n'ayons pas peur du mot, une... sainte.

Déchiré entre ses appétits vampiriques et sa passion débordante pour la jeune femme, Lestat ne se préoccupe pas autant qu'il le devrait de cette étrange impression d'être observé. Et se trouve bientôt confronté aux adversaires les plus énigmatiques qu'il ait jamais connus.







Lestat, toujours à la recherche de sa limite, se pose toujours la question de la vie après la mort...

Lestat est encore à un tournant de sa vie. Il est devenu immortel, en devenant vampire, il est devenu amant, puis père (avec Claudia), est devenu adoré par les humains en se propulsant star du rock, a été l'amant de sa reine (Akasha) et a découvert les origines du vampire. Du coup, il redevient humain (par la voyage astral) et combat la vieillesse avec David Talbot. Actuellement, il n'y a aucune limite à son pouvoir, même les jumelles Maharet et Mekare ne veulent pas le réguler. La seuel chose qu'il ne peut pas savoir, c'est ce qui se passe après la mort.

En effet, si son corps meurt, où va son âme ? En enfer ? Cela semble logique vu ses prétendues origines démoniaques. Mais comment le savoir alors qu'il y a tellement d'esprits autours de lui ? Et si un démon, un vrai, s'approchait de lui pour lui apporter les réponses? Et si, en rencontrant une humaine, Lestat était touché par la Foi? Cela remettrait en cause vos notions de Bien et de Mal ?


Anne Rice nous donne sa vision du Paradis et de l'Enfer, de Dieu et du Diable

En effet, ce tome-là n'est pas réellement un tome d'action. il est plus un tome de discussion entre différents interlocuteurs et Lestat et son but est de faire une sorte de point mythologique sur le monde des Chroniques des vampires d'Anne Rice. Si des vampires sont humains, sont ils les représentants du Bien ou du Mal? Nous savons que toutes les religions sont représentées alors qui va au Paradis et qui va en Enfer ?

Anne Rice prend el parti ici de ne pas donner de limite moratoire, du genre les bons sont d'un côté et les méchants de l'autre. Elle prend en compte l'âme, tout simplement, et prend en compte sa maturité. Plus l'âme est mature, plus elle s'affranchit des émotions humaines et donc plus elle s'élève vers une notion de Paradis céleste où elle est en paix.

En bref, si vous aimez les débats, ce tome est pour vous. Mais si vous préférez l'action, je vous suggères d'attendre Armand, cela se passera mieux.




Tome 6 : Armand le vampire




Présentation de l'éditeur : Au chevet de leur ami Lestat, plongé dans un profond coma au retour de son voyage aux Enfers, David Talbot, l'archiviste du Talamasca, rencontre Armand, peut-être le plus mystérieux et sans conteste le plus séduisant des vampires. Il entreprend de lui faire raconter l'histoire de sa vie. Une histoire cruelle et flamboyante qui nous mène des steppes de la Russie, où il est enlevé par des marchands d'esclaves, à Constantinople et enfin à Venise, où il est sauvé par Marius, un peintre qui vit avec faste et dont il ignore qu'il s'agit d'un vampire...











Là où Anne Rice décide de mettre les personnages secondaires à l'honneur

Rappelons nous : Lestat est prostré, en sommeil. Et pendant que notre héros chouchou décide de faire sa petite sieste, Anne Rice a décidé de cibler sa chroniques sur d'autres personnages, de revenir en quelques sortes sur eux (tout en alimentant un peu l'intrigue, tout de même), histoire qu'on ne se sente pas lésés. Pour commencer, elle s'intéresse à Armand, Amadéo (l'aimé de Dieu) qui a joué un grand rôle secondaire dans les chroniques des vampires. Souvenez vous, dans Entretien avec un Vampire, c'est lui qui a ordonné l'exécution de Claudia. Et dans Lestat le Vampire, on découvre que Lestat lui a offert le théâtre des vampires.

Mais pourquoi a-t-il été aussi méchant vous allez me dire ? C'est ce que Anne Rice tente de nous montrer en relatant la biographie d'Armand, qui était un des enfants de Marius. Le problème d'Armand est qu'il a toujours été assailli de doutes et de tourments religieux car, si vous vous souvenez bien, il a voulu être prêtre. Et puis il est devenu Vampire avec Marius, il s'est passé des tas de choses pour qu'il ouvre le théâtre des vampires dans une sorte de fanatisme religieux et enfin, quand il découvre le voile de Véronique, il entre en transe (dans Memnoch le Démon).

