lundi 11 juin 2012

Rose de Tatiana de Rosney









Présentation de l’éditeur : Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d'Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d'expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l'empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé…






La vision de grands évènements à travers une vie anonyme

La particularité de ce roman épistolaire et historique, c’est que vous pouvez vous immiscer dans les évènements  historiques – la destruction par l’Empereur de certains quartiers de Paris pour procéder à son assainissement – vu par une femme totalement anonyme. Et vous verrez aussi les principales œuvres du point de vue de l’époque. Je pense notamment à Madame de Bovary lue et critiquée par l’héroïne, avec des interrogations sur le contexte de l’époque.  C’est une manière assez immersive de connaître une époque qui peut désarçonner plus d’un, mais avec quelques notions d’Histoire, vous vous en sortez très bien, et cela donne un autre point de vue sur une époque.

Le côté épistolaire du roman est aussi assez intéressant car il nous permet de ne pas avoir beaucoup de pauses. Certes, vous aurez des descriptions (sinon on ne comprend rien) mais on a surtout cette impression d’accessibilité, de promiscuité avec cette vieille dame qui nous écrit ses secrets jusqu’à la fin. On a cette impression de fouiller dans des cartons, de discuter avec une personne d’un autre temps, c’est une espèce de roman à lire en coin de feu de cheminée, et j’avoue que j’aime beaucoup ce style, même si je ne lis pas beaucoup dans le genre. Pourquoi ? Parce que c’est un style très difficile à doser, qui plus est, c’est souvent un style qui paraît suranné car souvent, on utilise des siècles précédents pour l’utiliser. Ainsi, je prends toujours ce style de roman avec des pincettes.




Rose, une histoire poignante et triste

Nous entrons donc dans la vie de cette femme. Vous dire si j’ai aimé ou pas, je ne peux vous répondre. C’est une histoire touchante, bouleversante, mais tellement triste que j’ai eu du mal à m’identifier à cette vieille dame. En effet, elle a deux enfants, dont un qui meurt de maladie (plutôt courant à l’époque). Sa fille aînée est un pur bébé de l’amour mais elle se sent de suite rejetée par elle. Par contre, son fils lui est très aimé, mais il meurt et elle voit cela comme une punition de Dieu. J’ai du mal avec ces anciennes culpabilités puisque ces questions ne se posent plus maintenant. De plus, il faut avouer qu’elle a eu une vie pas passionnante mais tout de même assez dure. A la fin du roman, je vous jure, on souhaite sa mort pour qu’elle puisse enfin trouver la paix ! Mais arrêtez de vous acharner sur cette pauvre Rose  à qui on va tout enlever ! Voyons !

Plaisanterie à part, ce roman se lit vite, voire très vite pour les yeux entraînés, et vous vous poserez tout de même quelques questions sur le modernisme, la politique, et quelques petits problèmes psychologiques dont je ne vous dirai rien pour ne pas vous spolier. C’est un bon poche de voyage. Et qui m’a servi en effet pour un déplacement.

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