lundi 17 septembre 2012

Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka





Présentation de l’éditeur : Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l'Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration. C'est après une éprouvante traversée de l'Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. À la façon d'un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées... leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre et la détention dans les camps d'internement - l'État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.





Un roman de désillusions.

Certaines n’avaient jamais vu la mer raconte l’histoire de jeunes femmes qui ont contacté des marieuses afin d’épouser des banquiers, des négociants et autres nantis japonais en Amérique. Elles le doivent car elles ne sont plus les bienvenues dans leur famille (trop de filles, que des fermiers…) Mais arrivées aux Etats Unis, elles se rendent compte que leurs rêves seront vite brisés car leurs maris ont menti : ils sont fermiers, manutentionnaires, ils ne sont  pas attentionnés. Que dire ? Au lieu d’échapper à leurs conditions au Japon, elles l’ont déplacés aux Etats Unis, complètement déracinés, pour des hommes qu’elles ne connaissent même pas, dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Mais quel avenir ? Car aux Etats Unis, pays de liberté, elles devront faire face aux « Blancs »… Oui, ici, elles ne sont les bienvenues que pour les basses tâches, la prostitution et les récoltes. Elles sont considérées comme du vulgaire bétail. Et pourtant, on sent qu’elles s’accrochent. Même lorsque les désillusions touchent leurs propres enfants qui les rejettent. Puis les Américains tout courts.




Un roman qui révolte.

Ce roman m’a prise aux tripes car on parle de ces Japonaises qui enfin de compte furent totalement oubliées de l’histoire des Etats Unis. Et pourtant, au fur et à mesure que je lisais ce roman, j’avais l’impression de lire une histoire de déportation de Juifs en France. Oui, vous avez bien lu ! On a traité ces hommes et ces femmes ni plus ni moins que les Européens. Et le pire de tout cela, c’est que l’on ne sait rien de leur exode final, donc je ne peux même pas vous dire qu’on les a mieux traités à la fin. Ils ont juste été oubliés ! Remplacés ! Comme des objets qu’on utilise et qu’on jette.

Je ne peux pas vous donner de points négatifs à ce roman. Il est écrit en chapitres très courts avec différents thèmes et différents points de vue. Ce petit bijou de 150 pages environs vous fera réfléchir sur la xénophobie, le déracinement, sur ce que les peuples pourront vous apporter et sur l’accueil que vous pouvez leur réserver. Cela vous permettra aussi de réfléchir sur l’impact qu’ils peuvent avoir sur vos vies tout simplement. Ce livre rétablit un tout petit peu les mémoires. En espérant que grâce à lui, vous n’oublierez pas.

Un dernier petit clin d’œil toutefois à cette couverture juste magnifique et poétique. Comme peuvent l’être les Japonaises. Courez vite le lire !

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