Indubitablement, c'est le plus religieux du groupe. Et il est normal du coup, qu'Anne Rice lui consacre tout un tome


Armand reste toutefois quelqu'un qui est voué à être malheureux.

Je ne sais pas pourquoi mais il y a des gens comme cela qui sont destinés à avoir une vie pourrie. Et c'est le cas d'Armand. Et même son père vampire, Marius, quelque part, le reconnaît puisqu'il le remet toujours dans le droit chemin. Même si parfois, pendant quelques siècles, il le laisse se débrouiller seul. Il tente toufefois d'éduquer cet enfant malheureux. Alors, je m'avance sûrement dans mes élucubrations sur l'auteure mais je pense que quelque part, Anne Rice a dû retrouver ce cas là dans son entourage familial car elle traite admirablement le sujet. Voire, elle le sublime parce qu'elle arrive à nous rendre le point de vue d'Armand.

Car oui, Armand est aimé de ses comparses vampires. Il a été aimé des prêtres orthodoxes. Il a été aimé de sa famille. Mais il ne s'aime pas lui même et du coup, il  a du mal à aimer ou à exprimer son amour pour les autres. Ou s'il l'exprime, cela peut de toutes façons mal se terminer, en fin de compte. C'est un personnage que l'on apprend à aimer, même s'il agace franchement. Mais il a eu une vie incroyablement riche et il a énormément influencé la saga. Vous me direz si vous avez aimé Armand ou si vous l'avez détesté :)



Tome 7 : Merrick




Présentation de l'éditeur : De nos jours, David Talbot, ancien du Talasmasca transformé en vampire par les bons soins de Lestat, contacte Merrick, une sorcière de la célèbre famille Mayfair, pour aider son ami Louis, celui-là même qui nous avait raconté sa vie dans le fameux Entretien avec un vampire. Il lui demande d'invoquer le fantôme de Claudia, la "fille" de Louis, qui ne peut trouver le repos. Bien que travaillant maintenant pour le Talamasca, Merrick accepte d'aider en secret les deux hommes et entre en communication avec Claudia qui clame son désespoir et demande à Louis de la rejoindre au royaume des morts. Louis part se suicider, non sans avoir préalablement accordé le "don ténébreux" à Merrick. David et Lestat versent leur sang pour ressusciter Louis, mais il leur faudra tous quitter La Nouvelle-Orléans car le Talamasca a eu vent de leurs agissements et les menace...









Sans doute l'un de mes préférés de la saga.

Ce livre sonne la fin d'une transition : celle du repos de Lestat. Et je dois avouer que, même si ces tomes sans notre vampire favoris sont extrêmement bien faits, Lestat nous manque. Sa catatonie pèse et on sent que la saga commencerait bientôt à s'essouffler. Mais pour cela, Anne Rice a fait fort, extrêmement fort. Elle a trouvé une lignée noire des Mayfair (la saga des sorcières si vous vous rappelez bien) pour l'allier à David Talbot, un personnage hautement intriguant et pour régler une bonne fois pour toute l'histoire de Claudia.

Cela en fait des choses pour un tome, n'est il pas ! Mais je dois avouer qu'allier magie vaudou et vampirisme, cela a un côté que seule cette auteure pouvait nous effectuer. Et c'était, comme de bien entendu, envoûtant, génial ! J'ai du mal à imaginer le nombre de recherches qu'elle a dû effectuer sur toutes les magies mises en œuvre pour ce tome. C'est absolument effarant ! Complet ! Et en même temps tellement accessible. On a réellement l'impression d'y être, tout simplement. Le récit nous porte jusqu'au dénouement final, nous laissant pantelants aux dernières lignes. Et surtout, cela apportera matière à d'autres récits. Les rebondissements sont légions !


La jeunesse de David Talbot narrée dans ce tome

La principale trame de ce récit, c'est le fait qu'on en sait un peu plus sur David Talbot, lorsqu'il raconte toute la partie de sa vie concernant Merrick. C'est un récit riche en aventures, en exploration, en amour et en récits de famille. Que ce soit David ou Merrick, ils n'ont pas une vie simple, c'est une vie d'aventuriers avant d'êtres des érudits. Je pense que c'est relativement à ce tome qu'on se rend compte à quel point le Talamasca est une organisation qui fait mener à ses membres une vie dangereuse car ils touchent à des forces extrêmement puissantes.


David a un regard très étrange sur Merrick. De regard paternel, il se transforme en regard amoureux. Et on voit bien que cela le dérange, en dehors de l'immoralité de la chose, bien entendu, il faut aussi rappeler que David est homosexuel. C'est là bien sûr la volonté de l'auteure de montrer que l'amour n'a pas de sexe, il est universel. On aime une personne pour son être, pas pour son genre. Et je trouve ce message particulièrement beau (en dehors du caractère assez érotique des écrits).


Merrick, une sorcière extrêmement puissante.

Merrick jongle avec des forces colossales depuis qu'elle est toute petite. Et cela en fait un personnage très attachant, mais pas très accessible. C'est un personnage que l'on craint par sa force, cela va de soit, que l'on admire pour sa beauté et son érudisme et que l'on aime pour sa fragilité. Car cette gamine a été seule toute sa vie. La mort de sa mère et de sa soeur, celle de la Grande Nananne, lui donne le statut de dépositaire de tout un héritage familial vaudou.

Et cela lui pèse, bien entendu car cette responsabilité et cette somme de pouvoir est énorme. C'est aussi pour cela qu'on lui pardonne bien volontiers ses écarts. Elle demeure un personnage absolument fascinant. Et c'était une joie de la découvrir ici




Tome 8 : Le sang et l'or




Présentation de l'éditeur : De tous les vampires imaginés par Anne Rice, Marius est sans doute le plus civilisé, le plus raffiné. Philosophe et artiste, mentor de Lestat et Armand qui, comparés à lui, font figure d'enfants turbulents, gardien d'Enkil et Akasha, il émane de lui une sorte de sagesse et de sérénité. Peut-être cela s 'explique t-il par le fait qu'il a été un témoin privilégié de la grandeur et la décadence de l'Empire romain, a assisté à l'épanouissement de Constantinople, puis découvert la Renaissance italienne. Mais quelqu'un de cette stature ne peut que se faire des ennemis. Car il y a aussi, parmi les vampires, des barbares, assoiffés de sang, qui commencent à se réclamer de Satan.







On retourne sur le parcours de Marius

Je soupçonne Anne Rice d'être une grande fan de Marius, tant les chroniques des vampires reviennent régulièrement sur cet immortel. En même temps, on le comprend bien. Il a été roman, brièvement druide, puis vampire, il a été le grand gardien de ceux qu'il faut garder, amant de Pandora, cotoyé maints immortels, créé Armand, élevé un peu Lestat (sans grand succès malheureusement) et cotoyé le Talamasca. C'est un amateur extrêmement éclairé d'art qui a créé des vampires avec à chaque fois une grande réflexion sur la mortalité.

C'est un amateur du beau, tout simplement, qui est toujours à la recherche de la réflexion, de l'observation et de la perfection. C'est l'Observateur de l'humanité par excellence, notre grand témoin très romantique (dans le sens large du terme) qui cherche un but à toute chose. Il a vécu dans toutes les grandes capitales du monde à des moments historiques sans précédent. Reprendre le personnage de Marius, c'est un régal pour découvrir de nouvelles époques à chaque fois et faire de belles descriptions.

Un roman très descriptif.

Mais voilà, à la différence des tomes où l'on suit Lestat, c'est un tome descriptif. Un tome un peu de transition en attendant la suite de l'intrigue. Il faut savoir le lire au coin de la cheminée, sans attendre grand chose, comme lorsqu'on lit de belles biographie. On explore les périodes de l'histoire, les différentes villes, les personnages secondaires. C'est un personnage qui n'a d'intérêt que son amour de l'humain et son sens de l'observation, mais là je me répète. Si vous êtes dans une période un peu contemplative, ce tome est fait pour vous.

Enfin, c'est le dernier tome de transition ( et il y 'en a eu pas mal en fait)  qui vous préparera gentiment au réveil de Lestat dans le Domaine Blackwood, où d'autres sagas vont encore s'emmêler. Mais ceci est pour le prochain tome, le premier que j'avais lu en VO, souvenez vous en. A bientôt donc pour retrouver notre fou de Lestat qui va encore bousculer des tas de choses :)

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